Musellement de la presse privée : Sidya Touré tient au respect de la pluralité d’opinions

29 novembre 2017 10:10:18
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La mise en exécution de la menace du Président de la République de fermer toute radio qui diffuserait un communiqué du syndicaliste Aboubacar Soumah, le meneur de la grève des enseignants, à travers la suspension des activités d’une radio à Labé, suivie d’autres actes qui, apparemment, visent à faire taire la presse privée, suscite actuellement des réactions de la part des acteurs sociopolitiques du pays.

 

Interrogé par votre quotidien en ligne, l’ancien Premier Sidya Touré, Haut représentant du chef de l’Etat et président de l’Union des Forces Républicaines, tient au respect de la pluralité d’opinion en Guinée. Lisez :

 

« Je crois qu’il faut reconnaitre que la presse est pratiquement un quatrième pouvoir dans un pays. Nous qui avons été dans l’opposition depuis 17 ans, nous savons quel rôle la presse a joué pour que nous puissions faire prévaloir nos points de vue. C’est le rôle de la presse d’écouter l’opposition, mais d’écouter aussi le pouvoir en place, de rapporter ce que le pouvoir en place a, à dire, mais d’écouter aussi les voix dissidentes. La démocratie se nourrie de cette contradiction qui nous permet de trouver un moyen terme dans lequel l’état du pays peut fonctionner. Je ne m’inscris pas dans cette logique. Nous avons une législation qui est très claire en la matière. Il se trouve que depuis 2010, nous avons une institution qui est la HAC, qui est chargée de régir ce genre de problème. Je crois qu’il faut laisser à chacun son rôle. Il n’appartient pas au gouvernement, au président de la République, à l’administration de fermer les radios. Tout cela est parfaitement du rôle de la HAC. Et dans ces conditions légales que nous connaissons tous. Donc j’estime qu’il faut arrêter tout cela.

Et revenir à des choses beaucoup plus, à mon sens, acceptables pour nous tous, respecter la démocratie pour laquelle nous nous sommes battus, respecter la pluralité d’opinion pour laquelle nous nous sommes battus. Et c’est en 2005 que nous avons obtenu l’ouverture des radios privées dans ce pays après, mais ça été moult lutte. Donc j’estime qu’aujourd’hui, nous ne pouvons pas bafouer cela. C’est cela mon point de vue ».

 

En réplique à la menace du président de la République, les patrons des radios privées ont organisé une émission synchronisée sur la liberté de la presse dans la matinée du mardi 28 novembre. La journée de ce mercredi 29 novembre devrait également être déclarée journée sans radio.