Meeting de Kaloum : L’opposition n’a pas fait mieux

16 juillet 2017 18:18:44
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Le meeting de l’opposition s’est tenu ce dimanche 16 juillet à Kaloum. Outre les responsables de son parti, Cellou Dalein Diallo était accompagné d’Alhoussein Makanéra Kaké, El hadj Dembo Sylla de l’UDG et M. Dioubaté qui représentait Papa Koly Kourouma du parti GRUP.

C’est aux environs de 12h que le chef de file de l’opposition a quitté son domicile avec ses collègues pour le centre-ville de Kaloum. Il n’était pas accompagné de la section motard de son parti qui avait l’habitude de le suivre. Cela pourrait s’expliquer par deux choses : d’’abord, la veille, Cellou Dalein avait dit qu’il n’était pas nécessaire les militants quittent la banlieue pour rejoindre le centre-ville. Ensuite, il y a l’important dispositif sécuritaire mis en place au niveau de l’échangeur du 8 novembre, qui a bloqué le passage des motos depuis 7h.

Au niveau du palais du peuple, des militants du RPG Arc-en-ciel faisaient de l’animation musicale. Des affrontements entre différents militants ont failli se produire, mais les services de sécurité ont joué leur rôle.

Contrairement au meeting de l’an dernier, le boulevard Diallo Telly n’a pas été plein au moins qu’entre la voiture de sonorisation et le podium où se tiennent les discours, des acrobates font leur jeu. Des espaces vides étaient perceptibles.

Vers une boite de nuit du coin, des contre-manifestants ont voulu perturber le meeting. Mais là aussi, les forces de l’ordre ont maitrisé la situation en lançant même des gaz lacrymogènes.

Quand certains militants de l’opposition ont pris peur, Bano Sow, le vice-président de l’UFDG, les a rassurés : « Revenez ! C’est une fausse alerte ». Cette situation a fait que les interventions de Makanéra, du représentant de Papa Koly et Dembo Sylla n’ont pas dépassé les deux minutes.

Dans son intervention, le chef de file de l’opposition a dénoncé des « manœuvres » mises en place pour « décourager » les citoyens de Kaloum à participer à ce meeting : « Je vais remercier toutes les couches sociales qui ont apporté une contribution déterminante suscitée dans cette manifestation. Parce que comme vous le savez il y avait beaucoup de forces qui s’étaient mobilisées pour empêcher la tenue de notre meeting. Des milliards ont été décaissés pour décourager les jeunes, les habitants de Kaloum pour ne pas honorer de leur présence à cette manifestation. »

Mais, pour Cellou Dalein, l’obligation n’est même faite à ses propres militants de participer à la manifestation, à plus forte raison un autre : « J’ai dit hier à l’assemblée générale de notre parti, même si vous êtes de l’UFDG, vous êtes libres de ne pas sortir, si vous n’en voulez pas. Ce sont ceux qui pensent que la manière dont notre pays est géré aujourd’hui ne leur convient pas qui sortent manifester pacifiquement. Et comme je l’ai dit, il ne faut pas insulter, il ne faut pas déranger les usagers et les riverains de la route. Tu veux manifester, tu viens. Tu n’en veux pas, tu restes chez toi. Où est le problème ? Voilà la Guinée à laquelle nous rêvons. Que chacun exerce ses droits et liberté, que les forces de l’ordre soient là pour veiller à ce que chacun respecte la loi et chacun exerce ses droits. »

Lors d’une conférence de presse du front d’alternance démocratique (FAD), Aboubacar Sylla a justifié le refus de leur alliance à participer aux manifestations par « l’avancée significative » de l’application de l’accord politique du 12 octobre 2016. Cellou Dalein Diallo a démenti cette affirmation devant les militants venus à Kaloum ce dimanche.

« On est en train de vous dire qu’il y a eu des progrès depuis l’accord du 12 octobre. Je vais vous rappeler brièvement les points d’accord : organisation des élections locales en février 2017. Ça a été fait ? Lancement de l’appel d’offre pour le recrutement du cabinet chargé d’auditer le fichier électoral au mois de novembre 2016. Ça a été fait ? Ouverture d’enquêtes sérieuses pour identifier les auteurs des crimes commis contre les manifestants depuis l’arrivée au pouvoir d’Alpha Condé. Est-ce que vous avez entendu parler d’une commission d’enquête ? Indemnisation des victimes des violences commises lors de ces manifestations. Est-ce que ces indemnisations ont eu lieu ? On devait adopter à la session des lois qui vient de se terminer une nouvelle loi sur la CENI. Ils n’ont même pas voulu qu’on en discute. C’est appliqué ? Mais si on ne veut aller aux manifestations, qu’on dise qu’on ne veut pas. Sinon aucun point d’accord ne peut être considéré comme fait à la date indiquée », a-t-il expliqué, avant de d’inviter tous les Guinéens à sortir manifester le 2 août prochain pour trois choses : « Nous manifestons pour protester contre la lenteur constatée dans l’application de l’accord du 12 octobre 2016, contre l’insécurité et la cherté de la vie. »

L’autre sujet évoqué par le président de l’UFDG, c’est la « volonté d’Alpha Condé » de briguer un troisième mandat. Il a demandé à tous ceux qui le peuvent, de participer à la manifestation programmée par des activistes de la société civile contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

Les deux prochains meetings sont prévus le 22 juillet à Matoto et le 23 du même mois à Ratoma, avant la marche du 2 août. Peut-être lors de ces deux meetings qui se déroulent en haute banlieue, l’opposition va montrer davantage sa force de mobilisation.

  • alineDK

    C pas vrai ce que vous ecrivez dans votre article. La manif a bel et bien reussie. A moins que Guineenews est aveugle !