Parlement: Michel Kamano explique l’importance du Débat d’Orientation Budgétaire

30 août 2017 17:17:49
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Le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) annoncé au parlement et qui se tient pour la première fois en Guinée, pour reprendre les propres termes du président du parlement guinéen, est une étape décisive qui conditionne l’examen et l’adoption de la loi de finances initiale. Michel Kamano, président de la Commission économie finances à l’Assemblée nationale apporte des précisions sur le déroulement et explique l’importance de ce débat, du moins prometteur.

«C’est une rencontre entre les députés et le gouvernement et ce débat est organisé à l’initiative du parlement. Si la loi de finances rectificative est un dossier que le gouvernement soumet à l’assemblée, le débat d’orientation budgétaire est par contre, organisé par l’assemblée nationale à son initiative. C’est une rencontre au cours de laquelle les parlementaires demandent au gouvernement où est-ce que vous allez amener le pays dans les trois ans à venir en terme de développement économique et social, en tenant compte de la conjoncture nationale et internationales, quelles sont les priorités que vous avez, quels sont les résultats que vous estimez obtenir en portant le développement économique et social du pays à tel niveau. C’est avant qu’il ne présente le budget que le parlement demande au ministre de l’Economie, en particulier, le débat d’orientation budgétaire avec essentiellement les ministres en charge du secteur économique et la Banque centrale. Ce sont eux qui sont les interlocuteurs de la Commission chargée de l’Economie et des finances au sein de l’assemblée nationale pour parler de ces hypothèse de développement. C’est la vision du gouvernement pour un avenir prochain qui est présenté aux députés qui en discutent afin que les priorités touchent les vrais problèmes que nous défendons. C’est un débat technique. C’est sur la base d’une vision partagée que le budget doit être fait », à expliqué Michel Kamano.

Le député estime que les priorités qui seront présentées par le gouvernement lors du débat ne doivent pas se limiter à la phase de discours, mais qu’elles doivent répondre aux préoccupations des populations.

‘’Et cette fois-ci exceptionnellement, nous allons associer le secteur privé qui paye les impôts et les taxes et qui est le plus gros employeur. Il faut que le secteur privé nous dise qu’il peut accompagner le gouvernement dans cette vision. Nous allons également associer les organisations de la société civile. Aujourd’hui, les gouvernements sont tenus de rendre compte aux populations de l’exécution du budget et des programmes de développement. Pour que la population soit concernée, il faut qu’elle soit associée’’, a souligné M. Kamano.

Il a précisé également que le débat d’orientation budgétaire fait partie des dispositions de la loi organique relative à la loi des finances qui se trouve être une loi qui impose une nouvelle culture de la gouvernance dans les pays en développement. Un nouvelle culture reposant sur les compte-rendus aux populations à la base de ce que le gouvernement fait, une information sur la transparence des activités du gouvernement.

Le gouvernement va donc expliquer aux parlementaires sa méthode de gestion des fonds publics. ‘’Chaque ministère reçoit un budget, il doit rendre compte de l’utilisation de ces ressources aux représentants du peuple. Dans tous les pays en développement, dès que vous adoptez cette loi, vous avez un moratoire de cinq ans pour commencer à l’appliquer parce que c’est une loi très contraignante. Il faut que désormais, tous les trimestres, le gouvernement rende compte au parlement de ce qu’il fait, que la Cour des comptes contrôle effectivement l’exécution du budget, que des rapports circonstanciel soient faits aux représentants du peuple, mais que des compte rendus soient aussi faits aux contribuables qui sont les populations. C’est une exigence de cette loi et elle a été adoptée en Guinée en 2012. Son application à commencé effectivement après le moratoire de cinq ans cette année. C’est pourquoi déjà, le gouvernement a déposé son premier rapport sur l’exécution en fin mars du budget de l’Etat. Il est en train de déposer le rapport sur l’exécution au 30 juin, un document annexe à la loi de finances rectificative que nous allons examiner au titre du compte rendu aux représentants du peuple de l’exécution que le gouvernement a fait du budget qu’il leur a été autorisé d’exécuter’’, a conclu Michel Kamano.