Perturbations des cours : indigné, le PEDN appelle le pouvoir à plus de responsabilité

16 novembre 2017 13:13:11
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Les cours restent en berne dans maintes concessions scolaires de Conakry. Une situation qui pollue par endroits l’atmosphère en la rendant délétère. Le lycée-collège 1er mars de Matam et le lycée Bonfi en sont une parfaite illustration. Cette situation fait suite à l’appel à la grève lancé par des frondeurs du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG).

Le Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) de l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté se dit indigné de constater que depuis quelques jours, les élèves guinéens, à certains endroits, manquent d’enseignants à cause de la grève qui est en cours et qui se trouve être banalisée par le gouvernement, malheureusement.

Par la voix de son chargé de communication, le parti estime que cela est vraiment irresponsable de la part des autorités gouvernementales de banaliser cette situation face à laquelle le peuple est en train de subir des conséquences qu’elle qualifie de douloureuses.

« Parce que la formation du capital, c’est-à-dire l’éducation des enfants, est une question importante et préjudicielle pour notre développement », affirme François Bourouno.

S’inspirant d’un passé relativement récent, l’opposant rappelle que durant les trois précédentes années, le calendrier scolaire a été perturbé par Ebola. « L’année dernière particulièrement, ce même calendrier a été perturbé par la grève des enseignants. Et on est encore en train de vivre la même situation », déplore-t-il.

De la démarche des gouvernants, M. Bourouno dresse bien un regard : «en écoutant le gouvernement, c’est comme s’il s’agissait d’une question d’indiscipline à l’intérieur du Syndicat. Ce qui n’est pas normal. Ce sont des partenaires. Le Syndicat a indiqué des questions de réclamations qui sont claires et précises. Cependant, le gouvernement avait pris un certain nombre d’engagements l’année dernière. Il faut que ces engagements soient respectés », exhorte Faya François Bourouno.

Et s’ils ne sont pas respectés, poursuit-il, les syndicalistes sont dans leur plein droit d’en appeler à la grève. Parce qu’aujourd’hui, l’enseignant guinéen vit dans des conditions très difficiles. Il faut donc que le gouvernement améliore les conditions de vie de ces enseignants, et il faut qu’il  accorde de l’importance à la question, qu’il s’asseye avec le Syndicat pour discuter que de banaliser le problème et nous faire vivre la situation que nous vivons actuellement, c’est-à-dire les enfants dans la rue. Nous condamnons cela et nous invitons le gouvernement à plus de responsabilité », en a-t-il appelé.

Cette malheureuse situation intervient curieusement pendant le mandat d’un président présenté comme professeur de Droit. Par conséquent, celui qui est censé connaître la légitimité d’un mouvement syndical, mais aussi les conditions de vie d’un enseignant.

Mais pour notre interlocuteur, Alpha Condé n’a jamais été enseignant. « C’est la grande vérité à dire. Parce qu’il y a eu beaucoup de fabrications quand l’homme est entré en politique. Il ne faut pas qu’on perde de vue cela. Il y a eu beaucoup de fabrications liées à beaucoup de paramètres. Les moments viendront où on pourra revenir sur tout ça. Mais ce qui est essentiel, c’est le fait qu’il banalise l’éducation. Et jamais le système éducatif guinéen n’a été aussi bafoué que sous le magistère d’Alpha Condé », enfonce Bourouno qui  dénonce le manque d’infrastructures scolaires comme étant un des éléments irréfragables de ce regard bienveillant dont manque le secteur de l’éducation en Guinée.

«Vous avez des écoles qui n’ont pratiquement pas de tables-bancs à l’intérieur des salles de classe. Vous avez des écoles qui ont passé plus de 5 ans sans être entretenues. Il y en a qui n’ont pas de latrines. Or, il avait promis des logements sociaux pour les enseignants qui n’ont jamais été construits. (…) Tous les engagements qu’il a pris, aucun n’a été respecté. Bien au contraire, avec le choc inflationniste, le pouvoir d’achat de l’enseignant guinéen s’amoindrit davantage », conclut-il.