Paysage politique guinéen : Le FAD à l’abordage de l’UFDG

07 juillet 2017 9:09:22
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Championne en inconstance politique, la Guinée vient de voir émerger un autre îlot politique constitué et composé d’éléments issus de l’effritement du principal parti de l’opposition, l’UFDG. Comme celui au Pouvoir qui ne finit pas de tanguer, cette dernière est aussi entrée dans la zone de turbulence où le roulis est impétueux.

Le spectacle d’ensemble est haut en couleur. Comme ceux qui ne savent pas choisir leurs jeux et leur camp pour les changer à tout bout de champ, les politicards guinéens font voir de toutes les couleurs à leurs militants et partisans qui sont obligés d’abhorrer une couleur puis de l’arborer ou de l’arborer avant de l’abhorrer suivant les rumeurs et orientations capricieuses de leurs leaders.

L’UFDG n’a plus rien à envier de piteux au RPG et vice-versa. Le Front pour l’Alternance Démocratique, FAD,  ça a un air du presque déjà entendu dans un autre rêve, mais là n’est pas la principale question, qui est de savoir si ce FAD est assez salé pour ne pas affadir la sauce de l’UFDG, même si dans le camp de Cellou Dalein Diallo l’on fait semblant d’être de marbre alors que la lame de fond cisaille mal. Puisque même sans véritable poids politique trop prépondérant, les partants pesaient ‘’cosmétiquement’’ pour donner une certaine apparence de beau et de grand.

Dans le camp du FAD des lâchés qui ne peuvent rassembler que les mécontents de l’UFDG, il faut aller dans le sens du mécontentement et l’accentuer en faisant des révélations croustillantes. On va en entendre plus que souvent, ce serait le leitmotiv et la substantive moelle de survie du FAD, dans les prochaines échéances. Chanter la palinodie, les maîtres chanteurs sont les plus qualifiés mais tous n’ont pas l’étoffe ni la voix. On entendrait mal Aboubacar Sylla retourner encore une fois veste et langue, lui qui a été le digne et l’inamovible porte-parole de l’opposition pendant toutes ces années de turbulences et de joutes verbales où il a souvent confondu Amara Damaro. S’il se hasardait à faire cocorico dans le sens inverse, Damaro va rire sous cape et dans sa barbe…

Du coup, les lâchés-frustrés du RPG qui commençaient à se faire une place au soleil, ne savent plus sur quel pied danser. Dans cette déliquescence, quel camp vont-ils choisir ou vont-ils créer une autre formation politique hétéroclite ?

En attendant, qui est le leader pas trop en porte-à-faux avec la logique pour faire démarrer ce FAD ?

 

  • CONDÉ ABOU

    Salut mon Cher Moise Sidibé. Indiscutablement le camp présidentiel, doit se frotter royalement les mains après cette “dissidence” au sein de l’Opposition et qui refuse de dire son vrai nom.

    Je crois que vous avez parfaitement résumé la situation politique du moment, et tout indique que tout peut aller dans un sens comme dans l’autre.

    Est-ce que la bagarre en perspective autour de la Commune de Ratoma et la récente manne financière de GNF 5 Milliards au titre du budget affecté au Chef de file de l’Opposition n’y sont pas pour quelque chose, en dépit du language clair-obscur autour du semblant d’unité au sein de l’Opposition Guinéenne ?

    Qu’est-ce qui prouve que le nouveau front politique appelé “Le FAD” ne va pas se donner les moyens de négocier secrètement avec le pouvoir, et trouver lui aussi, un gros budget qui lui permettrait de sortir les griffes durant les prochaines élections contre son ancien allié, l’UFDG ?

    Pour moi, l’argent est le nerf de la guerre, et je ne vois pas comment Le FAD s’en priverait dans les conditions actuelles, s’il en a l’opportunité.

    Ce serait dommage, si l’UFDG faisait semblant d’ignorer les nouveaux signaux qui sont en train d’être envoyés dans son propre camp, parce qu’au regard des discours actuels, tout prouve que dans le brouillard actuel créé par le FAD et le RPG, les lignes sont en train de bouger sérieusement.

    Mais, comme vous l’aviez dit, et à juste titre d’ailleurs, attendons le cocorico du nouveau Patron du FAD, si cocorico a lieu.

    Si c’est le cas, je crois que l’insondable politicien El Hadj Amadou Damaro Camara n’aura que du pain béni dans ses mains et je ne vois pas comment il lâchera prise sur le FAD et ses 3 leaders actuels.

    Je peux vous assurer mon Cher Moise, que Damaro est l’un des politiciens les plus patients, l’un des plus coriaces et des plus redoutables tacticiens au sein de la classe politique actuelle et sur qui, il faudra compter en 2020. C’est certain.

    Croisons les bras, et espérons que le FAD nous dira dans les jours et semaines à venir, ce qu’il a comme lapin dans son chapeau, et que de son côté, l’UFDG ne continuera pas dans un discours de sous évaluation et de sous estimation de la toute nouvelle perspective qui est en train de se profiler sous ses pieds, dans un brouillage complet des radars. Wait and see.