dimanche, 26 mars 2017, 05:24 GMT

Le député uninominal de Gaoual, Ousmane Diallo, a eu des discussions houleuses avec son collègue de la mouvance présidentielle, l’honorable Amadou Damaro Camara. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Ousmane Gaoual Diallo revient sur ces altercations, l’accord politique du 12 octobre notamment le cas de la CENI.

 

Guinéenenews : lors des travaux en inter commissions, vous avez eu des altercations avec l'honorable Damaro. Qu'est-ce qui s'est réellement passé?

 

Ousmane Gaoual Diallo : L’Assemblée nationale est souvent le théâtre d'altercations entre les députés de la majorité et ceux de l'opposition, à l'image de la séance houleuse qui s'est tenue entre nous dans le cadre de l'examen du code électoral dans la commission des lois. 

Tout le monde connaît son caractère méprisant mais je ne suis pas du genre à encaisser dans le silence. Je réponds avec les mêmes éléments que l'adversaire.  A l'Ufdg, nous essayons de protéger les lois guinéennes pour faire en sorte que la démocratie soit préservée au moins dans les textes même si nous sommes conscients que la gouvernance actuelle n'en fait pas une priorité. 

Enfin sachez que je ne serais pas le dernier à avoir une altercation avec le président du groupe RPG Arc-en-ciel aussi longtemps qu'il sera aussi expansif, orgueilleux et dédaigneux. 

 

Guinéenews : l'Assemblée nationale s'apprête à voter certaines dispositions du code électoral. D'abord ce texte pourra-t-il passer, d'autant que plusieurs députés sont opposés comme c'est le cas de Alpha Ibrahima Silla Bah?

 

Ousmane Gaoual Diallo : Il y a toujours la possibilité de voir un projet ou une proposition rejetée à l'Assemblée. Que des partis estiment au regard de leurs intérêts que le texte n'est pas favorable et votent contre, est normal. Mais nous estimons que c'est un bon compromis qui préserve la démocratie dans notre pays.  Et si d’aventure, la mouvance ne votait pas ce code, c'est le gouvernement et le chef de l’Etat qui se feront désavouer. Et ce serait une indication salutaire d'une fin de règne. 

De toute façon, nous disposons d'une loi électorale qui permet d'aller à la compétition électorale pour peu que le gouvernement ait une bonne volonté. 

Enfin, il faut noter également le manque de sincérité de la mouvance qui ne s'attendait pas du tout à ce que l'opposition accepte sa proposition au dialogue. Aujourd'hui encore, certains de la mouvance ne cherchent que des arguments pour bloquer le processus sans endosser la responsabilité devant les Guinéens. 

 

Guinéenews : le gouvernement a retiré le premier projet de ce code électoral sous prétexte que c'est une version erronée qui est arrivée à l'Assemblée. La bonne version y est-elle arrivée enfin?

 

Ousmane Gaoual Diallo : les esprits malicieux avaient éliminé du projet gouvernemental, des éléments de l'accord politique mais nous veillions et cela a permis d'alerter rapidement. Mais, ils ne désarment pas et ils ne cherchent qu'à bloquer ce pays. 

 

Guinéenews : avez-vous cherché à savoir qui est à la manœuvre derrière tout cela ?

Ousmane Gaoual Diallo : les têtes de pont sont jusqu'ici dans le parlement et ils ne sont pas les moindres. Il faut le dire, la mouvance n'est pas favorable à une sortie de crise. Elle ne cherche que des répits pour reprendre des forces, les industriels des crises et autres pyromanes sont encore puissants. 

Guinéenews : avez-vous l'espoir que l'accord du 12 octobre sera appliqué dans son entièreté ?

 

Ousmane Gaoual Diallo : je suis de plus en plus dubitatif devant le comportement hostile dont font preuve certains caciques du RPG Arc-en-ciel. Jamais une discussion sur un texte n'a été si houleuse dans ce parlement mais s'il doit être voté il tiendra compte exclusivement de l'accord politique. 

 

Guinéenews : la CENI ne participe pas aux travaux du comité de suivi de cet accord. Pourquoi, selon vous, cette institution refuse-t-elle de se conformer à l'accord politique ?

 

Ousmane Gaoual Diallo : bien que la CENI soit la véritable instigatrice des crises politiques dans ce pays… C'est dans la faiblesse de l'Etat et la connivence avec le pouvoir dans l'organisation des fraudes qu'elle trouve sa force.  Depuis le lendemain de la signature de l'accord, elle a largement contribué dans la presse à reprendre l'idée que ce texte serait en contradiction avec la Constitution. 

 

Guinéenews : que pensez-vous de la proposition avancée par le président du groupe parlementaire du RPG Arc-en-ciel ?

 

Ousmane Gaoual Diallo : non seulement elle ne respecte pas la procédure de dépôt parlementaire notamment son article 77. Mais aussi elle constituerait un recul considérable de la démocratie en construction dans notre pays.  La mouvance n'a qu'une obsession, c’est celle d’éliminer les petits partis et les candidatures indépendantes dans le paysage politique de notre pays. 

C'est ainsi qu'elle propose une double condition (caution et signatures) aux candidats indépendants. Ce sont là des nouveaux points de blocage qui remet en cause l'engagement de l'Ufdg sur les conclusions du dialogue politique. Le gouvernement doit organiser les élections locales rapidement pour sortir notre pays de la paralysie institutionnelle.

 

Entretien réalisé par Alhassane Bah

Alhassane Bah