lundi, 27 février 2017, 20:19 GMT

Depuis des siècles, l’exploitation artisanale de l’or connait un regain d’intérêt en Guinée. D’où l’initiative du gouvernement d’organiser la journée nationale de l’orpaillage à Kankan. Objectif recherché, réorganiser un secteur, anarchiquement régi.  

 

Au-delà de leur volonté manifeste, les autorités sont vivement appelées à s’investir pour atteindre le contenu de la feuille de route fixé. C’est dans ce cadre que la journée des orpailleurs a été organisée après une série de rencontres. Derrière les discours, le gouvernement entendait entreprendre une réforme du secteur de l’exploitation artisanale de l’or. Mais comment apporter du renouveau à ce secteur ?

 

Dans son exposé, le ministre des Mines Abdoulaye Magassouba, a été clair. « Le modèle d’exploitation retenu est celle basée sur l’exploitation de parcelles attribuées à des acteurs recensés. En plus de la mise en place d’une équipe d’encadrement par site, des formations seront organisées sur les techniques améliorées d’orpaillage. Aussi, nous encourageons vivement les orpailleurs ou groupements d’orpailleurs et nous les accompagnerons techniquement lorsqu’ils entreprendront l’exploitation semi-industrielle. En effet, cette forme garantit plus de facilité aux promoteurs miniers de mobiliser le financement en raison des assurances technique, sécuritaires, juridiques et financières qu’offrent les études », dit-il.

 

 

C’est dans ce sens qu’un protocole d’accord a été signé entre la Banque de Développement de Guinée (BDG) et l’Union Nationale des Orpailleurs de Guinée (UNOG). Un protocole, qui stipule que la BDG devra fournir les équipements de traitement permettant d’améliorer le taux de récupération de l’or et chercher à introduire de meilleures pratiques en matière de traitement de l’or en tenant compte des directives internationales socio-environnementales et de sécurité. Désormais, précise-t-on, l’UNOG ou tout acteur similaire doit payer le loyer pour l’utilisation des équipements en assignant à la BDG de l’or produit en utilisant directement les équipements de la banque. Et l’État dans tout ça, fournit le cadre réglementaire de surveillance en place et accorde les autorisations et concessions nécessaires, le cas échéant, il soutient et facilite la chaîne d’approvisionnement précitée.

 

 

Une bonne approche pour le ministre des Mines qui reste convaincu que la réussite de la réforme requiert l’engagement continu de chacune des parties dans toutes les préfectures et nécessite dans l’immédiat, l’adoption des textes d’application et le lancement des projets pilotes.

 

 

Avec ses solutions proposées par le gouvernement considérées comme solutions idoines, le secteur artisanal de l’or arrivera-t-il à se relever de ses défis techniques et sociologiques ? Pourront-elles garantir l’épanouissement des exploitants et des communautés tout en assurant la préservation de l’environnement ? Ce sont des questions qui restent posées, en attendant que la réforme annoncée ne prenne forme.

 

Mame Diallo

Conakry, Guinée

Mame Diallo