Paye Camara : « le Comité Olympique fait du mal au sport guinéen, il le tue à petit feu »

18 octobre 2017 17:17:45
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Après un long silence, le président du Handball guinéen, le commissaire Mamadouba Paye Camara, est sorti de sa réserve, ce mercredi, pour parler du progrès du handball guinéen, des préparatifs de la nouvelle saison, de la léthargie du comité olympique guinéen et de la construction d’un palais des sports de 5 000 places.

Guinéenews : Du progrès du handball guinéen ?

Mamadouba Paye Camara : Le handball guinéen se porte à merveille. Nous venons de deux compétitions africaines. Chez les filles d’abord, nous étions qualifiées pour les phases finales du challenge trophée à Dakar. Là, nous étions allés jusqu’en finale. Enfin au Maroc, nous étions à un mini- tournoi. Là aussi, les cadettes ont remporté le tournoi d’Ouzda.

Guinéenews : Des préparatifs des prochaines compétitions locales ?

Mamadouba Paye Camara : Sur le plan local, nous jouons la deuxième division, qui est repartie en trois zones. Pour la zone spéciale de Conakry, c’en fini. Il reste à présent la zone de Boké (Boffa, Boké, Sangarédi, Kamsar et Fria) et celle de Labé (Labé, Mamou, Kindia et Kankan).

En décembre 2017, nous organiserons les phases finales de la Ligue 1 à Conakry pour deux semaines. Ensuite, il y aura un tournoi de la Zone 2, mais élargie aux Zone 1 et 3, entre le 20 novembre et le 5 décembre prochain. Il regroupera seize équipes féminines juniors à Conakry. Nous prenons les juniors parce que nous voulons préparer la relève. Nous avons dix joueuses, qui sont à la porte de l’équipe A. Nous voulons garder cette ossature pour aider le handball guinéen à aller de l’avant. En décembre aussi, quinze binationaux viendront en Guinée pour la première fois pour voir avec la fédération ce qu’elles pourront apporter à notre handball. Enfin, nous terminerons par l’organisation de notre congrès de mi-mandat.

Guinéenews : De la rencontre avec le ministre des sports, Bantama Sow, au comité olympique.

Mamadouba Paye Camara : Chaque nouveau ministre des sports fait souvent appel aux fédérations pour échanger en vue de voir comment faire avancer le sport guinéen. Nous l’avons rencontré dans ce cadre. Et nous étions heureux de le rencontrer parce qu’il est l’un des rares ministres qui a osé subventionner toutes les fédérations. Il a aidé plusieurs fédérations à organiser leur championnat respectif. Donc, son retour est un ouf de soulagement pour nous. Cette fois-ci, nous avons fait des doléances pour l’adoption de la charte sportive. Il a dit que c’est un défi pour lui. Personnellement, je très optimiste. Lors de son premier passage, il nous avait aidés sans qu’on le lui demande. Aujourd’hui, il revient dans une maison qu’il connait.

Guinéenews : Sauf qu’il y a trop de fédérations fantômes sans impact sur le terrain.

Mamadouba Paye Camara : Une très belle question. Je me demande d’ailleurs à quel jeu se livre le comité olympique guinéen. Honnêtement, ils ne font pas leur travail. Pourtant, leur devoir, c’est d’aider le ministère de tutelle pour accompagner la famille du sport guinéen. Malheureusement, ils ne font rien pour nous aider à sortir de l’ornière. J’ai un respect religieux pour le président actuel du comité olympique, M. Dansoko. Il a une longue expérience. On a besoin de lui. Mais il est mal entouré. Son entourage se sert de lui au lieu de servir le sport guinéen. Ils ont créé de fédérations pléthoriques. Certaines n’existent que sur papier. Individuellement, le ministre des sports a promis de passer au siège de chaque fédération. En ce moment, on saura qui est qui. Parce que le comité n’aide pas le sport guinéen. Au contraire, il ne fait que le tuer. Prenons, par exemple, les sorties internationales. A part l’appui du ministère des sports, le comité ne vient pas en aide, alors qu’il a des rubriques pour cela. Ailleurs, le comité olympique le fait. Mais chez nous, jamais. Il faut avoir le courage de le dire, le comité olympique est en train de faire du mal au sport guinéen. C’est un comité de copinage. Nous, les présidents des fédérations sportives, à part l’accompagnement du ministère, nous n’avons personne pour nous donner un coup de main. Or, l’État ne peut pas tout faire.

Ma vision, il faut des nouvelles têtes capables d’insuffler un souffle nouveau au sport guinéen. Des passionnés qui n’attendent pas les voyages pour prendre les pécules. Avant de venir au comité, il faut être un bosseur dans ta fédération. Il faut que tu poses des actes. Mais si tu n’as pas un passé glorieux, je trouve cela très grave. Être au comité, sans monter des projets pour aider les sports, ce n’est pas la peine.

Guinéenews : De la construction d’un palais des sports de 5 000 places.

Mamadouba Paye Camara : Qui veut atteindre le haut niveau, il faut avoir des infrastructures à la base. Avant, nous n’avions pas des sites répondant aux normes. Mais aujourd’hui, nos enfants sont habitués à jouer dans les salles remplies. Il y a un public. Il n’y a plus ce complexe. C’est pourquoi, ils vont jusqu’en quart de finale, en demi-finale ou en finale. Ce que l’opinion ignore, c’est que pour accompagner les fédérations dans les compétitions, quand vous faites le cumul, l’Etat guinéen débourse près d’un million de dollars par an. Uniquement pour le transport, les perdiems, les frais de participation et les frais d’hôtel. Si on a des infrastructures, on fait des économies. Quand on aura ce palais de 5 000 places, qu’on veut construire avec les portugais, on va abriter des compétitions. Ce sera une salle multidisciplinaire. Il y aura le handball, le basketball, le volleyball et les sports de combat. Quand on va abriter des compétitions internationales, l’Etat va encaisser des millions de dollars ou de devises. Les hôtels ne vont pas chômer. Il y aura des équipes, des arbitres et des officiels.