Retour des sinistrés des inondations de N’Zérékoré: les autorités locales clament leur impuissance

07 septembre 2017 11:11:24
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Comme annoncé dans l’une de nos précédentes dépêches, des sinistrés des inondations survenues au mois de juillet dernier dans plusieurs quartiers de N’Zérékoré, commencent à s’établir à nouveau dans leurs maisons avec tout le risque que cela présente.

Ces centaines de sinistrés étaient jusque-là logés dans l’enceinte d’une école située à quelques mètres de la résidence du préfet. Tous ou presque ont décidé aujourd’hui de retourner chez eux. Ils déplorent le manque de soutien du gouvernement qui n’a donné que 70 millions de francs guinéens aux 240 ménages touchés par ces inondations.

Interrogé par la rédaction régionale de Guinéenews, le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de N’Zérékoré a tout d’abord rappelé que personne ne s’attendait à ce qui est arrivé dans la nuit du 03 au 04 juillet 2017.

«Nous mêmes avions pris déjà des dispositions de curer les lits de cette rivière qui reçoit 22 autres marigots. Mais qu’à cela ne tienne, il s’est passé une nuit pluvieuse et les eaux ont provoqué des inondations qui ont fait des dégâts très importants dans beaucoup de quartiers », rappelle-t-il.

Parlant des efforts fournis par les autorités locales pour venir au secours des sinistrés, Pé Mamady Bamy affirme que des commissions de travail dont celle chargée de la sensibilisation sur les méfaits d’habiter sur les berges, ont été mises sur pied. A en croire à monsieur Bamy, lors de leur passage, des citoyens auraient dit qu’ils habitent dans ces endroits depuis 40 ans et qu’ils n’ont plus où aller.

Et d’ajouter : « si nous parlons de déguerpissement, c’est qu’il faut trouver où il faut réinstaller ces sinistrés. Donc pour tout cela, il faut des études. Où les mettre ? Il faut déjà avoir un terrain et ce n’est pas dans l’immédiat qu’on peut avoir ce terrain. Nous avons logé les gens dans une école et ils disent qu’ils ne peuvent pas rester permanemment dans des salles de classes. Ce qui est vrai, c’est un danger et nous ne cesserons jamais de la dire. Mais nous ne pouvons pas les frapper. »

A la question de savoir si l’autorité de ne peut rien faire aujourd’hui face à ce danger, Pé Mamady Bamy répond : « vous posez des questions dont vous-même vous avez les réponses. Quelqu’un qui a passé plus de 40 ans dans un lieu, ce n’est pas du tic au tac qu’il va quitter. Mettez-vous à leurs places. »