Mort de Liu Xiaobo : Qui est responsable de ce qui est arrivé à l’activiste des droits de l’homme chinois ?

15 juillet 2017 10:10:11
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Dommage que les Occidentaux continuent de croire dur comme pierre que la raison qui est la leur est toujours la meilleure pour faire accroire à ceux qui vivent sous d’autres cieux de ruer dans les brancards, à leur détriment. Malgré la mondialisation, le monde reste plus que jamais divisé entre l’Orient et l’Occident sur la démocratie et les droits de l’homme. Et sur la question, il y a deux poids deux mesures, puisque la pression mise sur la Russie, sur la Chine et sur leurs satellites n’est pas la même que celle mise sur les monarchies du Golfe. La raison est simple, le pétrole et le pétrodollars sont des muselières efficaces, mais avec la transition énergétique et la domination économique en cours, les tendances vont essayer de s’inverser ou de s’équilibrer. Crédit photo : Le Monde.

Les Orientaux ont toujours considéré les prix Nobel comme subversifs. En 1958, le Russe Boris Pasternak fut obligé de renoncer au Prix Nobel de littératures pour son livre « Le docteur Givago », grand bien lui en fut de vivre jusqu’en 1960. Que se serait-il passé s’il avait accepté ?

Le Dalaï-Lama a pris le Prix Nobel de la Paix, mais cela avait servi à quoi, puisqu’il n’avait pas pu infléchir la politique intérieure chinoise, et même qu’il avait été « lâché » par les Occidentaux, qui s’étaient rendu massivement aux Jeux Olynpiques de Pékin, en 2008.

Depuis que la Chine, sur une accélération économique, est venue tutoyer les Etats-Unis et laissant sur place le Japon et la L’Allemagne, elle s’est vue pousser des libertés de ne plus recevoir les leçons des autres pays occidentaux sur les questions de droits de l’homme et des libertés démocratiques. Depuis la révolte de Tien Amen, Liu Xiaobo était dans le collimateur de Pékin, lui attribuer un prix Nobel, c’est le pousser dans la gueule du loup en toute connaissance de cause.

Une chose doit être claire : Les Chinois ont su résister à la poussée extraordinairement impétueuse du vent qui avait fait tomber le Mur de Berlin. L’URSS, dans les difficultés économiques du moment et la débandade militaire en Afghanistan, n’a pas pu résister et s’est émiettée. Après un moment d’étourdissement, elle s’est ressaisie et a regretté amèrement ce moment de faiblesse. Les pays qui ont voulu élever la voix, se sont rendu l’évidence, à leurs dépens. On pense à la Géorgie, à la Tchétchénie, à l’Ukraine, qui vient d’ailleurs de perdre la Crimée. On ne voit pas comment la Russie va revenir sur cette prise, en dépit des accords de Minsk ?

Le même problème se pose avec plus d’acuité pour la Chine, qui voit Hong-Kong ruer dans les brancards pour propager le mauvais exemple alors qu’elle a un autre objectif, celui de ramener Taiwan dans son giron tôt ou tard. Plier sous la pression du comité des Nobel est inacceptable, d’autant que les réactions des pays occidentaux est atone et aphone, peut-être qu’ls vont se faire plus audible comme le médecin après la mort. Plus il y aura clabaudage à ce sujet, plus il en cuira à la famille de Liu Xiaobo, qui va subir un lavage de cerveau et personne ne les entendra plus, comme le Dalaï-Lama.

Il faudrait apprendre à vivre comme ça et se mettre en tête que ce qui est bien et bon par ici ne l’est pas forcément de même par ailleurs. Dans un pays de plus d’un milliards d’âme, les libertés démocratiques comme en Occident, une seule grève ferait une marée humaine qui ferait tomber n’importe quel gouvernement pour une anarchie sans nom. Liu Xiaobo a voulu se mesurer à la montagne et ça n’a servi à rien.

On ne peut pas ne pas avoir un souhait : Miséricorde pour sa famille.