jeudi, 23 mars 2017, 06:15 GMT

La ville de N’Zérékoré est actuellement confrontée à une pénurie de carburant dans les stations-service, a constaté votre quotidien électronique Guinéenews à travers sa rédaction régionale.

 

Aujourd’hui, se procurer de l’or noir est un véritable casse-tête pour la population de cette localité du sud du pays. Les plus touchés par cette crise sont les propriétaires d’engin roulant et notamment les conducteurs de taxi-moto. Une situation qui tombe aujourd’hui comme une manne pour les spéculateurs.

Sur le marché noir, un litre d’essence se négocie entre 12 et 16 mille francs guinéens alors que dans les stations, certains détenteurs d’engins roulants nous ont confiés qu’ils ne sont pas les bienvenus. Selon eux, certains pompistes leur demanderaient 5000 francs supplémentaires pour être servi.

 « Les pompistes ne servent pas les motards. Quand tu veux être servi à la station, il faut ajouter 5000 francs guinéens sur le prix officiel. Vraiment cela nous fatigue. On demande aux pompistes de servir correctement les gens », a déploré Mory Kolié, conducteur de taxi-moto.

Une situation qui amène justement les conducteurs de taxi-moto à augmenter le prix du transport. Un tronçon qui coûtait 2000 GNF est aujourd’hui à 4 mille voire 5 mille francs guinéens. Interrogés, les conducteurs de taxi-moto affirment que ce rajustement est obligatoire pour eux s’ils veulent réaliser un peu de bénéfices.

 « Les gens prennent de l’essence à la pompe et il viennent revendre à prix d’or. Il y a certains qui vendent à 16 000 et d’autres, à 15 000 FG. Dans ce cas, on est contraint d’augmenter le prix du transport. Quand on prend  l’essence à ce prix, et vu qu’on est obligé de faire une recette de 50 000FG,  l’augmentation du prix du transport devient automatique… », explique  Théophile Lamah, conducteur de taxi-moto

Du côté des autorités, on ne veut pas entendre parler de crise. Au micro de Guinéenews, le directeur préfectoral du commerce, Oua Dopavogui a indiqué que ce manque de carburant dans les stations est dû à un certain nombre de facteurs notamment l’état de la route qui retarderait les citernes. « Ensuite avant, les propriétaires de stations prenaient le carburant à crédit. C’est quand ils finissaient de revendre qu’ils payaient. Mais maintenant, ce n’est plus le cas. Si tu as besoin de 1000 litres,  tu payes l’argent à la banque et on te donne le reçu. Ce circuit peu durer deux jours. Le troisième point c’est au niveau des pompistes. Quand les gérants ne sont pas là, les pompistes profitent des occasions », ajoute M. Dopavogui.

Il faut rappeler qu’au cours d’une rencontre vendredi avec les gérants de stations, le préfet Aboubacar M’bopp Camara a encore  interdit la vente du carburant sur le marché noir. Une mesure comme d’habitude, ne semble pas être respectée.

Facely Konaté

Facely Konaté

Correspondant à N'zérékoré, Guinée Forestière.

Facely Konaté