Planification familiale : un atout pour l’émancipation des femmes

08 juillet 2017 21:21:11
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«Planification familiale : autonomisation des peuples, développement des nations », ce thème a fait l’objet d’un débat ce vendredi à Conakry. L’initiative est du ministère du Plan. Elle vise à sensibiliser les femmes et les filles sur l’importance de la planification familiale. Une conférence a été organisée dans ce sens  en prélude à  la Journée mondiale de la population prévue ce 11 juillet 2017.

La planification familiale est un droit pour les couples de décider librement comment et quand disposer de progénitures. Dans les 410 structures sanitaires du pays, l’accès à la planification familiale est libre et gratuit pour les femmes. Cependant, le taux de prévalence reste encore très faible en Guinée. De nos jours, il est estimé à 8,7 pour cent au niveau national pour un taux de 2 pour cent dans la région de Kankan.  Mohamed Sano, Directeur national de la population et développement, parle des avantages de la pratique.

« Lorsque les femmes et filles  ont le droit de décider librement pour elles-mêmes oui ou non quand, comment et combien d’enfants avoir, elles gagnent ainsi plus d’opportunités de devenir salariées et par ricochet d’augmenter le revenu de la famille », affirme-t-il.

« L’autonomisation de la femme passe par  le droit à disposer d’abord de son avis de faire des enfants. A partir de cet instant, la planification familiale devient une condition indispensable à cette indépendance », estime Marie Touré, Directrice nationale de la Promotion féminine et du Genre.

C’est pourquoi, elle souhaite le renforcement des capacités des femmes à disposer d’activités génératrices de revenus, à se prendre en charge et à décider de ce qu’elles doivent faire dans le cadre de leur ménage, dans le cadre de leur maternité.

En dehors de l’aspect économique, la planification constitue un vecteur important dans la santé maternelle et infantile. Docteur Kourouma Mamady, Directeur national de la Santé familiale et Nutrition au ministère de la Santé, précise : « une femme qui va observer un espacement de naissance de 24 mois donne plus de chance à cet enfant de vivre qu’un autre enfant qui n’a pas tété pendant  2 ans. La planification familiale peut diminuer à elle seule 20 à 30 pour cent de mortalité infantile dans les pays. Elle contribue aussi à diminuer la mortalité maternelle de 17 à 35 pour cent ».

Grâce aux contraceptions volontaires, 11 millions de décès maternels, 3,7 millions d’avortements clandestins et 29 mille  cas de décès liés à l’avortement ont pu être évités dans le monde en 2016.   Néanmoins, malgré des efforts,  225 millions de femmes n’ont  pu accéder à la planification familiale dans le monde. Pour la Guinée,  623 mille adolescents âgés de 15 à 29 ans étaient confrontés à cette difficulté.

  • CONDÉ ABOU

    Bravo ! C’est une excellente initiative économique et un excellent projet au regard de la vision qu’il offre au pays sur une longue période. Les projections des démographes et des scientifiques sont inquiétants pour l’avenir du continent Africain et les perspectives de sortie de la pauvreté absolue de l’écrasante majorité de la population le sont davantage.

    La planification familiale est un des passages obligés pour anticiper en mettant en adéquation les ressources disponibles du pays avec la poussée démographique actuelle et qui peut tout simplement se transformer en un immense chaos pour la Nation pour le contrôle des ressources naturelles. C’est une question de survie.

    Combien de ressources financières et budgétaires, devrions-nous consacrer aux dépenses de nourriture de bonne qualité, d’éducation de nos enfants, de santé publique, de logements décents et de protection de l’environnement, pour que nos enfants ne souffrent pas et n’abandonnent pas leur propre pays pour partir sous d’autres cieux à leurs risques et périls ?

    Y-a-t-il une fatalité dans l’explosion actuelle de la fécondité que nous laissons galoper dangereusement sous nos propres yeux ? Non, il n’existe aucune fatalité et Dieu n’est pas concerné par les mauvaises décisions que nous continuons de prendre, encore moins par le laissez-faire dans lequel nous, nous enfonçons à nos risques et périls, alors que nous avons les solutions idoines entre nos mains pour anticiper.

    Pour la seule année 2017, 95 Mille jeunes Guinéens frappent à la porte des universités, et combien de candidats à l’entrée en 10 ème année et à celle de la 7ème année ? Combien en sortiront durant les 20 prochaines annnées et arriveront sur le marché du travail ?

    L’avenir des générations futures est en jeu, et il nous appartient d’être proactifs en nous remettant en cause sur tous les chapitres qui plombent le développement économqiue et social du pays. La démographie incontrôlée est tout simplement la porte ouverte au déclin de la Nation.

    La société civile, les leaders réligieux, les Leaders des Partis politiques, les Chercheurs et tous les Think Tanks sont interpellés pour sauver le pays.

    Dieu nous préserve du désastre, et sincères encouragements aux initiateurs de ce projet très original et très progressiste dans sa philosophie. Merci au Ministère du Plan et de la Coopération internationale et à Guineenews pour sa courtoisie.