Ouverture du forum africain de la jeunesse : Alpha Condé au côté d’Idriss Déby à N’Djamena

29 juin 2017 13:13:45
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Le président tchadien, Idris Deby Itno, a présidé, ce jeudi 29 juin, à l’ouverture du premier forum panafricain de la jeunesse, en présence de deux cent délégués venant de 54 États africains. Le thème retenu est : « tirer pleinement profit du dividende démographique en investissant dans la jeunesse ».

A ses côtés, le président tchadien avait son homologue guinéen, Alpha Condé, et également président de l’Union africaine (UA), ensuite le président de la Commission de l’UA, le tchadien Moussa Faki Mahamat, ainsi que la présidente de l’Union panafricaine des jeunes (UPJ), Francine Muyumba.

Selon la presse locale, ce Forum, qui durera 72heures, vise à recueillir les recommandations de la jeunesse dans le cadre de la mise en œuvre de la feuille de route du thème de l’année 2017 de l’UA.

  • CONDÉ ABOU

    Attention Guineenews. Il y a beaucoup plus compliqué dans ce Forum Africain sur la Jeunesse auquel vous faites allusion et qui se tient actuellement à Ndjamena, au Tchad.

    Si vous relisez très bien vos confrères sur place, aussi bien de France, notamment l’Agence France Presse que ceux de plusieurs Journaux Africains, vous pouvez noter très facilement que, ce qui a, en fait retenu l’attention de tout le monde, dans le discours du Président Alpha Condé à N’Djamena, ce n’est pas du tout la problématique de l’Emploi Jeune en Afrique.

    C’est plutôt ses propos sur la participation plus accrue des troupes Africaines dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, et c’est là où il y a plus de problèmes.

    Qu’a dit selon la Presse, le Président Alpha Condé en marge du Forum sur la Jeunesse de N’Djamena ? Selon la Presse, il a dit que “ l’Union africaine (UA) doit prendre en charge la lutte contre le terrorisme”, estimant qu’il faut que ce soient les Africains eux-mêmes qui assument ce combat” étant donné que “la présence des Casques bleus (de la MINUSMA) n’a pas donné des résultats”.

    Le Président de l’Union Africaine, le Professeur Alpha Condé, successeur d’Idriss Déby à la tête de l’Organisation des Etats africains, a estimé que “c’est nous qui devrions désormais fournir les Casques bleus et la Communauté internationale doit nous accompagner”. Il a invité le Conseil de sécurité de l’ONU à “d’abord transférer le pouvoir au G5 Sahel”, une force militaire africaine conjointe visant à enrayer l’expansion des groupes jihadistes dans le Sahel.

    Question. Sur le principe de la création du G5 Sahel, les Européens et les Américains tout comme le Conseil de Sécurité et les pays du front, (Tchad, Mali, Burkina Faso, Niger et Mauritanie) sont d’accord, très certainement parce que la stratégie actuelle de la lutte anti-terroriste devra nécessairement changer pour une raison ou une autre.

    Mais a-t-on entendu un seul pays, à commencer par le principal contributeur de la MINUSMA, à savoir les Etats Unis, ou alors la France dont les forces sont sur place depuis 2012, affirmer que la présence des Casques Bleus n’a pas donné de résultat ? Je n’en connais pas un seul ? Et c’est là qu’il y a un sérieux problème de communication et dont les conséquences pourraient se retourner contre le Chef de l’Etat Guinéen.

    Aviez-vous entendu Idriss Déby Itno faire une déclaration de cette teneur à l’endroit de la MINUSMA en dépit des graves problèmes budgétaires qu’il éprouve en ce moment dans son propre pays ? Je ne crois pas du tout, quand bien même il a prévenu Dimanche passé, que si rien n’était fait, il ne continuerait pas la lutte actuelle sur tous les fronts contre le terrorisme international.

    Sa déclaration est sérieuse, puisque tout le monde sait que le Tchad dispose sur le terrain de la MINUSMA, de 1.390 soldats au Mali, et de 2.000 hommes au sein de la Force multinationale mixte (FMM) combattant le groupe Islamiste Nigerian Boko Haram dans la région du Lac Tchad.

    Tout ce que Idriss Deby a dit, c’est ce qui suit: “On ne peut pas faire les deux à la fois, être dans le G5 Sahel et en même temps dans une autre mission sur le même théâtre”.

    Il n’a jamais porté ouvertement, de jugement sur le manque de résultat ou pas de la MINUSMA au Mali et dont le mandat et les règles d’engagement ont été définis par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Voilà toute la nuance entre les discours prononcés par les 2 Chefs d’Etat à N’Djamena.

    Les États-Unis saluent et soutiennent pleinement la création d’une force commune du G5 Sahel pour lutter contre le terrorisme et aider à restaurer la paix et la sécurité dans la région du Sahel, indique l’Ambassadeur des États-Unis au Mali, Paul Folmsbee, selon un communiqué de presse de ce Jeudi.

    « Je salue le leadership du Mali sur cette question», a déclaré l’Ambassadeur des États-Unis, Paul Folmsbee, selon le même Communiqué sur ce prochain Sommet G5 Sahel qui se tiendra au Mali ce weekend.

    Sur le plan diplomatique et là où les grandes décisions seront prises, il faut noter deux éléments d’analyse très importants sur le sujet:

    (1)Le Président Français Mr. Emmanuel Macron s’est entretenu au téléphone hier Mercredi 28 Juin, et aurait discuté des propositions de solution avec son homologue Algérien, Abdel Aziz Bouteflika, étant entendu que les Accords de Paix des belligérants Maliens avaient été signés à Alger en Mai et Juin 2015. Pour l’instant et avant le Sommet du G5 Sahel prévu à Bamako, ce Dimanche qui arrive (2 Juillet 2017), l’on ne sait pas du tout le contenu de la nouvelle initiative Française au Mali.

    (2)Ce Jeudi 29 Juin, par la voix de leur Ambassadeur au Mali, les États-Unis ont applaudit les pays du G5 – Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger – pour la création de cette force conjointe. Ce qui leur permettra de mieux coordonner leurs efforts pour lutter contre l’extrémisme sur le continent et l’appropriation régionale de la sécurité et des efforts de stabilisation, selon l’Ambassadeur Paul Folmsbee.

    Les États-Unis selon le diplomate Américain, évalueront activement les meilleures façons d’aider la force, a-t-il ajouté. Ceci dit, les États-Unis fournissent déjà une assistance de sécurité bilatérale importante à tous les membres du G5 et continueront de faire des contributions supplémentaires. Les États-Unis sont également le plus grand contributeur au budget de la MINUSMA, la mission de maintien de la paix de l’ONU au Mali.

    En outre, les États-Unis sont attachés à la mise en œuvre complète de l’Accord de paix d’Alger de 2015, a déclaré l’Ambassadeur. En tant que membre de la médiation internationale, nous sommes fiers de travailler en partenariat avec le Mali pour la restauration de la sécurité dans le Nord du Mali et pour le développement économique de l’ensemble du pays, indique l’Ambassadeur des USA au Mali, dans un communique de Presse rapporté ce Jeudi soir par la Presse Malienne.

    CONCLUSION:

    (1)La Guinée devrait beaucoup se méfier dans sa communication internationale sur les sujets très complexes qui sont quasiment du domaine réservé des plus grandes puissances du monde, surtout lorsqu’il s’agit de porter des jugements prématurés sur leurs opérations n’importe où en Afrique ou dans le monde.

    (2)Certaines sources parlent d’un budget de 8 Milliards de Dollars US, nécessaire pour rendre opérationnel le G5 Sahel et pour combattre le terrorisme international dans la région. Curieusement, ni le Nigeria ni le Cameroun ne feront partie de ce G5 Sahel alors que ces 2 pays sont directement concernés par le fléau des Jihadistes d’Al Qaida et Boko Haram.

    Question. Comment les pays membres de l’Union Africaine où la CEDEAO pourront-ils faire face au bouclage d’un budget de 8 Milliards de Dollars US dans la conjoncture actuelle de crise financière actuellement intenable presque partout en Afrique ?

    Sans compter la fourniture du renseignement militaire, et les grands moyens aériens et terrestres à déployer et coordonner sur le terrain, 24 heures sur 24.

    C’est pourquoi, il n’y a aucune raison de mettre les pays Africains en première ligne dans la situation explosive au Mali et dans la région du Lac Tchad, au nom du panafricanisme parce que nous n’en avons pas les moyens alors que l’ennemi sur le terrain dispose de plus de moyens financiers et de capacités de déplacements plus efficaces sur le tout le territoire Malien.

    Les organisations terroristes ont actuellement un tout nouveau discours auprès des populations Maliennes du Nord y compris en direction des communautés Noires et non Arabes, et leurs sources de financement sont loin d’être bloquées en ce moment.

    Selon moi, après sa déclaration sur la Françafrique et le cordon ombilical Franco-Africain, le Président e la République, le Professeur Alpha Condé devrait nécessairement changer de discours sur les engagements militaires des Nations Unies au Mali et dans le reste du Sahel. Diplomatiquement et politiquement parlant, c’est un discours dangereux.