Point de contrôle de Coyah : Les usagers toujours victimes de rançon des agents de sécurité !

04 août 2017 2:02:09
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La rançon des passagers et autres usagers par les agents des services de sécurité se poursuit sur les routes guinéennes. Ceci en dépit des multiples dénonciations des syndicalistes et autres ministres de la République avec notamment, l’action du ministre Gassama Diaby il y a quelques mois au point de contrôle de Kaka (Coyah).

Arès un bref séjour à Conakry d’un des correspondants de Guinéenews© à l’intérieur du pays, le constat révèle la poursuite sans gêne des pratiques de rançon des usagers par les agents des services de sécurité qui y sont postés. Ceci au détriment des préoccupations sécuritaires.

Et les cibles privilégiées sont les voyageurs qui ne disposent pas de pièce d’identité valide. Ils sont contraints notamment par des agents des services de sécurité dont les bérets rouges identifiables par des badges estempiés BASP (Bataillon Autonome de la Sécurité Présidentielle)  de payer des sommes d’argent de 5 000 GNF à 10 000 GNF voire plus.

Des chauffeurs des véhicules de transports en commun (taxi), pour leur enlever le barrage, payeraient à chaque sortie de Conakry pour l’intérieur du pays, la somme de 40 000 GNF aux agents s de sécurité postés à Kaka et à Kouria.

Ce qui semble préoccupé certains citoyens, c’est le désintérêt total de ces agents des services de sécurité qui y sont postés quant à la fouille des véhicules entrant et sortant de Conakry au profit de l’argent. A ces points de contrôle, aucun véhicule qu’il soit du transport en commun ou privé, n’est soumis à des fouilles.

Et comme la question de la sécurité nationale semble désormais ignorée au profit des poches de certains privilégiés, il reste à savoir à qui profite réellement cette manne financière collectée 24h/24, sur le dos des usagers en partance ou à l’arrivée de Conakry sur la nationale N° 1.

  • CONDÉ ABOU

    C’est un grave recul pour le pays et une pratique hors-la-loi totalement lamentable qui ne fera que continuer de pourrir le climat des affaires en Guinée et ternir l’image de notre Armée Nationale.

    Ceci dit, il faudrait faire très attention dans l’analyse, pour la bonne raison que le sujet est très compliqué.

    Contrairement aux apparences trompeuses, la plupart des personnels Militaires et surtout des Bérets rouges des Services Présidentiels que j’ai connus souffraient énormément. Mais vous ne le saurez que quand ils ont le courage de vous parler ouvertement que dis-je discrètement, en vous expliquant la vie qu’ils mènent. Leur souffrance était indéniable.

    Comment et pourquoi, des Agents de la Sécurité Présidentielle peuvent -ils accepter de se rabaisser à un niveau aussi dégradant pour leur honneur et pour leur rang social ?

    C’est la question que chacun devrait se poser, à commencer par la chaine de commandement militaire elle-même. De simples sanctions disciplinaires ou révocations ne suffiront pas pour enrayer le phénomène qui n’a que trop duré en Guinée.

    J’ai connu beaucoup de membres de la Sécurité Présidentielle sous la 1ère comme sous la 2ème République et qui souffraient énormément au plan financier et matériel, et qui étaient régulièrement dans la lutte de tous les jours pour assurer le minimum pour leur survie et celle de leurs familles généralement nombreuses: loyers dans les quartiers, factures d’electricite et d’eau, courses interminables dans les hopitaux et cliniques privées dans les quartiers, tours dans les les pharmacies, les ecoles pour leurs enfants, les marchés, les engagements et obligations au niveau des baptemes, mariages et deces dans la famille elargie,etc..
    Bref, le cauchemar permanent, incompatible avec la nature de leur statut de serviteurs muets de l’Etat.

    Les pouvoirs publics doivent chercher d’autres solutions en améliorant de façon beaucoup plus significative les conditions de vie et les avantages exceptionnels accordés aux personnels des Armées, y compris au niveau des soins de santé, de la formation de très haut niveau dans les Universités et Académies, des logements sociaux de bonne qualité à leur affecter, et des avantages spéciaux à leur offrir pour leur garantir une belle retraite. C’est tout un package.

    Notre système est mauvais sur toute la ligne, et c’est le moins que l’on puisse dire. Vous ne pouvez pas imaginer comment fonctionne la vie des militaires au Burkina Faso, au Maroc, en France, au Ghana, ou ici aux USA.

    En général, les militaires, les personnels de la Force de sécurité publique (Policiers, Gendarmes et même les Douaniers) sont très heureux dans tous ces pays, pendant leur vie active et surtout à leur arrivée à la démobilisation et à la retraite.

    Si je me réfère au cas du Ghana, par exemple, le deuxième plus grand hôpital universitaire du pays, est l’Hôpital militaire, 37 Military Hospital d’Accra, construit en 1941, et qui dispose de 400 lits. Un Hôpital de très haut niveau de recherche scientifique et qui fournit toutes les catégories de services médicaux à l’Armee et à la population 24 heures sur 24.

    Les camps militaires que j’y ai visités sont formidables, bien équipés et très bien entretenues. Tout le monde peut y aller pour vérifier à quel point l’Armée Ghanéenne est choyée et dotée sur tous les plans. Cela ne date même pas d’aujourd’hui, c’est une vieille tradition au Ghana.

    Conclusion:

    Les sanctions disciplinaires aveugles et des beaux discours sur la morale et l’éthique ne peuvent pas mettre fin à la situation actuelle que vous venez de décrire et qui date de très longtemps en Guinée.

    Rien qu’à voir les infrastructures de certaines garnisons militaires comme celles de Kankan, N’Zerekore et de Labé entre autres, leurs images ne peuvent pas du tout faire honneur à une Armée Républicaine, comme celle de la Guinée qui est parmi les plus vieilles de l’Afrique post-indépendance !

    Il y a tellement de choses à faire pour que les personnels militaires de la Guinée, puissent faire beaucoup plus honneur à eux-mêmes et à tout le pays. C’est ce que le Gouvernement ne veut pas comprendre depuis des lustres, sinon il aurait mieux fait de ne pas rester indéfiniment sur le régistre du discours sur la réussite de la réforme en Guinée..

    À quoi servira-t-il de continuer de dire à qui veut l’entendre, que l’Armée Guinéenne a bénéficié du meilleur plan de réforme en Afrique, alors que l’écrasante majorité des militaires Guinéens sont loin du cadre de vie normal et heureux de leurs homologues des autres pays de la sous région Ouest Africaine ?

    Même dans un pays en guerre comme le Mali, aviez-vous vu des militaires Maliens piller ou rançonner publiquement de pauvres voyageurs sur les routes ? Si vous en connaissez, dites-le nous.

    C’est dire à quel point, notre Institution militaire devrait fondamentalement changer, surtout en termes de biens et services et de bien être dans les garnisons en faveur de la majorité des miliatires et personnels des services de la Force publique.

    Bref, le plus important est de démystifier complètement le sujet, et de regarder la réalité en face.

    Bonne journée de Vendredi chez vous et merci pour la courtoisie de Guineenews