Ministère des Sports: impitoyable avec Bantama, le PEDN y dénonce la promotion des personnes sans ‘’compétence’’

13 octobre 2017 12:12:13
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La défaite cuisante infligée à l’équipe nationale guinéenne, le Syli Sénior par son homologue de la Tunisie continue de susciter une vague d’indignations au sein de l’opinion publique nationale. La dernière est celle du responsable de la communication du Parti de l’espoir pour le développement national (Pedn) de l’ancien Premier ministre.

Trainant jusque-là une déception inédite, François Bourouno semble tout de même maitriser le principe du football basé sur l’ascendance et la décadence.

« C’est vrai qu’en football, autant on doit s’attendre à des victoires, autant il faut aussi s’attendre à des défaites parfois. Mais, je crois que la dernière qu’on a enregistrée mérite beaucoup de réflexions sur la politique sportive du pays. On ne peut pas développer le sport en Guinée avec de l’improvisation et la médiocrité », a déclaré François Bourouno qui ne se limite point aux dénonciations, mais balise des pistes de solutions en vue d’inverser la tendance.

Contrairement à l’avis de maints observateurs qui crient à la destitution du sélectionneur ou encore à la refonte de la Fédération guinéenne de football, François Bourouno, pour sa part, soutient qu’il ne s’agit point d’une question de fédération, encore moins d’entraineur.

« Ce ne sont là que des questions complémentaires. Il faut une politique sportive qui soit bâtie en bonne et due forme. Il faut des infrastructures. Les questions principales liées aux sports en Guinée ont leur solution dans les tiroirs du gouvernement. C’est l’Etat qui doit définir une politique, doter toutes les disciplines de sport d’infrastructures, d’outils nécessaires  pour la qualification de nos équipes nationales. La Guinée est le seul pays de la sous-région sinon l’un des seuls pays du continent à ne pas avoir de centres de formation de football, basketball ou dans d’autres disciplines sportives », regrette Faya François.

« Donc, poursuit-il, c’est extrêmement important qu’on arrête ces agissements inutiles, qu’on réfléchisse autour de la question et que le gouvernement prenne toutes les dispositions en définissant une véritable politique, en réalisant des infrastructures, en réalisant des centres de formation, en mobilisant des formateurs qualifiés pour qu’à terme on puisse obtenir des équipes compétitives. Donc, c’est un sentiment de déception que nous exprimons par rapport à cette sortie ratée de notre équipe. Je crois qu’il n’est pas encore tard. C’est vrai qu’on a raté le Mondial, mais il y a d’autres compétitions. Il faut que les acteurs impliqués dans ce processus puissent se mobiliser pour que la Guinée soit honorée, parce qu’après tout c’est le Rouge-jaune-vert qui est affiché derrière ces compétitions ».

Se tenant droit dans ses bottes, notre interlocuteur dresse un regard critique sur le ministère en charge des Sports où il révèle ce qu’il qualifie de ‘’promotion’’ de la médiocrité entretenue par le pouvoir central.

« Voyez-vous au niveau du ministère des Sports ? On cherche à y promouvoir des personnes qui n’ont ni talent, ni élan, des incompétents. Or, on ne peut pas se développer avec la culture de la médiocrité. Ce n’est pas possible. Je parle du leadership de ceux qui gèrent la Culture et les Sports dans notre pays. Le problème qu’on a dans le domaine sportif, on en a de même dans le domaine culturel. C’est un échec total. Il faut qu’on arrête la propagande. Il faut que ces questions soient véritablement débattues. Il y a des pays aujourd’hui dont près de 50% des recettes proviennent de la Culture. Il y en a où les Sports contribuent énormément à la réalisation des infrastructures de développement. Le Brésil en est une parfaite illustration. Il y a certains pays européens où la contribution du secteur sportif est très importante notamment avec les sponsors. En somme, Bantama Sow est un incompétent », conclut-il.

 

  • CONDÉ ABOU

    Formidable analyse et chapeau pour la pertinence de l’analyse du Responsable du PEDN. C’est à croire que ce n’est pas la même personne que j’avais lue il y a quelques instants sur un tout autre chapitre politique.

    Je souscris à 100% aux conclusions de Mr. François Bourouno dans ce papier que je viens de parcourir à l’instant. Non seulement ce que vous dites du Brésil est absolument vrai, mais il y a tout près de nous, la Côte D’Ivoire et le Cameroun. Deux exemples complètement opposés.

    Pourquoi la Côte D’Ivoire avance au galop dans toutes les disciplines sportives y compris le Taekwondo, et le Basket ball au niveau des meilleurs du monde ? Parce que la politique sportive du Gouvernement Ivoirien fait beaucoup d’investissements pour doter le pays de Centres de formation de haute qualité et des infrastructures tellement solides.

    Par contre, en dépit de l’énorme potentiel humain dont le Cameroun s’est doté au cours des premières décennies de l’Indépendance nationale, ce pays est actuellement en train de tomber chaque jour un peu plus ? Pourquoi ? Parce que les investissements n’y sont plus ce qu’ils étaient. Et c’est dommage pour cette grande Nation sportive. La Guinée ne pourra faire aucun résultat dans la situation actuelle des infrastructures sportives et culturelles.

    Sincères félicitations Cher Monsieur François Bourouno pour l’analyse pertinente des facteurs objectifs qui expliquent clairement les échecs retentissants du sport et de la culture du pays.