dimanche, 26 mars 2017, 05:27 GMT

Après  six ans au pouvoir, c’est le lundi 9 janvier 2017 qu’Alpha Condé a finalement rencontré le leader du Bloc Libéral (BL), Dr. Lansana Faya Millimono. La rencontre s’est déroulée au Palais Sékhoutouréya et elle a pris une heure d’horloge.

 

Entouré ce mercredi 11 janvier par les membres de son Bureau Politique National au siège national du parti à Yembéya, dans la commune de Ratoma, Dr. Faya est largement revenu sur les temps forts de sa rencontre avec le chef de l’Etat, Alpha Condé.

Lisez son compte-rendu !

 

«J’ai été contacté par un collaborateur du président de la République qui m’a dit que le chef de l’Etat sollicite me rencontrer. Après avoir échangé avec les responsables du parti, un mandat m’a été donné d’aller le rencontrer pour l’écouter. Pendant la rencontre, Alpha Condé a abondamment parlé de son bilan et de ses projets pour les années à venir. Il m’a fait remarquer que j’appartiens à un parti politique qui l’empêche de travailler depuis 6 ans en me disant que malgré tout, la Guinée va évoluer.

 

J’affirme que je n’ai réagi c’est quand il a attaqué le point 2 de l’accord du 12 octobre 2016 parce que la position du RPG, c'est-à-dire, le parti qu’il dirige, est différente de celle de mon parti. Alpha Condé m’a fait observer que dans toute la région ouest-africaine, il n’y a aucun pays qui organisait les élections dans les quartiers et dans les districts et pourquoi, en Guinée, nous voulons les organiser.

 

Naturellement, je lui ai rappelé que cela peut être une exception qui confirme la règle. Notre pays est différent de la Sierra Léone, du Libéria et de la Côte d’ivoire (…). En Guinée, nous avons une tradition. Même sous les régimes  taxés d’anti- démocrates, des régimes qu’on a considérés dictatoriaux, les élections dans les quartiers et districts étaient organisées.  Cette tradition doit être conservée car, c’est à la base que la démocratie doit être conservée (….).

 

La proposition qui est faite de choisir les conseillers communaux et communautaires au prorata des résultats des élections va davantage politiser la Guinée jusqu’à faire rentrer la politique politicienne dans les quartiers et dans les districts, sans compter qu’on donnerait l’impression dans notre pays que la loi est un encombrement.

 

Alpha Condé m’a dit qu’il pensait qu’on pouvait économiser de l’argent en ne faisant pas d’élections dans les quartiers et dans les districts.

 

J’ai répondu que la meilleure façon d’économiser l’argent, c’est de faire en sorte que toutes les élections puissent être organisées le même jour. Les Guinéens ne sont pas moins intelligents que les Ghanéens ou encore les Léonais.

 

Après son intervention, Mme Bangoura Rouguiatou Bah, qui s’exprimait au nom du Conseil National des Femmes du Bloc Libéral (BL), a dénoncé les défaillances des secteurs de la Justice  et de la Sécurité. Toutefois, Mme Bangoura a également déploré la justice populaire qui s’est passée à répétition dans certaines localités du pays. 

 

«L’année 2016 a été caractérisée par quelques réformes en Guinée. Nous avouons que les résultats sont loin des aspirations du peuple, surtout dans les secteurs de la Justice et de la Sécurité. Nous avons constaté, avec amertume et regret, l’usage de la justice populaire par les citoyens guinéens. Au cours de ces deux dernières années, nous avons assisté à la monté en puissance  du phénomène dans plusieurs localités du pays. Les cas de Siguiri, de Nzérékoré, de Kouroussa sont des illustrations les plus élégantes. La justice populaire est l’étape suprême de la cruauté humaine. Elle n’a pas sa place dans un Etat de Droit. Le recours à cet acte, a mis à nu la défaillance  de la Justice et des services de sécurité guinéens. Cette pratique est une violation flagrante de notre constitution». Voir Vidéo: https://youtu.be/jBjpQAGxcoU

Sékou Sanoh

Conakry, Guinée 224-664-35-11-21

Sékou Sanoh