Qualifications mondial 2019 : le Cameroun défait la Guinée

25 novembre 2017 23:23:04
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Pour sa deuxième sortie consécutive, en match comptant pour les qualifications du mondial de basket-ball 2019, la Guinée a perdu, samedi soir au palais polyvalent des sports de Yaoundé face au Cameroun (78- 116).

Battus la veille (96-56) par les champions d’Afrique, la Tunisie, nos pachydermes devaient l’emporter, ce week-end, dans la forêt camerounaise face aux Lions, tombeurs du Tchad (65-60) pour espérer se relancer dans ce groupe A, mais ils se sont finalement inclinés.

Pourtant, au premier quart temps, le score était serré pour le Cameroun (28-21) contre (56-43), toujours pour les lions. Il a fallu attendre la deuxième explication pour voir le pays hôte décoller.

Une défaite logique puisque le Syli (photo crédit), n’a même pas bénéficié d’un stage, contrairement aux autres équipes, mais il est arrivé à Yaoundé à la veille de son premier match.

Or, dans l’autre rencontre, la Tunisie a facilement disposé du Tchad (101-40).

Donc, le match de ce dimanche sera décisif entre le Tchad et la Guinée pour la troisième place qualificative pour le dernier tour. La Guinée doit forcément l’emporter. C’est la condition pour continuer.

La Tunisie et le Cameroun étant assurés de terminer en tête.

 

Les résultats du groupe A :

Dimanche 26 novembre

Cameroun- Tunisie

Guinée – Tchad

 

Samedi 25 novembre :

Cameroun 116 – 78 Guinée

Tunisie 101– 40 Tchad

 

Vendredi 24 novembre :

Tunisie 96 – 56 Guinée

Tchad 60 – 65 Cameroun

  • CONDÉ ABOU

    Aussi décevant que soit le résultat final de ce match de qualification, il me semble qu’il y a énormément de préalables à réunir avant que ce pays puisse renouer avec ses performances des années 60 et 70. Tous les voyants sur le tableau de bord, sont au rouge en matière de sport et loisirs dans quasiment toutes les disciplines dans lesquelles la Guinée se positionne.

    Y-a-t-il un secret dans les piètres résultats actuels qui se succèdent sur le registre sportif en Guinée et comment en comprendre les tenants et aboutissants ?
    En toute logique, la réponse se trouve tout simplement dans l’échec du developpement de l’ensemble de la chaîne des valeurs dans le sport et les loisirs depuis plus de 40 ans dans ce pays. Comment ?

    La chaine des valeurs porte sur: : le renforcement du cadre réglementaire du sport, l’environnement juridique et fiscal, le développement de l’offre des infrastructures sportives, la promotion de la pratique du sport, la promotion de l’industrie du sport, le financement du sport et le développement de l’offre de formation.

    Il suffit de voir à quel point ce pays a dégringolé en matière de capacités d’accueil et d’organisation, et de management de l’ensemble des disciplines sportives, par rapport aux Etats voisins qui sont dans le peloton de tête en Afrique.

    L’exemple Ivoirien devrait nous donner à réfléchir aussi bien en termes de budgets d’investissements publics, que de mise en place de la force mageriale.
    En Côte d’Ivoire, les sports restent inscrits comme une priorité, au même titre que les autres domaines de l’Économie nationale et du Budget national.

    Dans le cadre de sa politique nationale de financement des sports pour la période 2016-2020, le Gouvernement Ivoirien vient d’annoncer qu’il aura besoin d’une enveloppe supplémentaire de 197,7 Milliards de Francs CFA (environ 336,4 millions de Dollars US) afin de professionnaliser davantage ce secteur.

    Officialisée l’an dernier, la politique nationale des sports pour la période 2016-2020 est une approche dans laquelle sont exposées les ambitions du Gouvernement pour les sports d’ici 2020.
    Coût global en 2017: 378 Milliards Francs CFA (environ 643,4 millions de Dollars US).

    Malgre tout, relevant les difficultés de la profession, la presse Ivoirienne a noté, entre autres, l’engagement insuffisant du secteur privé (10% du financement global), des droits télé peu contributifs au financement du sport, la pénurie ou l’inexistence d’une industrie de sport, une gestion peu professionnelle des fédérations, ou encore l’incapacité du secteur public à assurer une totale mobilisation autour des compétitions sportives.
    Voilà comment la Côte D’Ivoire s’en sort bien en matière de gestion du sport et des loisirs.

    CONCLUSION:

    Il faudrait repenser complètement la philosophie même et le management du sport en Guinée, investir massivement dans les infrastructures de formation de haute qualité, en prélude aux grandes compétitions et de manière à ce que ces infrastructures puissent fonctionner de façon continue et que l’ensemble de la politique d’encadrement puisse faire beaucoup de progrès, y compris en synergie avec le Secteur privé.

    Je trouve que la place toujours prépondérante du Secteur public, n’apporte rien de constructif sur la longue durée en termes de management (aux différents niveaux: national, régional et local) et de résultats.

    Sans la mise en cohérence de mesures plus avant gardistes et de choix de politique sportive plus efficace, la Guinée recouvrera difficilement les lustres d’antan que les anciens managers ont pu imprimer particulièrement pour le football dans les années 60 et 70, dans un environment pourtant marqué par le poids de l’Etat.

    Ces temps-là ont complètement changé, et il est tout simplement aberrant de penser à leur reproduction dans le contexte actuel du business dans le sport à l’échelle planétaire.

    Faute d’un changement de paradygmes en profondeur, difficilement le sport d’une manière générale fera des résultats en Guinée. C’est tout simplement triste et très décevant pour un pays aussi majoritairement jeune !