dimanche, 26 mars 2017, 17:05 GMT

Réformer le système éducatif guinéen, c’est l’objectif que visait le gouvernement en mettant en place au mois de novembre 2016, une commission de réflexion. Celle-ci a pour mission de faire non seulement un diagnostic des maux auxquels est confronté le système éducatif guinéen mais aussi des propositions.

 

Lors d’une conférence de presse qu’ils ont animée ce mercredi 15 mars, des membres de la commission nationale de réflexion sur la réforme de l’éducation ont expliqué les maux dont souffre ce système, avant de proposer des pistes de solutions.

Le rapport de la commission indique que la situation du système éducation national est marquée par un manque de cohérence entre les différents paliers du système éducatif.

« Cette situation a pour résultat le cloisonnement entre les différents ordres d’enseignement, une faible coopération et une faible gestion commune des questions transversales comme par exemple la gestion du flux des élèves, l’harmonisation des filières aux différents niveaux du système, la définition des passerelles, l’organisation des examens et les diplômes qui en résultent », a expliqué le Pr Amadou Bano Barry, avant d’affirmer que le constat montre une quasi absence de l’Etat au niveau de l’offre éducative du préscolaire : « uniquement deux écoles publiques à Conakry et quelques centres d’encadrement communautaires (CEC) à l’intérieur du pays pour plus de 1500 écoles maternelles privées, alors que les études actuelles indiquent très clairement le lien entre la réussite scolaire des enfants et le fait de fréquenter une école maternelle. »

Selon la commission, c’est cette insuffisance qui explique la faible  maîtrise des fondamentaux en français notamment lire, écrire et compter, mais aussi le nombre très élevé d’échecs et d’abandons de l’école.

L’éparpillement des ressources humaines qualifiées et matérielles entre une multitude d’établissements d’enseignement et de recherche serait aussi un handicap majeur pour l’école guinéenne et cela, selon les conférenciers, réduit leur compétitivité sur le marché international du savoir.

Pour trouver des solutions à tous ces problèmes, Pr Bano indique que la commission a proposé de revisiter, actualiser et harmoniser les textes régissant le système éducatif en mettant en cohérence avec les lois, codes, décrets de la gouvernance institutionnelle et socioéconomique. Cette action devra se faire par le renforcement de la législation dans l’enseignement privé dans les différents secteurs en réservant le nom à l’Etat, le monopole de la formation pour les secteurs de la santé et de l’éducation. Sur ce point, selon Pr Bano, il s’agit de réserver la formation des formateurs au niveau de l’éducation et de la santé uniquement à l’Etat comme cela se passe ailleurs.

La création de l’office du baccalauréat, la révision du mode de gestion et d’attribution des bourses d’études et d’entretien, l’application du principe de gratuité du système éducatif pour les enfants de 3 à 16 ans, sont entre autres des propositions faites par la commission de réflexion. Ces recommandations devraient commencer à entrer en vigueur à partir du mois de septembre prochain.

Alhassane Bah