Récupération des domaines de l’Etat: après Dubréka, le ministre Kourouma déplace la ligne de front vers Coyah

12 septembre 2017 14:14:26
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Le ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire continue sa visite de terrain visant à toucher du doigt la situation des domaines réservés de l’Etat. Après la décharge de la Minière, le site de Kagbélén et les flancs du mont Kakoulima à Dubréka la semaine dernière, la délégation ministérielle était  lundi à Coyah. Comme aux étapes précédentes, le ministre était accompagné des cadres de son département, ceux du ministère de l’Environnement, du Haut Commandement de la gendarmerie nationale et des autorités préfectorales de Coyah, a constaté sur place guinéenews.org.

«J’ai le regret de dire que le  constat est très amer, il est même plus que ce nous avons constaté dans la préfecture de Dubréka», s’est indigné Dr Ibrahima Kourouma face à cette invasion des zones réservés de l’Etat.

Poursuivant son intervention, le chef du département de l’Aménagement de la Ville et de du Territoire a qualifié ces occupations de catastrophiques avant d’ordonner l’arrêt immédiat des activités sur tous les sites visités notamment à Kindiadi ou KM 43 et Kouriah, dans la préfecture de Coyah. Cette mesure, selon le ministre Ibrahima Kourouma, vise à éviter d’éventuels drames à l’image de ce qui est survenu en Sierra Leone.

 

«Comme si les flancs des montagnes ne leur suffisaient pas, les gens vont maintenant jusque sur les montagnes pour construire. Ce qui constitue une véritable catastrophe… Si nous ne prenons garde, les forêts classées de ces zones  risquent d’être totalement détruites et cette situation pourra tôt ou tard constituer un danger pour les habitants. Ce qui se passe ici à Coyah, est extrêmement grave. C’est pourquoi, nous allons prendre urgemment des dispositions pour déguerpir tous ceux qui sont anarchiquement installés sur ces collines», a menacé le ministre Ibrahima Kourouma.

Cité  plusieurs fois pour son implication  »supposée » dans le bradage des domaines étatiques stratégiques non seulement à Dubréka mais aussi à Coyah, le préfet Ibrahima Barboza Soumah rejette toute implication dans l’aménagement de ces sites. D’ailleurs, selon lui, c’est sa première visite sur le site du Km43.

«C’est la première fois depuis ma prise de service à la tête de Coyah que j’arrive sur ce site du Km43. On m’en avait parlé, mais je n’ai jamais eux l’occasion de venir ici avant aujourd’hui. Concernant Dubréka et précisément Bondabon, je dirai que c’est facile d’accuser les morts ou les partants. Mais, je ne suis ni coutumier et à mon temps, les réserves foncières de l’Etat n’ont pas été bradées. Le site de Bondabon a été octroyé à l’aviation militaire avant mon arrivé à Dubréka. Ils ont présenté le document de l’aménagement de mon prédécesseur… Qu’est-ce que vous voulez, je l’ai signé », a déclaré le préfet de Coyah.

Pour sa part, le Haut Commandant de la Gendarmerie nationale et Directeur de la Justice militaire, le général Ibrahima Baldé a expliqué que son institution a  pour rôle d’assister ces départements dans le cadre de la sécurisation des opérations  et de la récupération des domaines de l’Etat. Avant de préciser que  des enquêtes vont être menées pour identifier et sanctionner les responsables de ces actes.

 

« Nous allons mener des enquêtes très approfondies. Les cadres qui ont été responsables de cela vont répondre devant les commissions d’enquêtes que nous coordonnons. Les citoyens aussi qui n’ont aucun document qui n’ont fait l’objet d’aucune autorisation, vont répondre de leur comportement vis-à-vis du bien public», a prévenu en substance le général Baldé qui a tout de même rassuré qu’il n’y aura pas une justice à deux vitesses dans cette affaire. Toutes les personnes impliquées seront traitées au même pied d’égalité, a martelé le Haut Commandant de la gendarmerie nationale.

A signaler qu’Abdoulaye Tanou Diallo qui affirme être aménagiste dans un cabinet privé à Coyah, a été embarqué par l’équipe du Général Baldé. Pour cause, il a été trouvé en train d’ouvrir une route au Km43 sur autorisation de la commission interministérielle qui s’occupait du relogement des déguerpis de   Grand Moulin, prétend-il.