Pétroles: des cadres de l’ONAP au Maroc pour des formations

06 novembre 2017 17:17:48
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Après une formation d’une semaine avec l’Institut Français de Pétrole (IFP) à Conakry, huit cadres de l’Office Nationale des pétroles (ONAP) se sont envolés le dimanche 5 novembre pour le Royaume Chérifien.  Ces formations sont inscrites dans le cadre d’une convention qui lie l’ONAP/Guinée et l’Office National des Mines et des hydrocarbures du Maroc (ONYHM).

En effet, ces cadres de l’ONAP vont mettre à profit ce séjour au Maroc pour s’approprier les outils relatifs aux bases des données. Très ravis de l’initiative, les bénéficiaires ont renouvelé leur reconnaissance au Président de la République, Pr Alpha Condé ainsi qu’à leur Directeur Général, M. Diakaria Koulibaly.

Selon Mohamed Mansaré, un des bénéficiaires de cette formation, le Directeur Général de l’ONAP s’est inscrit dans la logique de promouvoir la compétence locale. «Aujourd’hui, nous partons en mission au Maroc pour nous former  dans le cadre des bases de données. Il faut reconnaitre que C’est une initiative de notre Directeur Général Diakaria Koulibaly. Ce n’est pas la première occasion, il y a eu déjà d’autres par le passé où 40 étudiants sont partis. Cette fois-ci, nous sommes la toute  première équipe qui va inaugurer ce genre de formation. Nous sommes vraiment fiers de le Direction Générale qui a pour ambition, former ses cadres  tout en encourageant l’expertise nationale», a-t-il déclaré.

Pour M. Mansaré, ces genres de formations permettront aux cadres Guinéens d’être compétitifs sur le plan continental et international. «Nous sommes très fiers et  cette fierté qui va au-delà nos  personnes. Ça va à l’endroit de Son Excellence, le Pr Alpha Condé qui a bien voulu placé sa confiance en notre Directeur général afin que ce dernier puisse  aider les  cadres  guinéens pour qu’ils soient compétitifs sur le plan régional et international. D’ailleurs, on peut dire que c’est l’objectif fondamental de notre Direction Générale. Donc, nous ferons tout pour que cette formation soit une réussite et que la restitution que nous devons faire auprès de nos collègues, soit faite de belle manière», a indiqué M. Mansaré avant de s’envoler pour le Maroc.

«Très sincèrement, j’avoue que M. Diakaria Koulibaly a fait de la formation de ses cadres la priorité de ses priorités. Nous le remercions et nous pensons que le Président de la République ne s’est trompé en lui nommant à la tête de l’ONAP…», a-t-il laissé entendre.

Pour sa part, Oumar Sidibé a rappelé que le chef de l’Etat, Alpha Condé  n’a pas eu tort d’avoir jeté son dévolu sur la personne de Diakaria Koulibaly à la tête de l’ONAP. Selon lui, le DG de l’ONAP est un cadre de jeune génération de l’Administration guinéenne qui a du caractère et engagé à faire de la volonté du président Alpha Condé, une réalité dans le domaine qui est le sien.

 

Il faut par ailleurs rappeler que ce programme de consolidation des acquis professionnels s’inscrit dans le cadre d’une convention signée au mois de décembre dernier entre l’Office National des Mines et des hydrocarbures du Maroc (ONYHM) et l’Office National des Pétroles de Guinée (ONAP).

 

  • CONDÉ ABOU

    Ce programme de formation des capacités est une excellente nouvelle pour la future expertise nationale en matière d’industrie pétrolière et il faudrait en toute logique, applaudir la décision de la Direction actuelle de l’Office National des pétroles de Guinée.

    Plein succès à nos jeunes compatriotes qui sont appelés à relever les défis de cet autre secteur économique stratégique.

    Ceci dit, je trouve qu’il y a lieu de faire une lecture plus dynamique du sujet pour mieux capitaliser l’Économie pétrolière en Guinée. Pourquoi ?

    (1)Personne ne sait quand la Guinée trouvera du pétrole dans ses eaux profondes. Il ne faudrait pas se faire trop d’illusions sur le temps que cela prendra. Même avec l’arrivée en Guinée des meilleures compagnies de classe mondiale, obtenir des résultats économiques et commerciaux, pourrait prendre énormément de temps, voire des décennies.

    (2)La Guinee peut faire l’Économie de son plan de développement pétrolier en tirant les leçons de nos voisins, notamment le Sénégal et la Cote D’Ivoire. Un pays comme le Senegal, et qui vient de faire des découvertes extraordinaires de pétrole et de gaz, ne commencera pas son exploitation des gisements découverts il y a 3 ans, avant 2022 selon les Experts.

    Le géant pétrolier Français Total a annoncé récemment la signature de deux accords avec le Sénégal pour l’exploration et l’exploitation de concessions pétrolières « en offshore profond » au large du pays.
    Le premier accord porte sur le permis de « Rufisque Offshore Profond », au sud de Dakar, « dont Total sera opérateur » et détiendra 90% aux côtés de la Société nationale des pétroles du Sénégal (Petrosen), a précisé le groupe Français dans un communiqué.

    Total et Petrosen sont désormais liés par « un contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures » sur cette concession sous-marine d’une superficie de 10.357 km2.

    Par ailleurs, Total a signé concernant un autre lieu « un accord de coopération » avec Petrosen et le Gouvernement Sénégalais, afin de réaliser « une étude de la zone en mer très profonde » pour « en déterminer le potentiel » et « devenir opérateur d’un bloc d’exploration », selon le même communiqué.

    Déjà présent au Sénégal dans le raffinage et la distribution de produits pétroliers, « Total est ravi de pouvoir élargir sa présence dans le pays dans le secteur de l’exploration-production », a déclaré son Président-Directeur Général Patrick Pouyanné, cité dans le texte que j’ai lu.

    Le deuxième Accord concerne « une zone de plus de 3.000 m de profondeur qui a fait l’objet de très peu d’études », a précisé à Dakar M. Pouyanné, lors d’un point de presse après la signature des deux accords. « On va être pionnier » dans son exploration, et ces opérations vont démarrer « tout de suite ».

    QUE POURRAIT FAIRE TRÈS VITE LA GUINÉE, POUR FAIRE ÉNORMÉMENT D’ARGENT ET DE VALEUR AJOUTÉE POUR SON ÉCONOMIE SUR CE CRÉNEAU TRÈS PORTEUR DES HYDROCARBURES ?

    Elle devrait mettre dans ses priorités la construction d’une Raffinerie de pétrole et qui pourrait avoir énormément de débouchés sur place en Guinée, mais surtout à l’exportation dans les pays voisins qui en manquent.

    Cela est tout à fait de l’ordre du possible même si le pays ne découvre pas du tout, de pétrole dans ses eaux profondes dans un avenir proche.

    QUELLE EST LA SITUATION AU SÉNÉGAL EN MATIÈRE DE RAFFINERIE DE PÉTROLE ?

    C’est en 1961, que la Société Africaine de Raffinage (SAR) a démarré ses activités au Sénégal. Elle a été inaugurée le 27 janvier 1964 par le Président de la République Léopold Sédar Senghor.

    D’une capacité de 600.000 tonnes à son démarrage, celle-ci est actuellement de 1.200.000 tonnes par an.

    Son chiffres d’affaires (c’est à dire, l’ensemble de ses ventes de biens ou services au cours d’un exercice comptable) était de 764,14 millions de Dollars Us en 2005.

    La Société Africaine de Raffinage doyenne des raffineries de l’Afrique de l’Ouest, a pour vocation d’importer et de raffiner le pétrole brut. Elle approvisionne le marché Sénégalais en produits pétroliers: gaz butane, essence, kérosène, gasoil, diesel, fuel oil etc.…

    Le classement des 500 meilleures entreprises africaines situe la société à la 106e place en 2007 (contre 124e l’année précédente). C’est en effet l’entreprise Sénégalaise la mieux placée dans ce palmarès annuel.

    En 2005, elle a investi 5 milliards de Francs CFA pour la construction de sa nouvelle salle de contrôle anti-explosion équipée d’un système de commande numérique pour la conduite de ses installations de raffinage.

    En Avril 2010, le conglomérat Saoudien Saudi Binladin Group avait racheté à la Société publique Petrosen (État Sénégalais) 34 % des actions de la Société Africaine de Raffinage, pour 10,6 millions d’Euros.

    L’État conserve encore 46 % et le groupe pétrolier français Total 20 %, mais il est prévu qu’à terme, Saudi Binladin group (SBG) devienne l’actionnaire majoritaire. Un plan d’investissement de 380 millions d’Euros est prévu pour étendre de moderniser les installations de la raffinerie afin d’augmenter sa capacité de production.

    La SAR utilise comme produits le butane, l’essence super, l’essence ordinaire, le kérosène, le pétrole lampant, le gasoil, le diesel oil et le fuel oil. Le pétrole brut subit plusieurs opérations dans les installations de la SAR avant sa mise à disposition.

    Les installations comprennent: une unité de distillation atmosphérique et sous vide, une unité de reforming atmosphérique, une unité (mérox) de traitement de kérosène.
    La SAR dispose d’un laboratoire équipé répondant aux normes nationales et internationales régissant l’activité du raffinage.

    L’expérience de la SAR a été saluée au-delà même des frontières du Sénégal. Des lettres de félicitations du Département d’Etat Américain lors de visites de différents Présidents Américains à Dakar en sont une parfaite illustration.

    Au regard de brillantes perspectives économiques qui se profilent, la SAR vient de s’attacher les services de Consultants afin de trouver les voies et moyens lui permettant de se faire « une santé technique », dans un contexte où l’Association des Raffineurs d’Afrique a mis en place de nouvelles normes à l’horizon 2020-2024.

    Ces normes stipulent que tous les produits qui ne seraient pas traités dans les règles de l’art ne seront pas utilisés en Afrique. Avec le dispositif actuel de la SAR, elle n’est pas en mesure de se conformer à ces nouvelles normes africaines, selon le Patron de la Petrosen dont les propos ont ete rapportés par la Presse.

    Selon des sources dignes de foi, aujourd’hui, il y a des options très favorables pour le Sénégal, avec l’existence et la production d’hydrocarbures assez importantes. La SAR a commandité des études techniques qui ne sont pas encore publiées et portant sur l’amélioration des conditions de traitement des produits au niveau de la SAR.

    Ces études devraient permettre de savoir quoi faire de la SAR, mais « dans l’intérêt du Sénégal’’, à terme, il a été arrêté « d’installer une nouvelle Raffinerie d’une capacité de 6 à 7 millions de tonnes par an, pour avoir toute la latitude de produire suffisamment et de satisfaire la demande locale et sous-régionale », selon le Patron de la Petrosen.

    Voilà sur quelle perspective, le Sénégal travaille actuellement aussi bien dans l’exploration des hydrocarbures dans les eaux profondes que dans la construction de Raffinerie de pétrole. Une stratégie de développement qui lui permettra de créer beaucoup plus de valeur ajoutée pour son Économie nationale.

    CONCLUSION ET SUGGESTIONS AU GOUVERNEMENT POUR UNE STRATÉGIE ALTERNATIVE DE DÉVELOPPEMENT DE L’ÉCONOMIE PÉTROLIERE EN GUINÉE:

    (1)Il serait souhaitable que le Gouvernement mette dans ses priorités, la construction d’une Raffinerie de pétrole brut en Guinée au regard des besoins du marché.
    La taille de cette Raffinerie de pétrole dépendra de la volonté du Gouvernement et des conclusions de l’étude de faisabilité d’un tel projet.

    Ceci dit, au regard des nombreuses explorations en cours dans la Sous région ( Sénégal, Mauritanie, Ghana, Côte D’Ivoire, Niger, Nigeria), une Raffinerie de pétrole d’une capacité de l’ordre de 3 millions à 5 millions de tonnes par an, pourrait être envisageable au plan économique et financier.

    Ce qui ferait de la Guinée, un pays à fort potentiel industriel sur le marché des produits raffinés dans la sous région.

    (2)Pour y arriver, le Gouvernement devrait carrément étudier la possibilité de faire des changements au niveau de la superstructure actuelle du management de l’Économie des hydrocarbures en Guinée. En quoi faisant ?

    En transformant l’actuelle structure de l’Office National des Pétroles en un Ministère chargé des Hydrocarbures en vue de lui donner un mandat suffisamment fort pour les deux grands volets actuellement en jeu: les grands projets d’exploration dans les eaux profondes d’une part et de l’autre, la construction d’une Raffinerie qui transformera sur place le pétrole brut importé en produits finis: gaz butane, pétrole lampant, essence, kerosene, fuel, gas oil, etc…

    Les impacts d’une telle raffinerie seront immensément bénéfiques pour la rentrée de devises au Trésor Public, mais aussi pour favoriser l’accès des ménages au gaz butane tout en freinant dans une large mesure l’utilisation du charbon de bois et la déforestation massive dans le pays, sans compter les retombées sur l’agro-industrie, les PME-PMI, et la création d’emplois stables et qualifiés en Guinée.

    Voilà ce que m’inspire ce beau papier de Guineenews. Merci pour la courtoisie de Guineenews, et plein succès à nos jeunes compatriotes en route pour leur formation au Royaume Chérifien.