Pluies diluviennes : Des dégâts enregistrés dans certains quartiers à Conakry

18 juin 2017 9:09:37
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La forte pluie qui s’est abattue sur Conakry dans la nuit de vendredi à samedi 17 juin 2017, a fait des dégâts dans certains quartiers de Conakry.

A Tombolia par exemple, un quartier de la commune de Matoto, des habitants se sont réveillés les pieds dans l’eau. L’incivisme et les constructions anarchiques sont mis à l’indexe par les victimes. Ce samedi matin, la Redaction de Guinéenews© a fait un tour dans ce quartier pour constater les faits.

Sur place, l’impact des eaux de ruissellement, des tas d’ordures éparpillés sur la route et même dans certaines concessions sont visibles. Dans une école privée de la place qui est retenue comme centre d’examen pour l’entrée en 7ème, l’eau a envahi le bâtiment qui abrite la direction générale et a mouillé d’importants documents administratifs.

Les responsables de l’établissement accusent. « C’est une première, le matin à notre arrivée, on a trouvé que l’école était complètement inondée, l’eau est rentrée dans les bureaux et a causé des dégâts. Dans le bâtiment qui abrite la direction, l’eau a mouillé les cartons qui contenaient les documents. Le canal qui servait de passage à l’eau a été barrée par une construction ce qui fait que l’eau a dérouté et est rentrée dans l’école », accuse Marcel Dassayi le directeur de l’école primaire.

Trouvé dans une cours remplie d’ordures drainées par la pluie, Sylla Ali estime que cette situation est due à l’incivisme de la population. « Tout cela est dû à l’incivisme de la population. Les ordures que vous observez là sont des ordures du quartier. Pendant la saison sèche, ils mettent tous leurs ordures dans le canal qui doit drainer l’eau vers le bras de mer alors que l’eau on ne peut pas lui barrer la route. Conséquence, quand les grandes pluies arrivent les ordures sont drainées jusque dans les concessions », fustige-t-il.

De son côté, le chef du quartier Alouma Traoré explique l’ampleur des dégâts avant de pointer du doit une entreprise. Selon lui, en plus de la construction anarchique, cette entreprise est la principale cause de l’inondation dans le secteur.

« Quand vous commencez d’abord par le siège du quartier, le lieu est envahi par les ordures, le centre de santé également. J’ai appris aussi que l’eau est rentrée dans une école privée et une concession cette nuit. L’entreprise GUICOPRES est responsable de cette situation avec ce pont qu’il a construit à Tombolia plateau. Toutes les ordures passent par là-bas et se déversent dans le quartier et sur le goudron. La route est devenue impraticable et on ne peut pas faire face à cette situation. A l’école privée, c’est une construction faite sur le canal qui a barré la route à l’eau et a entraîné les dégâts. On demande à l’habitat de venir nous édifier sur cette situation. On avait tenté d’empêcher le propriétaire de poursuivre la construction ; finalement, il est allé à la justice. Depuis, on a vu son bâtiment prendre forme sans notre consentement », argue le responsable du quartier.

Dans la concession de la famille Sy envahie par les eaux cette nuit, la désolation se lisait sur les visages. Ici, la pluie a ravagé le poulailler et les cultures. Dans la cour, on peut voir des matelas, du riz et d’autres objets mouillés étalés sous le soleil. Responsables et habitants du quartier plaident pour une solution rapide afin d’éviter le pire quand les grandes pluies vont commencer dans le pays.

Par ailleurs, à Cosa, un quartier de la commune de Ratoma, les eaux de pluie ont aussi envahi certaines concessions qui se trouvent dans le secteur Gendarmerie. Là-bas aussi, les victimes s’attelaient à creuser des fossés au bord de la route afin d’évacuer les eaux.