Mali : Le quiproquo d’Abeïbara mettra-t-il dos à dos Barkhane et l’armée malienne?

11 novembre 2017 10:10:28
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Qu’est-ce qui s’est passé dans la nuit du 23 au 24 octobre dernier ? Les autorités maliennes parlent d’un bombardement par erreur, une bavure commise sur les otages maliens. Les autorités de Barkhane réfutent et disent avoir observé, ciblé et visé le camp d’entrainement djihadiste pendant une vingtaine d’heures, que des photos d’une quinzaine de corps de présumés djihadistes ont été faites après la frappe, parmi les victimes un déserteur de l’armée malienne, des documents djihadistes ont été retrouvés sur les lieux, ce sera aux Maliens de les déterminer l’identité des hommes éliminés.

Les explications du raid fournies par Barkhane, droite dans ses bottes, ne semblent pas convaincre les Maliens, la dizaine de cadavres des soldats maliens retrouvés sur les lieux, comment l’expliquer ? Confronter les photos des cadavres et celles des soldats de leur vivant ne pourrait pas lever un coin du voile ? On suppose que tout militaire qui va en guerre se prend en photo avant d’y aller…

Un quiproquo, il faut une explication : il faut que les soldats Maliens aient été des otages des djihadistes pour se trouver là. Si les deux camps sont unanimes là-dessus, la moitié de l’énigme est résolue. Les techniciens de Barkhane disent avoir observé les mouvements et activités des hommes pendant une vingtaine d’heures sans détecter une présence de prisonniers ou d’otages mais cette observation a-t-elle continué jusqu’au moment de l’attaque ? Cette question a son importance, puisqu’on parle de bavure et personne ne peut certifier que les terroristes ne se sont pas servis des prisonniers comme boucliers humains à la dernière minute. Mais aussi, à la dernière minute, au moment de la frappe, si les otages avaient été vus, il était impossible d’annuler l’opération.

Si un bouclier humain avait été déployé à Abeïbara, il faut dire que les terroristes ont une taupe de haut vol dans les arcanes du commandement de Barkhane. Les otages pourraient avoir été amenés sur les lieux au décollement des bombardiers français, des Mirage-2000, de Ndjamena, peut-on savoir combien de minutes faut-il à ces bombardiers pour arriver sur Abeïbara, et combien de minutes faut-il aux terroristes pour monter leur bouclier humain ?

Enfin, Le supposé « Pick-up qui a brûlé pendant de longues minutes », contenait-il des armes et munitions provenant de la rançon pour la libération de ces soldats ? Cette question a aussi son importance.

Enfin, quoi qu’il en soit, les terroristes viennent de semer la zizanie. La question des dix soldats tués est une charge sociale et personne ne veut l’endosser. Reste à savoir comment leurs parents pourraient être consolés, tant soit peu, de leur tragique disparition.

Barkhaner et forces maliennes pourront surmonter ce quiproquo?