Ouverture de la CEDEAO aux pays tiers : La crainte d’un risque d’implosion à terme

15 juin 2017 12:12:02
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Auteur : Youssouf Sylla, analyste-juriste, à Conakry.

La conquête de l’Afrique de l’ouest par les États tiers, en occurrence, le Maroc et l’Israël est un des plus importants défis que doit relever la l’Organisation Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dans un futur proche. Avec son fort potentiel économique, cette région constitue un important marché pour le Maroc et une masse critique d’États que l’État hébreu espère faire changer d’avis à des coups de milliards de dollars sur l’explosif dossier palestinien. Du haut de ses quatre décennies d’existence, la Cedeao malgré son architecture institutionnelle avancée et sa présence dans la résolution des conflits de la sous-région peine encore à faire de l’intégration économique une réalité palpable et de passer de la Cedeao des États à la Cedeao des peuples. A t-elle les reins suffisamment solides pour dérouler un tapis rouge aux insolubles contradictions du conflit israélo-palestinien sans perdre son équilibre dans le meilleur des cas ou son âme dans le pire des cas. Avant de s’ouvrir aux autres, la Cedeao n’a t-elle pas besoin de se consolider d’abord comme un acteur majeur à la fois économiquement et politiquement.

Les raisons d’une convoitise

Les portes et fenêtres de la Communauté de la Cedeao sont aujourd’hui bruyamment frappées par les candidats du continent (Maroc, Tunisie, Mauritanie) et hors du continent (Israël) pour adhérer, s’associer ou avoir un statut particulier auprès d’elle. Les raisons de cette convoitise se trouvent dans les atouts de l’organisation qui sont en même temps ses forces. Il s’agit d’une association de quinze États ayant des niveaux de développement sociaux économiques différents. Elle compte dans ses rangs, le pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria qui est aussi la deuxième puissance économique du continent après l’Afrique du Sud. L’espace de la sous région recèle d’importantes ressources forestières, pétrolières, agricoles, minérales et halieutiques qui attirent de plus en plus d’investisseurs. Forte d’une diversité culturelle et linguistique, la sous-région selon l’Organisation des Nations Unies est la région où vivent le plus de jeunes dans le monde et qui connaîtra dans les prochaines années une progression démographique soutenue. Évaluées à 300 millions en 2010, le nombre d’habitants de cette sous-région est estimé en 2050 entre 550 et 600 millions. Cette réalité révèle l’existence d’une main d’œuvre employable et l’existence d’un marché promoteur.

Une intégration économique qui manque de profondeur

Aux forces de la Cedeao s’opposent des faiblesses et non des moindres : les États ont du mal à approfondir leur intégration économique et monétaire, car  la création de la seconde zone monétaire en plus de la zone FCFA amarrée à l’euro bat de l’aile, la libre circulation des personnes et des biens est encore loin d’être une réalité et se heurte à de nombreux obstacles. Les échanges intracommunautaires sont faibles au détriment des échanges extracommunautaires et les infrastructures routières, ferroviaires et autres, censées rapprocher entre eux les pays de la sous-région sont extrêmement sous développées. De plus, le faible niveau d’implication des sociétés civiles ouest africaines dans les démarches d’intégration décidées au sommet, par les chefs d’État et de Gouvernement, ne favorise pas l’émergence d’une Cedeao des peuples.

Les menaces qui guettent la Cedeao

La Cedeao fait aujourd’hui face à trois grandes menaces.

La première est l’expansion d’une vision extrémiste et rigoureuse de l’Islam dans la sous-région à travers un djihadisme violent. La mise en exécution de cette menace dans un État membre de la Cedeao y répand la peur et affaiblit l’autorité de l’État. On se demande comment un gouvernement qui perd le contrôle sur l’effectivité de son territoire pourrait assurer la libre circulation des personnes et des biens, principe cardinal de la Cedeao. Le Mali se serait retrouvé dans cette situation si la France en 2013 via l’opération Serval n’avait pas empêché la prise de Bamako par les djihadistes. Outre le Mali, les organisations djihadistes s’en prennent à d’autres pays de la sous-région. Il s’agit principalement du Nigeria et d’autres pays de la bande sahélo sahélienne.

La deuxième menace résulte des risques d’instabilité de certains États. La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso illustrent cette instabilité qui résulte dans le premier cas de et dans le second cas du détournement des principes démocratiques de leurs finalités. Le précédent Burkinabé montre que certains pays adhèrent à la démocratie tout en rejetant aux calendes grecques les perspectives d’une alternance au pouvoir à travers des argumentaires  qui s’évertuent à justifier une sorte de présidence à vie au nom d’une prétendue particularité africaine inventée en toute pièce pour les besoins de la cause. La démocratie étant consubstantielle à l’alternance, les apôtres des modifications constitutionnelles en vue d’y prévoir un nombre illimité de mandats présidentiels apparaissent comme les négationnistes de la démocratie dans son esprit et dans ses fondements. Plus grave, ils préparent dans leurs pays respectifs les ingrédients d’une instabilité chronique qui favorise l’irruption des militaires sur la scène politique avec son lot de transition interminable.

La troisième menace concerne le risque d’implosion de la Cedeao à cause de la possible transposition en son sein par les nouveaux candidats aux intérêts diplomatiques opposes à l’entrée de la CEDEAO, des conséquences du conflit israélo-palestinien. Les premiers signes d’une relocalisation de ce conflit en Afrique de l’ouest se sont déjà manifestés avec le refus du Maroc, dont la demande d’adhésion à l’organisation était en examen, de participer à cause de la présence du Premier Ministre Israélien, au 51ème sommet de la Cedeao qui s’est tenu début juin à Monrovia, capitale du Liberia. Malgré tout, le Maroc n’entend pas lâcher prise. Après s’être retiré de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à raison de l’admission de la la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), le Royaume Chérifien a récemment décidé de se retourner à l’Union Africaine. Et il n’entend pas s’arrêter là. En pays ambitieux, il décide de rentrer aussi d’intégrer la Cedeao pour donner à son économie progressiste de nouveaux ressorts. Mais problème, le Maroc dans cette lancée devrait  composer et rivaliser avec un autre morceau coriace, l’Israël,  un poids lourd de la diplomatie et de l’économie mondiale, que rien ne semble impressionner dans sa conquête de l’Afrique de l’ouest. L’Israël qui n’est pas encore membre de la Cedeao se bat de toutes ses forces pour se rapprocher cette organisation, et qui sait si du statut d’observateur qu’il cherche auprès d’elle il va vouloir un jour en être un membre à part entière. En tout état de cause, la tenue en octobre prochain à Lomé, d’un important sommet Afrique-Israël en dit long sur ses intentions. En effet, l’État hébreu s’est montré très explicite sur les raisons de son rapprochement de la Cedeao : Il s’agit  pour Netanyahu qui préside un gouvernement d’extrême droite de créer un large consensus en Afrique de l’ouest autour de sa position pour légitimer sa politique sans le dossier palestinien. Cette position consiste à priver l’Autorité palestinienne de ses soutiens historiques en Afrique, tout en poursuivant la construction des colonies dans les territoires annexés. Il ne fait pas de doute que cette position semble rencontrer la bénédiction de l’administration Trump qui depuis son élection aux États-Unis ne semble pas contrarier Israël dans son élan.

Compte tenu de l’offensive diplomatique israélienne, on se demande quelles seront les prochaines réactions des États de la Cedeao sur le dossier palestinien, surtout quand on sait que certains de ses membres font partie de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) et que cette organisation a été justement mise en place pour cimenter une solidarité des pays musulmans par rapport à la cause palestinienne. Autrement dit, les États de l’Afrique de l’ouest qui sont membres de la Cedeao et de l’OCI vont se retrouver face à un important dilemme. Comment ouvrir les mains à la générosité financière de l’État hébreu et ne pas en contrepartie voter en sa faveur dans les instances internationales sans provoquer l’ire des pétrodollars, en particulier l’Arabie saoudite que certains  pays de la Cedeao, le Sénégal en tête, soutiennent fermement dans  la crise diplomatique qui l’oppose au Qatar. La Guinée à la différence du Sénégal n’entretient pas de relations diplomatiques avec Qatar mais dans une récente lettre adressée au Roi de l’Arabie Saoudite, le Président Alpha Condé, qui assure aussi la présidence de l’Union Africaine a soutenu le Roi dans la lutte qu’il mène contre le terrorisme et offert ses services pour une médiation entre ces deux pays arabes. Le soutien du Sénégal et de la Guinée n’est pas sans motif mercantiliste, ces deux pays membres fondateurs de l’OCI  bénéficient  largement des largesses de l’Arabie Saoudite dans le cadre du financement de leurs projets de développement à travers notamment Banque Islamique du Développement (BID) et d’autres initiatives de charité, non les moindres. A l’heure de la vérité, le choix s’annoncera difficile pour ces pays entre l’Israël et la cause palestinienne,  lorsque l’Arabie Saoudite les interpellera  sur les motivations profondes  de l’ouverture de la Cedeao à l’Israël et sur le sort qu’ils entendent réserver à la cause palestinienne malgré la politique des dollars qu’espère jouer à son tour l’État hébreux. En effet, l’alignement de la Guinée, du Sénégal et des autres pays de la Cedeao se trouvant dans la même position qu’eux sur la position diplomatique de l’Israël dans le dossier palestinien, si jamais il devait se réaliser, risquerait de placer la Cedeao dans la ligne de mire des organisations djihadistes, ennemis jurés d’Israël. Mais aussi, il risquerait de conduire les poids lourds de l’OCI l’Arabie Saoudite en particulier  à reconsidérer sa politique étrangère vis-à-vis des pays de la Cedeao.

Par ailleurs au lieu de guetter comme les mendiants, la charité des pétrodollars et de l’Israël, les pays de la Cedeao assis sur l’or et le diamant doivent sans rupture avec le reste du monde se montrer adultes et ambitieux en travaillant âprement  les conditions de leur autonomie à travers leurs potentialités. Aussi longtemps qu’ils seront accrochés comme des sangsues aux autres États, ils risquent de regarder leur indépendance à des années lumières d’eux, comme des exo planètes inatteignables. Plus grave, la sous région ouest africaine restera toujours ce qu’elle est, la plus pauvre de la planète avec les meilleures intentions.

Pour tirer son épingle du jeu, la Cedeao a quelques chances

C’est une excellente opportunité pour la Cedeao d’attirer les pays tiers à cause de ce qu’elle représente en termes de potentialité  économique, de  marché porteur et de poids  politique.  L’enjeu pour la Cedeao est sa capacité de faire jouer en sa faveur son pouvoir d’attraction pour améliorer les conditions d’existence des millions de personnes qui vivent dans la pauvreté dans son espace. Pour y parvenir,  elle doit faire de l’Afrique de l’ouest un pôle de stabilité sans lequel les investissements risquent de lui tourner le dos. Elle doit éliminer les sources d’instabilité résultant notamment de la manipulation des constitutions par les pouvoirs en place en tirant les leçons de la triste fin de pouvoir de Blaise Compaoré au Burkina Fasso et lutter contre le fondamentalisme religieux afin d’éviter à d’autres membres le précédent Malien. Aussi, la Cedeao doit élaborer ses propres lignes directrices en ce qui concerne l’entrée en son sein d’États tiers en s’assurant que ces entrées n’auront pas pour conséquences de la priver du rêve de ses pères fondateurs, qui est de créer une zone de prospérité et de stabilité dans la sous-région. La Cedeao doit également renforcer l’intégration en éliminant entre autres les barrières tarifaires et non tarifaires qui font échec à la libre circulation des personnes et des biens. Enfin elle doit créer un espace d’intégration de la société civile dans ses activités pour en faire d’elle une véritable organisation au service des peuples.

  • CONDÉ ABOU

    Cher Monsieur Youssou Sylla, salut. C’est une analyse bien structurée et bien construite, mais à laquelle je ne crois pas du tout.

    Sauf à ne pas du tout regarder en face, la réalité de la geostratégie internationale et du rapport des forces en présence autour de cette question de l’ouverture de la CEDEAO aux pays tiers, je ne peux comprendre le risque d’implosion que prend la CEDEAO autour de cette question de l’ouverture au Maroc et à Israel et que vous venez de présenter dans votre papier.

    Je comprends vos soucis, mais en même temps, je vous remercie de regarder très bien les arguments politiques, sécuritaires et économiques qui expliquent pour quoi, l’arrivée du Maroc et d’Israel devant les portes de la CEDEAO est plutôt une excellente nouvelle pour la Sous région et pour le continent.

    (1) Prenons un cas d’école, celui de la BAD, autrement dit le cas d’une Banque de développement comme la Banque Africaine de Développement (BAD). C’était les mêmes risques d’implosion qui avaient été invoquées en 1982 même dans certains grands cercles du pouvoir en Afrique, lorsqu’il avait été question d’ouvrir le capital de la BAD aux Etats membres non régionaux. C’était un pari risqué sur l’avenir de l’institution créée en 1963 par l’OUA à Khartoum au Soudan.

    Pourtant, les pays actionnaires de la Banque sont aujourd’hui, au nombre de 80 Etats dont 54 pays Africains appelés pays membres régionaux (PMR) et 26 pays non Africains appelés pays membres non régionaux (PMNR), essentiellement des pays d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

    Au départ, et au plan juridique, seuls les Etats africains indépendants pouvaient devenir membres de la BAD. Cependant, face à la demande croissante en investissements des pays africains et en raison de la limitation des ressources financières dont dispose la BAD, le statut de membre a été ouvert aux pays non régionaux.

    Cette ouverture, en 1982, a procuré des moyens de financement additionnels permettant à la BAD de contribuer au développement économique et social des PMR, en accordant des prêts à des conditions favorables. Elle lui a également apporté l’expertise des nouveaux pays membres et une crédibilité supplémentaire vis-à-vis de ses partenaires et des marchés.

    La Banque jouit aujourd’hui de la cote AAA attribuée par les plus prestigieuses agences de notation internationale et le Groupe de la BAD garde un caractère africain affirmé, lié à ses origines géographiques et à sa structure. Ainsi, le continent africain représente son seul champ d’intervention et son Président est toujours un Africain.

    Ce qui importe définitivement, pour la CEDEAO, c’est toujours plus d’investissements extérieurs pour créer de la richesse au sein de son espace communautaire, plus d’ouverture économique et politique. Et c’est pourquoi la CEDEAO est créditée actuellement de la plus grande confiance des institutions internationales de par le monde par rapport aux 4 autres Institutions régionales réunies en Afrique (Afrique de l’Est, Afrique Centrale, Afrique Australe et Afrique du Nord).

    (2)La question Palestinienne qui devient un chiffon rouge agité par certains milieux fondamentalistes musulmans et une partie de l’élite de la Sous région, est un non sens au propre comme au figuré pour le continent Africain. Pourquoi ?

    En Palestine, l’ennemi d’Israel, comme celui de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte pays membre fondateur de l’Union Africaine, est le même. Ce n’est pas l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas, qui contrôle une bonne partie de la Cisjordanie et participe aux discussions de paix, mais le Hamas qui gère la Bande de Gaza avec l’appui de ses parrains de la Syrie, et de l’Iran essentiellement. Tout le monde le sait, et là-dessus il n’y a aucune confusion qui soit possible.

    L’ennemi No1 d’Israel et de l’Arabie Saoudite en Egypte, c’est bel et bien, la confrérie des Frères Musulmans et qui avait porté le Sunnite Mohamed Morsi au pouvoir, après la chute du Président Hosni Mubarak. Cette situation a-t-elle changé depuis la chute de Mohamed Morsi ?

    Non, pas du tout et vous voyez bien à quel point, l’Arabie Saoudite est inséparable du Général Al Sissi dans toute la politique Saoudienne au Moyen Orient et dans ses appuis aux engagements et interventions militaires au Yemen, en Syrie, et en Irak.

    (3)Comment peut-on démontrer qu’il n’existe pas de complicité tacite sur tous les plans entre Israel et l’Arabie Saoudite et ses principaux alliés du Conseil de Coopération du Golfe (Emirats Arabes Unis, Bahrein, Oman et Koweit, en y excluant le Qatar) ?

    Quelle Administration Américaine y compris l’actuelle Administration de Mr. Donald Trump, est capable de vendre au Moyen Orient pour même 10 Milliards de Dollars US de contrat d’armement et de technologie militaire à un pays Arabe, sans un accord préalable d’Israel ?

    Je serai le dernier à y croire, connaissant parfaitement la sensibilité des liens historiques d’une part entre les USA et Israel depuis 1948, et d’autre part entre les USA et l’Arabie Saoudite depuis l’Accord stratégique de Février 1945 passé entre le Président Franklin Roosevelt et le Roi Saoud d’Arabie Saoudite et qui garantit pour 60 ans, le parapluie militaire des USA en faveur de ce Royaume très pauvre au départ avant la découverte du pétrole par les Américains en 1938.

    C’était juste après le retour du Président Franklin Roosevelt de la Conférence de Yalta dont tout le monde connait les conclusions sur l’avenir du monde, avant la victoire en 1945 sur le Nazisme et le Fascisme.

    Israel a fait beaucoup de progrès dans ses relations diplomatiques et économiques au cours de ces dernières années avec la plupart des 15 pays Membres de la CEDEAO. Contrairement à l’Union Africaine, où toutes les initiatives du Gouvernement Israélien seraient quasiment bloquées par l’Algérie, en raison de la question Palestinienne.

    Or, une étude publiée par le Centre de Recherches de la Sécurité Nationale de Tel Aviv, affirme qu’en dépit de l’absence de relations diplomatiques entre les deux poids lourds du Proche Orient, l’Arabie Saoudite et Israel, les deux pays, ont beaucoup rapproché leurs agendas politiques et militaires: empêcher l’Iran d’obtenir la bombe atomique et de se transformer en une grande puissance régionale.

    Bien que l’Arabie Saoudite impose la condition d’une avancée notable dans les négociations Israélo-Palestiniennes, il reste un espace bien large entre l’absence de relations diplomatiques totales et une rupture totale, un espace qui leur donne l’occasion de travailler main dans la main loin de tout regard indiscret.

    C’est un grand fossé qui sépare aujourd’hui, le discours politique officiel destiné à la consommation des populations Arabes et les relations économiques de plus en plus fortes entre plusieurs pays Arabes et Israel.

    Puis, il y a les documents dévoilés par WikiLeaks, qui confirment un dialogue secret et perpétuel entre Tel Aviv et Riyad concernant le dossier Iranien. Ils confirment aussi que plusieurs entreprises Israéliennes travaillent pour les pays Arabes du Golfe: conseil sécuritaire, entraînement de forces spéciales, fourniture de systèmes technologiques de très haut niveau. Des rencontres secrètes entre des responsables des deux parties se poursuivent.

    Les pays Arabes du Golfe, l’Arabie Saoudite en tête, savent très bien le poids d’Israël aux Etats-Unis. C’est pour cette raison qu’ils croient devoir garder certaines relations avec Tel- Aviv.

    L’étude du Centre de Recherche Israélien, souligne que selon la vision Saoudienne et celle des autres pays du Golfe, ils ne peuvent pas afficher leurs relations avec « Israël » en public. Cela serait mauvais pour eux et pour « Israël ».

    Eux ne veulent pas du tout froisser l’opinion publique Arabe qui refuse toute normalisation avec l’Etat Hébreu. En même temps, Israël préfère garder ses relations en secret avec des monarchies qui ne respectent aucunement les droits de l’homme.

    Comment voulez-vous dans ces conditions que le Roi Mohamed VI du Maroc, vienne au sommet de la CEDEAO qui recevait sur fond de discorde interne et pour la première fois le Chef du Gouvernement Israélien, Mr. Benjamin Netanyahu ?
    Diplomatiquement et politiquement parlant, au regard de l’opinion publique Arabe, le Souverain Marocain a très bien fait de ne pas venir en moment précis à Monrovia.

    (3)La question de la Sécurité régionale au sein de la CEDEAO et celle de la lutte contre le terrorisme et le fondamentalisme réligieux

    Y-a-t-il aujourd’hui au monde un Etat ou un pays qui connaisse mieux ce sujet qu’Israel après plus de 57 ans de lutte contre les risques de sa propre disparition de la carte du monde, entouré de pays hostiles sur tous les plans ?

    Personne aujourd’hui ne pourrait contester la capacité des Services de renseignement et d’espionnage de l’Etat Hébreu dans la lutte contre le terrorisme international. Et c’est pourquoi, la CEDEAO plus que n’importe autre organisation en Afrique a plus que besoin de la coopération militaire et sécuritaire avec Israel.

    C’est simplement une question de bon sens sans compter les autres domaines de la coopération économqiue et scientifique et le sources de financement qu’Israel est capable de lever partout sur les places financières ou auprès de Gouvernements amis pour favoriser l’émergence du continent Africain.

    Rien que pour sauver la paix entre l’Egypte et Israel, depuis les Accords de Camp David, en 1979, combien l’Egypte reçoit-elle au titre de l’aide financière du Gouvermenet Americain chaque année ? Ce n’est pas moins de 3 Milliards de Dollars US par an, et de cela personne dans la Ummah Islamique ne trouve à redire.

    Pourquoi, voulez-vous que la CEDEAO ne s’ouvre pas à la coopération active et multidimensionnelle avec Israel et en fonction de nos intérèts ? Israel a immensément de capacités militaires et policières pour aider la CEDEAO actuellement en proie à l’expansion du terrorisme au Mali, au Nigeria, au Niger, au Burkina Faso, et ailleurs en dehors de sa Sous région, au Cameroun, en Somalie, etc…

    Je ne vois pas, une décision plus intelligente de la part des dirigeants de la CEDEAO, dans la situation actuelle où le terrorisme international est en train de s’installer dangereusement même dans les pays développés traditionnellement moins exposés à ce fléau mondial comme le Royaume Uni et de plus en plus, même la France.

    Merci pour l’analyse et bonne soirée de Ramadan chez vous, Cher Monsieur Sylla Youssouf.

  • Nass Nass

    A moins d’être aveugle et donc de manquer de discernement, les soudains et si concomitants, pour ne pas dire suspects « désirs » du Maroc et d’Israël d’adhérer à la CEDEAO, ne participe que d’une même démarche hégémonique et néocoloniale, ces deux alliés si intimes, ne constituant – ouvrez les yeux – que les « chevaux de Troie » de l’Occident…(France, Angleterre et USA…). Faire entrer ces loups dans la bergerie CEDEAO sonnera la fin de cette organisation et le début de nouveaux chaos dans son espace géographique…Je veux croire les dirigeants de la CEDEAO assez intelligents pour y faire échec. Il en va de leur avenir, voire de leur vie et de celle de leurs populations.