mercredi, 18 janvier 2017, 13:57 GMT

Une réunion de réflexion sur les mutilations génitales féminines /excision, la pérennisation des mesures d’hygiène et la fréquentation des structure sanitaire  s’est tenue ce lundi 31 octobre dans la salle de conférence de la préfecture de N’Zérékoré.

 

Une initiative de l’ONG ‘’Alliance pour la promotion de la gouvernance des initiatives locales’’ (AGIL) en collaboration avec la direction régionale de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance grâce au financement de l’UNICEF.

Cette rencontre a regroupé 77 participants (les cadres des directions préfectorales de l’action sociale, de la protection féminine et de l’enfance, les leaders religieux, les ONG impliquées dans la lutte contre les mutilations génitales féminines et les représentants des médias) venus des six préfectures de la région administrative de N’Zérékoré.

L’objectif était de réfléchir sur les stratégies à adopter pour mettre fin à l’excision, mais aussi d’encourager les populations à appliquer les mesures d’hygiène et à fréquenter les structures sanitaires.   

« Cette rencontre a pour objectif principal, de mener des activités de mobilisation sociale et d’engagement communautaire dans le cadre de la prévention des maladies à potentiel épidémiologiques  et également promouvoir les droits de l’enfant. Ensuite solliciter l’appui des leaders communautaires et les religieux dans le cadre de la lutte contre les mutilations génitales  de façon particulière. En résumé, cette présente réunion a pour but de solliciter et renforcer l’appui des autorités mais également des leaders religieux qui sont très écoutés dans leurs communautés », dira Amadou Camara, Responsable C4D au bureau de l’ONG AGIL en Guinée Forestière.

Malgré les efforts consentis par le gouvernement guinéen et ses partenaires, les résultats obtenus dans la lutte contre l’excision sont encore en dessous des attentes. Selon, Amadou Sidy Diallo, Directeur Régional de l’action Sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, un récent rapport des Nations Unies indique que 97% des femmes guinéennes sont excisées. « Un nouveau rapport des Nations-Unies publié le 25 Avril 2016 indique qu’en Guinée, en dépit de leur interdiction par le droit national et international, les mutilations génitales ne montre aucun signe  d’essoufflement, Où 77% des femmes et filles âgées de 15 à 49 ans ont subit les MGF. La guinée est le deuxième pays le plus touché dans le monde après la Somalie avec des taux beaucoup plus élevés que certains de ces voisins immédiats comme  le Sénégal où on enregistre que 25%, la Côte d’Ivoire 38% et le Libéria 50% » a-t-il indiqué. Poursuivant, il dira que dans la plupart des pays où les MGF/E sont pratiquées, la majeure partie des femmes et filles sont favorables à leur abolition. Mais qu’en Guinée, le nombre de femmes et filles soutenant cette pratique est en augmentation.

Pour sa part, le gouverneur de la région administrative de N’Zérékoré, Lancéï Condé s’est réjoui de l’initiative de l’ONG AGIL  avant d’indiquer que la mutilation génitales féminines constituent de graves violations de droits de l’homme. Car dira t-il nul n’a le droit d’atteindre à l’intégrité physique d’une personne.

Mettant l’occasion  à profit, le premier magistrat de la région a rendu public la déclaration d’abandon de l’excision dans la région administrative de N’Zérékoré au nom de toutes les autorités régionales, préfectorales et sous préfectorales y compris la société civile et les populations à la base.

Au cours de cette rencontre des propositions ont été faites par les différents acteurs notamment les religieux et les autorités de la région administrative de N’Zérékoré  pour mettre fin aux MGF/E mais également pour que les populations continuent à appliquer les règles d’hygiène et à fréquenter les structures sanitaires.

 

Facely Konaté

Correspondant à N'zérékoré, Guinée Forestière.

Facely Konaté