Occupations des domaines réservés: catastrophé par ses constats à Dubréka, le ministre Kourouma menace de faire tomber des têtes

09 septembre 2017 14:14:02
0

Le ministre de l’Aménagement de la Ville et du Territoire a effectué une visite de terrain qui l’a conduit jusqu’au pied du mont Kakoulima, à Dubréka.

Cette sortie du nouveau ministre de l’Aménagement de la Ville et du Territoire, a pour objectif d’agir au plus vite pour stopper l’occupation anarchique de ces domaines classés de l’Etat. Il était accompagné par des cadres de son département, ceux de l’Environnement et le Haut Commandement de la gendarmerie nationale, le général Ibrahima Baldé, a-t-on constaté sur place Guinéenews.org.

L’occupation anarchique prend de l’ampleur en Guinée. Tous les domaines de l’Etat sont bradés et occupés par des particuliers. C’est l’exemple des flancs du mont Kakoulima, dans la préfecture de Dubréka.

Après un tour de quelques grands sites aujourd’hui menacés comme ceux abritant les forêts de Dixinn dont la superficie est estimé à 3600 hectares, de Hesséken qui a une superficie de 60 hectares ainsi que de Bondabo avec ses 20 hectares, le ministre Ibrahima Kourouma a exprimé toute son indignation à face à cette agression.

«Le constat est amer… Il y a encore des sites de l’Etat qui sont agressés par la population. C’est le non seulement le cas à la décharge à Dar-es-Salam idem qu’à la décharge de Kagbelen. Ce nouveau site réservé pour les décharges, est aussi occupé à son tour par la population. Plus loin, il y a le long des flancs du mont Kakoulima, la zone forestière réservée à Dubréka, tous ces sites réservés de l’Etat, sont en proie à une occupation anarchique des populations. Plus grave, on constate que ces zones font mêmes actuellement l’objet de lotissements. Ce qui est une situation extrêmement grave. Parce qu’on ne peut pas comprendre aujourd’hui que des zones foncières réservées sont encore agressées par des citoyens. Chacun fait ce qu’il veut, les autorités viennent faire des lotissements, des attributions… Si nous ne prenons pas nos responsabilités à cette allure, on va être dans une situation où l’Etat n’aura plus en son nom des domaines fonciers », a alerté le Chef du département  en charge de l’Aménagement de la Ville et du Territoire.

Sur ces sites, l’on constate des bornes, des soubassements, des bâtiments qui laissent la trace d’un aménagement par les services de l’Etat. Par endroits, des occupants brandissent même des papiers administratifs qui les autorisent à occuper le domaine. C’est le cas à Bondabon où un espace de 20 hectares serait provisoirement octroyé à l’aviation militaire.  Pourtant, le Directeur préfectoral de l’habitat de la ville de Dubréka, Sory Condé nie en partie toute implication de ses services dans ces lotissements qu’il qualifie de ‘’clandestins’’.

«Au niveau du premier et deuxième site, c’est-à-dire à Simbaya et Hésseken dans Khorira, c’est des topographes clandestins qui sont venus pour faire le lotissement, mais ils ont été arrêtés et conduit directement à la justice. Il y a aussi un opérateur économique qui a fait des démarches pour obtenir des papiers pour un domaine à Simbaya. Finalement, il n’a pas eu gain de cause. C’est seulement à Bondabon que nos services sont impliqués dans le lotissement », avoue Sory Condé.

Des dispositions vont être prises et des têtes vont tomber, menace le ministre de l’Aménagement de la Ville et du Territoire.  Pour Dr Ibrahima Kourouma, il n’est pas question de laisser cette anarchie continuer.

«La première des choses que nous allons faire, c’est la délimitation. On va faire des marquages et nous allons travailler à ce que, le plus rapidement possible, ces zones soient immatriculées. Nous allons tout faire pour que ces espaces soient libérés et sécurisés. Et tous ceux qui estiment qu’ils ont des papiers, ils vont naturellement nous les présenter et puis les personnes concernées vont répondre. Non seulement il y aura des sanctions administratives, mais au-delà, s’il y a des personnes qui disent avoir des papiers délivrés par certains responsables, ces responsables vont répondre avec eux », a-t-il prévenu.

Après sécurisation et délimitation du site, un projet de reboisement va être fait  dans le cadre de la protection et de la régénération de cette forêt classée, a annoncé Secrétaire général du ministère de l’Environnement.

« Une fois que la délimitation est trouvée et que toutes les dispositions sont prises pour protéger la bande forestière, nous allons prendre des dispositions pour faire reboiser les zones dégradées avec des essences à croissance rapide », a fait svaoir Seydou Bari Sidibé.

De son côté, Younoussa Sylla, connu sous le nom de ‘’le Bon’’ et  préfet de Dubréka, a invité les occupants  à arrêter toute activité sur ces domaines en attendant la fin des travaux des services techniques du ministère de  l’Aménagement de la Ville et du Territoire.

 Après Dubréka, la délégation ministérielle compte poser se rendre à Coyah en vue de s’enquérir de la situation d’urbanisation de cette autre localité.