Prolifération des produits avariés: les vérités du Colonel Tiégboro aux commerçants

18 mai 2017 16:16:44
0

Prenant part mercredi 17 mai à la réunion de concertation entre le ministère du Commerce et les opérateurs économiques, en prélude au mois de Ramadan, le colonel Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire général à la Présidence chargé des Services Spéciaux, de la Lutte contre la drogue et les Crimes organisés, a mis l’occasion à profit pour interpeler les commerçants sur la prolifération  sur les marchés des produits de mauvaise qualité,  destinés à la consommation. Nous vous livrons un large extrait de cette communication qui en dit long.

Des produits périmés en haute mer

«La mission qui est la nôtre ne fera pas défaut. Il ne faut pas construire son émergence sur le cadavre des autres. Parce qu’en vendant les produits périmés à un guinéen, tu le vends aussi à un proche parce que tout le monde est lié à quelqu’un. L’augmentation du prix, si c’est un produit de qualité, il n’y a pas de problème. Mais les produits périmés, les bateaux sont déjà en haute mer. Ce que je vous dis, c’est une réalité. Les gens sont déjà partis commander n’importe quoi pour venir verser sur le marché. Je sais que le ministère du Commerce a déjà pris des dispositions. Et nous allons prendre des mesures pour y veiller ».

Des variétés de produits et leur qualité

« La population guinéenne en souffre aujourd’hui. Quand vous partez au marché, vous remarquez des produits qui sont sur le marché, ce qu’on vend à tout le monde à 1000FG ou 2000 FG, de l’eau potable qui se fabrique même dans les foyers sans aucun contrôle sanitaire avant leur mise sur le marché… Cela peut  tuer à petit feu toute la population.  Nous avons plus de 2 000 variétés d’eau sur le marché, le cube Maggi, en est un autre qui ne fait que tuer. Je sais que le ministère du Commerce a du bouleau et puisque le ministre est un combattant, quand il commence, il ne s’arrête pas. Je suis sûr et certain qu’on va l’accompagner. Avec ou sans moyen, nous allons l’accompagner. Parce que quand on prend le bouillon, il y a au moins 91 variétés identifiées sur le marché. Au Sénégal, il n’y a que 3 variétés de bouillons. Il y a même d’autres que nous n’avons pas identifié. C’est dire que le Guinéen aime le commerce. Mais certains construisent leur émergence sur le cadavre des autres. L’eau potable, malgré qu’on a plus de 2 000 variétés, il y en a qui importent l’eau qui est fabriqué au Maroc, en France. Parce qu’il y a des gens ici qui ne croient pas à notre industrie, à notre fabrication. Ce qui est une insulte à notre pays qui est le château d’eau de l’Afrique occidentale. Parce que tout le monde sait qu’on ne peut pas avoir plus de 2 000 variétés sur le marché et avoir les moyens de les contrôler. Le ministre m’a déjà dit qu’on allait faire une mission conjointe ».

Des maladies causées par des produits destinés à la consommation

« Quand vous partez à l’hôpital aujourd’hui, je vais vous montrer, monsieur le ministre, des coins dont l’évocation de leur nom pourra même vous couper l’envie de manger ce soir. Tout le monde est malade… Même les enfants de moins de 10 ans ont le diabète. C’est même congénital parce que tout ce que tous nos mangers comportent des maladies. Je demande au ministre de dire à ses cadres du contrôle de qualité de nous déranger à tout moment. Ce qui veut dire que nous sommes prêts à les accompagner. Tout ce qui est pourri sur le marché est à enlever. Ça y va de l’intérêt de tous, y compris les commerçants.  Il y a des gens parmi vous qui n’importent seulement que lorsque la date de péremption reste trois mois. On calcule de Dubaï ou de la Chine à Conakry, ça va faire un mois et les deux mois vont nous permettre d’écouler le produit. Souvent, avant deux mois, il se trouve qu’il en reste beaucoup. Ainsi ils appellent les femmes d’Avaria, analphabètes qu’elles sont, pour prendre ces produits pour les promener et les écouler à vil prix… Et puis tout le monde importe. Quand vous regardez leurs cahiers des charges à la Douane, vous allez prendre la tête. C’est le fourretout, tout le monde fait tout sans aucun respect de la loi. »

L’exemple ivoirien

«J’étais tout récemment en Côte d’Ivoire et j’étais assis avec le ministre Ansoumane Condé, je lui ai dit prends ton jus, il y avait deux jus, le Fanta et l’ananas. Il a bu puis il a dit : gardes-moi ça, c’est impeccable. Il a pris l’ananas, il y a même l’odeur de l’ananas, mais notre ananas qui est sur le marché, vous buvez, c’est comme de l’eau colorée mélangée avec du sucre, on n’y sent même pas l’odeur de l’ananas. On vend des jus de goyave de la Chine, il n’y a pas de goyavier en Chine. Où ils prennent cela ? C’est très grave. Vous empoisonnez tout le monde et vous-mêmes. Ce n’est pas la faute du ministre. On part tout de suite à l’hôpital, tout le monde est malade parce que le consommable à un problème. A nous de nous lever. »