Partenariat Afrique-UE : Contributions et attentes de la jeunesse de la Moyenne Guinée

11 octobre 2017 12:12:48
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Dans les différentes préfectures qui composent les régions administratives de Labé et de Mamou (en Moyenne Guinée), nous avons tenté de relancer le débat sur les contributions et les attentes de la jeunesse de la république de Guinée qui a visiblement une attention pointue sur le partenariat Afrique-Union européenne (UE), précisément sur cette nouvelle stratégie proposée et adoptée par les deux institutions que sont l’UE (Union européenne) et l’UA (Union africaine). Chacun des jeunes leaders rencontrés dans ces villes de l’intérieur du pays a partagé ses impressions et perspectives sur une éventuelle partition et les retombées d’un tel partenariat à l’endroit de la jeunesse guinéenne.

Pour ce faire, nous avons classé les différentes interventions réalisées dans différentes localités de la Moyenne Guinée en deux groupes. C’est d’abord un premier groupe qui parle des contributions, c’est-à-dire ce que cette jeunesse guinéenne peut et doit faire pour donner un cachet particulier à ce nouvel élan. Ensuite un second groupe de jeunes qui a voulu énuméré ses attentes et espoirs vis-à-vis du partenariat Afrique-UE.

Contributions de la jeunesse Guinéenne!

Pour une frange importante des jeunes interpellés en Moyenne Guinée sur ce sujet capital, la jeunesse guinéenne peut-être un architecte de la réussite de cette stratégie si toutefois elle n’est pas mise à l’écart dans l’exécution du projet qui, selon elle, doit être gérée avec plus de rigueur et d’objectivité afin qu’il hisse les relations entre l’Afrique et l’Europe au sommet de la pyramide.

 

Hasmiou Barry, diplômé sans emploi et membre fondateur d’une association de jeunes très influente dans la commune urbaine de Labé, soutient que la jeunesse doit être au cœur du partenariat. « Quand je dis la jeunesse, je parle bien évidemment de ceux qui n’ont pas plus de trente-cinq ans et qui représentent plus de 50% de la population de ce pays, mais qui sont toujours marginalisés. Nos dirigeants soutiennent que la jeunesse est l’avenir du pays, mais ils oublient que l’avenir c’est aujourd’hui et maintenant. Il va falloir qu’on donne une chance à ces jeunes fraîchement sortis des institutions d’enseignement supérieur de vendre leurs talents dans ce genre de projets. Nous serons à la hauteur, car on est au diapason de ce qui se passe à travers le monde. On sait que ce partenariat a été approuvé par l’Union Africaine et les institutions de l’UE en 2007, si je ne m’abuse. Et en 2014, pour faciliter son applicabilité, les États membres de l’UE et les pays d’Afrique sont convenus d’une feuille de route. Il faut qu’on nous mette à contribution », affirme-t-il, avec assurance.

Évoluant au sein du mouvement de jeunesse dénommé Fewndaré (littéralement, actualité en bon Pular), Alpha Mamadou Sow, détenteur d’une licence en lettres modernes depuis 2010 estime qu’il faut mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. « Je pense qu’il faut de plus impliquer la jeunesse à travers des concours, des compétitions réalisées dans une totale transparence et éviter à chaque fois de retenir les mêmes têtes comme c’est souvent le cas en Guinée. Au lieu d’aller à la rencontre de toute la jeunesse, on privilégie un petit groupe qui s’arrose régulièrement des retombées des partenariats et autres. Voilà pourquoi les bailleurs ne sont pas tout le temps satisfaits des résultats. C’est tout simplement parce que ce sont  des amateurs qui bénéficient d’un certain soutien de la part des autorités et qui occupent tous les postes qui se présentent. Sinon, la jeunesse guinéenne a un talent pouvant lui permettre de relever le défi de ce partenariat », rassure-t-il.

« La mise à contribution de la jeunesse guinéenne dans ce partenariat serait un frein à l’immigration clandestine », dixit Mouctar Kaba, jeune diplômé en Sociologie, rencontré autour du thé dans la ville-carrefour de Mamou. « Quand tu fais tout de suite une petite enquête, tu trouveras que 97 % des jeunes guinéens cherchent à fuir cette misère, tu trouveras que tous veulent immigrer par n’importe quels moyens. C’est parce que ça ne va pas ici. Et la région de Mamou est championne dans ça, car ce sont les parents même qui encouragent les enfants à prendre cette voie suicidaire. Et tenez-vous bien, un jeune de mon âge, qui ne travaille pas et qui n’a aucun espoir, est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Mais si on trouve ici  de quoi subvenir à nos besoins, si toutefois on nous mettait à contribution dans ce nouvel élan du partenariat Afrique-UE, c’est vrai que nous irons en Europe mais ça ne sera que pour des vacances », argumente-t-il.

Pour Amadou Fatako Baldé, la Guinée a une main-d’œuvre diversifiée. « La jeunesse guinéenne peut intervenir dans divers domaines du partenariat, car c’est des milliers de diplômés sans emploi dans différents domaines dont nous disposons. C’est vrai qu’il y a des mal formés, mais je vous garantis que la majorité de notre jeunesse sera représentative.»

Attentes de la jeunesse guinéenne !

Voulant impérativement être mis à contribution dans ce genre d’initiative afin de mettre son expérience et son savoir-faire à disposition, les jeunes rencontrés sur le sujet attendent beaucoup de ce nouvel élan de coopération qui, selon eux, pourrait réduire drastiquement le chômage et accélérer le processus de développement de l’Afrique qui a du mal à voir le bout du tunnel. Pour ce faire, une bonne partie des jeunes interrogés pense que les bailleurs doivent imposer plus de rigueur dans l’exécution des projets orientés vers la jeunesse.

Thierno Ousmane Diallo, stagiaire dans une institution de micro-finance de Labé, se jette à l’eau : «Je m’attends à plus de projets orientés vers la jeunesse, à plus de transparence, de rigueur et d’équité dans le choix des personnes appelées à exécuter la chose. Et qu’on donne cette fois-ci la chance à la jeunesse d’être dans le feu de l’action.»

Amadou Diakhaby, lui, s’attend à une redynamisation du secteur privé. « Vous savez, il fut un temps, le privé était un secteur très convoité en république de Guinée, parce que non seulement les travailleurs étaient bien rémunérés mais aussi le pays gagnait gros à travers les investissements monstres. Je m’attends personnellement à ce que cette nouvelle stratégie relance ce secteur qui a beaucoup fait pour la Guinée, car l’État, à lui seul, ne peut venir à bout du chômage.», affirme-t-il.

« Si je prends le cas de la lutte contre l’immigration clandestine, c’est une activité qui ne pourrait être menée à bien que par des jeunes, car c’est des jeunes qui sont les candidats à ce ‘’suicide’’. Donc voilà une partition que seuls les jeunes pourraient jouer bien. Mais, on connaît tous que des projets sont souvent orientés en Moyenne Guinée mais malheureusement ces projets se limitent juste au niveau des capitales régionales alors que nous, à Koubia ici, si ce n’est pas au niveau des radios locales, on n’entend jamais parler de cela. Les bailleurs et les autorités se contentent juste des centres-villes, comme la capitale et ses environs, alors que le besoin est beaucoup plus pressant à l’intérieur du pays. Donc, nous sollicitons que ce partenariat soit orienté vers la base parce que c’est dans les villages frappés d’exode rural et les villes de l’intérieur du pays où on enregistre plus de candidats à l’immigration clandestine, qu’on pourrait cerner ce genre de sujet», fait remarquer  Mariama Baldé, également diplômée sans emploi, gestionnaire d’une boutique de produits divers au marché central de Koubia, une ville située à environ 65 kilomètres à l’est de la capitale régionale.

À l’ouest et à environ 60 kilomètres de Labé-centre, nous nous sommes intéressés à l’avis de Diouldé Kanté, membre de l’Association pour le développement de la préfecture de Lélouma, qui est allé de son mot : « Nous aimerions avoir nous autres la chance de participer à ce partenariat ; qu’on nous laisse apporter notre grain de sel en mettant à nu les réalités de la Guinée profonde. Donc, on sollicite une nette implication de l’intérieur du pays, au lieu que ce partenariat ne profite, comme d’habitude, qu’à un tout petit groupe de personnes égoïstes. Donc, nos attentes sont claires et précises. Il faut décentraliser les choses vers l’intérieur du pays et rendre à César ce qui appartient à César, c’est-à-dire impliquons la jeunesse », souhaite-t-il.

Natif de Timbi Madina, dans la préfecture de Pita (région administrative de Mamou), Alpha Bah pense qu’il faut essayer de redonner de l’espoir à cette jeunesse frappée de plein fouet par le chômage. Une telle initiative serait une bouffée d’oxygène pour la couche juvénile guinéenne, estime-t-il.

Ces interventions dans la Guinée profonde montrent à suffisance qu’une meilleure contribution de la jeunesse de ce pays sous-développé pourrait certainement permettre à ce nouvel élan de coopération d’atteindre les objectifs escomptés au grand bonheur de toutes et de tous. Pensons-y.

 

  • CONDÉ ABOU

    Bon Dieu. À quoi sert-il de vendre des illusions à nos propres enfants et frères ? C’est un faux problème de bout en bout qui est posé, pour la simple raison que ce sujet étroitement lié au devenir des jeunes Africains, particulièrement ceux de la Guinée, concerne toute une chaine de valeurs qui va de leur niveau de qualifications individuelles jusqu’à leur employabilité sur le marché du travail qui existe en tout premier lieu en Guinée.

    Regardez comment nous sommes dans la logique du serpent qui se mord la queue ! Pour avoir une haute qualification, il faut un bon système éducatif et qui ne roule pas les Jeunes dans la farine en leur promettant monts et merveilles après l’obtention de diplômes.

    Pour l’employabilité, c’est le marché du travail qui est le facteur déterminant, et non les politiques archaïques de recrutements massifs à la Fonction Publique.

    Bref, les générations actuelles ont été trompées par les pouvoirs publics en Guinée depuis des lustres, à cause de la mauvaise gouvernance économique sur de longues années.

    Il est irresponsable de la part des Africains, de compter avec le partenariat de l’Union Européenne pour règler des problèmes structurels entiers de plusieurs générations que les Gouvernements successifs n’ont pas été capables de préparer correctement, de former afin d’arriver sur un marché du travail fort et capable d’absorber les compétences qui ont été formées.

    Bref, le pays n’a ni l’un, ni l’autre. Il n’a ni un bon système éducatif, ni une économie qui se développe sur la base de l’objectif prioritaire de l’élimination de la pauvreté absolue.

    L’Union Européenne avait promis lors de la Conférence de Maltes, tenue je crois savoir en Novembre 2015, la somme de 1,8 milliards d’Euros au continent Africain avec pour priorités un soutien financier et technique aux jeunes Africains qui sont désespérés et qui n’ont d’autres solutions pour trouver leur bien être que de traverser les océans et le désert Saharien, pour aller dans l’Eldorado Européen.

    Combien l’Union Européenne a-t-elle déboursé au cours des deux dernières années pour l’ensemble du continent sur ce chapitre précis du soutien aux Jeunes en Afrique ? Pas plus de 150 millions d’Euros selon des sources officielles concordantes sur un montant total d’environ 1,8 milliard d’Euros annoncés !

    Vous pouvez faire vérifier ces chiffres auprès de n’importe quel moteur de recherche, si vous n’êtes pas sûrs de ce que je vous raconte.
    Bref, pour l’amour de Dieu, soyons logiques et conséquents avec nous-mêmes. Il faut arrêter de mentir et de vendre des illusions aux Jeunes de Guinée et d’Afrique.

    La vraie réponse à leurs problèmes se trouve dans les efforts nationaux internes, indispensables au niveau des politiques publiques du Gouvernement et qui soient capables de créer de la valeur ajoutée, de la croissance économqiue, une meilleure redistribution de la richesse nationale, un meilleur système éducatif, de santé, et de sécurité alimentaire.

    Et également, un environnement sain des affaires qui créé des emplois viables et non précaires et de réels pouvoirs d’achat pour les millions de Jeunes qui ne sont que dans leur légitime quête du bonheur partout où il le trouveront.

    Tout ce qui est actuellement en train d’être miroité aux millions de nos jeunes compatriotes est faux et surtout absurde.

    Notre modèle économqiue ne fonctionnera pas, même dans 100 ans, sur la base des postulats actuels de sa gouvernance publique et qui tournent dans le vide et dans les discours creux.
    En clair, ce sont les choix économiques structurels du pays, qui ont été mauvais sur une longue période, et qu’il faudrait changer radicalement et de façon courageuse par nous-mêmes.
    L’aide publique au développement viendra par la suite.

    Ce sont les choix hasardeux loin de la rigueur dans la gestion publique, qui se sont révélés désastreux et catastrophiques pour le retour de la croissance dans le secteur réel, et ont conduit à la situation économique misérable actuelle.

    L’Europe a suffisamment de chats à fouetter au 21ème siècle pour qu’elle continue de mettre l’argent des Contribuables Européens dans des mains hasardeuses et qui tirent le continent Africain vers le bas.

    Aux Africains d’en tirer les conséquences et de promouvoir de façon volontariste des politiques publiques qui servent le progrès économique et social et non des fables.