Mosquée Fayçal : Koutoubou Sanoh trouve les raisons du blocage de la rénovation de l’édifice

16 juillet 2017 0:00:40
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Deux jours après la conférence de presse d’El hadj Mamadou Saliou Camara dénonçant le blocage de la rénovation de la mosquée Fayçal, Koutoubou Moustapha Sanoh est monté au créneau pour démentir certains propos des autorités religieuses. C’était lors d’une conférence de presse qu’il a organisée le samedi 15 juillet à Conakry.

A l’entame de son intervention, l’ancien ministre de la Coopération internationale a démenti les propos des imams selon lesquels ce sont eux qui ont écrit au Royaume d’Arabie saoudite pour la rénovation de la mosquée Fayçal. Selon Koutoubou Sanoh, c’est à lui que le prince Abdel Aziz a annoncé l’octroi de 5 millions de dollars permettant non seulement pour rénover la mosquée, mais aussi pour construire deux immeubles. « En 2013, alors ministre de la Coopération internationale, nous avons invité le Prince Abdel Aziz Ben Abdallah, le fils du défunt Roi d’Arabie Saoudite et c’était la première fois qu’il arrive en Guinée. Il était venu pour une visite officielle pour un entretien sur d’autres dossiers. Mais le Premier ministre d’alors, El hadj Mohamed Saïd Fofana m’a dit pourquoi ne pas faire une visite surprise à la mosquée Fayçal ? C’est ainsi que nous y sommes allés avec le Prince. Je précise que nul n’avait été associé à cette visite surprise. Arrivé sur les lieux, j’ai amené le prince juste là où ça coulait au niveau de la mosquée. A la sortie, le Prince m’a dit que l’Arabie Saoudite va nous donner cinq millions de dollars qui seront utilisés pour la rénovation et la construction de deux immeubles pour avoir des recettes pour l’entretien de la mosquée. J’ai entendu dire que les autorités religieuses ont écrit au Prince, c’est faux. Elles ne connaissent même pas le prince, le prince c’est un ami », précise-t-il.

Lors d’une conférence de presse qu’il a animée jeudi 13 juillet dans son bureau, El hadj Mamadou Saliou Camara, le grand imam de la mosquée, avait rappelé que des études avaient été faites en vue de la rénovation de Fayçal. Selon le ministre conseiller à la présidence, la sélection du bureau d’études n’avait pas été transparente. « J’ai été informé qu’un bureau d’études a été sélectionné sur une base opaque pour un cahier de charges à l’endroit des autorités saoudiennes afin qu’elles puissent concrétiser cette promesse de financement. On dit qu’ils ont fait un appel d’offres restreint. Pour un financement de 5 millions de dollars pourquoi restreindre l’appel d’offre ? Si ce n’est pas de la corruption pure et simple, ça devrait être un appel d’offres ouvert permettant même aux entreprises étrangères de soumissionner […]. En 2016, j’ai fait plus de trois à quatre voyages à cause de cette mosquée Fayçal en Arabie Saoudite sur instruction du président de la République. Il ressort de toutes ces démarches effectuées que c’est la corruption et la cupidité qui sont à la base du retard du financement. L’enveloppe annoncée par les Saoudiens est de 5 millions de dollars pour la rénovation et la construction de deux immeubles. A notre surprise, à Ryad, on nous annonce qu’il y a une requête guinéenne de 7 à 8 millions de dollars pour la mosquée Fayçal. Quelle cupidité ! Un partenaire vous promet une enveloppe de 5 millions pour la rénovation de la mosquée et la construction de deux immeubles, vous envoyez au même partenaire un devis de 8 millions seulement pour la rénovation. S’il y a retard dans ce projet de rénovation de la mosquée, il est dû à cela », insiste-t-il.

L’ancien ministre de la Coopération internationale accuse les autorités religieuses d’avoir été manipulées. « Avec tout le respect que je dois aux autorités religieuses, elles n’ont aucune notion de base dans la gestion. Elles ne connaissent pas comment les choses marchent. Elles sont purement et simplement manipulées », a affirmé M. Sanoh.

Ce qui, di-t-il, n’est pas son cas. « Moi, je suis un religieux en même temps un gestionnaire. J’ai eu la chance de faire les deux et je sais pertinemment la différence entre une promesse de financement et le financement. Gérer les prières et tenir les sermons ne sont pas synonymes de gestion. », a-t-il pesté.

A en croire Koutoubou Moustapha Sanoh, le retard de la rénovation de la grande mosquée Fayçal est dû à la corruption. « Je dirais donc qu’il n’y a pas de blocage dans cette affaire mais plutôt un retard qui est justifié par la corruption et la cupidité de certains Guinéens. Je ne dirai pas aux autorités religieuses de rester dans leur coin mais elles doivent éviter de polémiquer sur des choses dont elles n’ont pas la maîtrise. Ceux qui sont derrière ces religieux n’ont qu’à sortir publiquement pour dire ce qu’ils ont comme information. J’ai beaucoup d’estime et de respect pour le grand imam », a déclaré Koutoubou.

Plus loin, il accuse El hadj Mamadou Saliou Camara d’avoir chassé une entreprise marocaine venue faire les travaux de rénovation. « C’est le roi Mohamed VI qui avait fait venir cette entreprise que le grand imam a chassée. Cela a même failli de peu provoquer un incident diplomatique. Je n’en savais rien. Je ne me suis mêlé que lorsque cela a failli de peu créer un incident diplomatique entre la Guinée et le Maroc. L’ambassadeur m’avait appelé à l’époque pour m’en parler », martèle-t-il.

En attendant que cette affaire ne soit tirée au clair, la mosquée Fayçal coule et ne peut plus recevoir assez de fidèles musulmans pour les 5 prières journalières.

  • Bouba

    Quand on voit un imam laissant ses fidèles pour aller fêter Laid à la présidence, on peut se questionner sur l’intérêt qu’il porte à cette mosquée. On se souvient tous qu’au temps de Conté, ce dernier allait à Fayçal pour effectuer la prière du Vendredi. Je ne comprends pas ce que font les autorités religieuses de tous les dons que font les fidèles à la mosquée. C’est comme si on t’offrait une voiture et que tu demande aussi qu’on fasse l’entretien à ta place. Ayez un peu de dignité !

  • NIK

    Qui peut dire que le président et le grand imam ils ne sont pas au-courant .
    ont subit une mauvaise gouvernance