Makanera charge Saran Daraba et met en garde les prédicateurs du 3e mandat pour Alpha Condé

09 juillet 2017 12:12:50
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« Quand il sera question de donner un sacrifice pour empêcher Alpha Condé de faire un troisième mandat, je suis ce gros mouton, je me donne en sacrifice », affirme Makanera.

Les propos de l’ancienne dirigeante de l’union du fleuve Mano qui font allusion à une éventuelle illégalité de la constitution guinéenne ne laissent pas Alhousseni Makanéra Kaké indifférent. L’ancien ministre de la communication estime que si Hadja Saran Daraba veut un troisième mandat pour Alpha Condé, elle devrait avoir le courage de le dire et cesser de se cacher derrière des insinuations. Il a fait cette déclaration à l’occasion de l’Assemblée Générale de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), ce samedi 08 juillet 2017.

« J’ai lu dans la presse ce matin une déclaration de Hadja Saran Daraba où elle se posait la question est ce que notre constitution est légitime ? Moi aussi je me pose la question puisqu’elle a été candidate à l’élection présidentielle si par bonheur, elle était présidente elle allait prêter serment sur quelle constitution ? Mais ce qu’elle ne nous dit pas, elle seule, elle dépasse tout le RPG au niveau du pouvoir. Elle était à Mano River, son fils est directeur de cabinet, son beau est ministre des mines c’est qu’elle n’a pas voulu dire,c’est ça la vérité », entame Makanera.

Poursuivant ses propos, l’ancien ministre de la communication fait des révélations et charge l’ex patronne de la Mano River Union. Pour Makanera, ces déclarations de Daraba relève de l’opportunisme.

« Je voudrais rappeler à Hadja Saran Daraba que moi Alhousseni Makanéra Kaké, je suis allé la voir chez elle au lendemain de l’élection d’Alpha Condé, elle n’avait pas de poste, son fils n’avait pas de poste, son beau non plus. Elle a oublié le langage qu’elle avait tenu quand je lui ai dit que je voudrais qu’on fasse la fusion elle m’a répondu c’est toi qui oses me dire ça, Alpha Condé n’ose pas. Donc aujourd’hui parce que ses enfants et elle commandent le pays, elle pense que la constitution n’a pas de limite ; maintenant, il faut qu’Alpha Condé soit là pour l’éternité. Moi je leur dis qu’ils sont en train de jouer avec le feu. Ce qu’ils sont en train de faire, prendre la bougie et aller tomber dans les cuves de…est plus sécurisant que de parler de troisième mandat. Je le dis ici plus haut qu’ailleurs, quand il sera question de donner un sacrifice pour empêcher Alpha Condé de faire un troisième mandat, je suis ce gros mouton, je me donne en sacrifice », a-t-il déclaré.

Dire que la constitution est illégitime, c’est une façon de remettre en question la légalité du pouvoir d’Alpha Condé, pense Makanéra. Donc selon lui, des propos du genre ne peuvent être que néfastes pour le président.

« Je rappelle à ceux qui sont sur cette voie qu’Alpha Condé tire la légitimité et la légalité de son pouvoir de cette constitution. Le jour où on va déclarer cette constitution caduque ou illégitime, la première personne qui sera concernée c’est Alpha Condé, parce que son pouvoir tient de cette constitution. En ce moment, son pouvoir sera caduc et illégitime et la porte de la transition serait ouverte et il n’y aura plus de président de la république en Guinée. Et d’ailleurs, si Hadja Saran Daraba prétend aimer le pays, elle devrait avoir l’honnêteté morale et intellectuelle de dire ce qu’elle défend. Il ne faut pas qu’elle insinue que la constitution est illégitime. »

Parlant de cet éventuel troisième mandat pour Alpha Condé qui est sur toutes les lèvres, Makanera est catégorique. « Si Alpha et ses collaborateurs aiment la Guinée, je pense qu’ils ont mieux à faire que de parler de troisième mandat », estime-t-il.

Sur ce, il lance cet appel : « Par contre, il y a une petite fenêtre une chance pour lui, c’est un message sincère, franc de quelqu’un qui l’aime et qui continue de l’aimer encore. C’est de lui dire la seule chose qu’il peut faire pour la Guinée et pour lui-même, c’est d’organiser de très bonnes élections législatives, présidentielles en passant par les élections locales et passer le pouvoir à celui qui sera choisi par le peuple de Guinée. Toute autre initiative en dehors de ce que je viens de dire, est suicidaire pour lui », a conclu Makanéra Kaké.

  • CONDÉ ABOU

    Cher Monsieur Makanéra Kaké, Dieu merci que nous sommes ici dans un débat institutionnel et sur une question qui interpelle la conscience nationale face au brouillard et au Plan d’entrée en crise que certains malins sont en train de vendre aux enchères dans ce pays.

    Ne vous inquiètez pas du tout. Votre récente visite de terrain à l’intérieur du pays avec le Président de l’UFDG, El Hadj Cellou Dalen Diallo, permet d’en retenir au moins deux grandes leçons:

    (1)Toutes les composantes de la Nation Guinéenne ont démontré à suffisance, leur attachement à l’esprit républicain et à la compréhension claire et nette du discours politique qu’El Hadj Cellou Dalen Diallo a fait passer partout.

    (2)Par contre, et contre toute attente, le déferlement anti-Cellou Dalen Diallo, se nourrit tout simplement, de la jalousie politique inutile par rapport au succès éclatant de son passage avec vous dans le pays profond. C’est ce qui lui vaut toutes les manigances actuelles autour de projets politiques obscurs sortis de nulle part, pour arriver à l’enfoncer aux yeux de la Nation, puis à l’isoler définitivement.

    Moralité Cher Monsieur Makanéra:

    Il y a un double enseignement à tirer de cet étonnant réveil de l’élite politique contre la décision de la Cour Constitutionnelle et par rapport à la remise en cause de la Constitution qui a permis au Président de la République d’arriver au pouvoir et de s’investir au service de la démocratie dans le pays de 2010 à aujourd’hui.

    Y-a t-il de quoi s’inquièter outre-mesure, par rapport aux sirènes appelant à la révision Constitutionnelle en Guinée avant 2020 ? Non et pourquoi ?

    (1)Les contextes politiques internes et externes de 2017 que dis-je 2020, n’ont rien à voir avec celui de 2010, où l’on a fait jouer un rôle obscur à la France par réseaux et lobbys interposés au sein de la Francophonie et du régime Burkinabè de l’époque.

    À quelle fin ? Pour que la France elle-même et la Communauté internationale qui se trouve derrière elle, puissent endosser et porter la responsabilité de tout ce qui aurait pu découler des conséquences d’une éventuelle crise post-électorale après la proclamation des résultats électoraux d’Octobre 2010 en Guinée.

    Ce schéma politique de Ouagadougou inscrit derrière le sceau de la France est terminé pour du bon, et il n’y aura aucun Plan B en 2020 en Guinée par la grâce de Dieu et tant que le Président Emmanuel Macron sera là.

    Le Président Emmanuel Macron qui vient de démanteler à la face du monde le Parti Socialiste Français et à la grande déception de ses lobbys en Afrique, ne ressemble ni à Mr. François Hollande, ni aux dirigeants de l’International Socialiste et de la Francophonie qu’il n’a jamais contribué à mettre en place à la tête de l’OIF.

    La preuve. Si vous aviez suivi le discours de Mr. Emmanuel Macron devant la Presse internationale et Africaine et devant tout le groupe de Chefs d’Etat venus à Dakar pour le G5 Sahel, et à propos de l’avenir de la Zone Franc CFA, vous auriez compris que le nouveau Président Français, ne fera pas dans la dentelle lorsqu’il répondra le moment venu, aux promoteurs de la révision Constitutionnelle lors des prochaines présidentielles en Guinée.

    Sans compter que la France a déjà reçu 5 sur 5, le message officiel de la Guinée par rapport à l’appel à la coupure du cordon ombilical avec les puissances occidentales, et au défi qui lui a été lancé en demandant aux Africains de prendre en charge la guerre au Mali pour la simple raison que les Nations Unies et les troupes de la MINUSMA auraient manqué de résultats au Mali !

    Le Président de l’UFDG ne devra pas du tout, commettre l’erreur de ne pas se saisir de tous ces éléments d’information qui sont sur la place publique et que la Diplomatie Française et l’Élysée ont parfaitement compris. La suite que la France donnera à ces défis, vous la verrez.

    (2)Le Président de l’UFDG ne devrait pas commettre l’erreur de laisser ses partisans insulter le Président de la République en tant que première Institution du pays. Ce sujet fait partie du débat et il ya de quoi en parler.

    Il serait souhaitable de le lui dire, parce que cela est un levier qui sociologiquement parlant, ternira dangereusement l’image d’El Hadj Cellou Dalen Diallo auprès de l’électorat de base qui se trouve aux 4 coins du pays. Or, comme je l’ai dit tout au départ, Cellou a de graves problèmes dans ce pays, non pas avec les populations, mais avec l’élite politique qui ne ratera aucune occasion pour le faire plonger pour du bon.

    La nuance dans cette lecture politique et sociologique est extrèmement importante.
    La voix de Cellou Dalen devrait être audible aux 4 coins de la Guinée et du monde pour que les injures à l’encontre du Président de la République s’arrêtent et soient condamnées avec la dernier énergie par les voix les plus autorisées de l’UFDG.

    Les injures et grossièretés de certains partisans, n’apporteront aucune valeur ajoutée au crédit politique et à l’image international de Mr. Cellou Dalen Diallo.

    (3)Quant au discours sur la modification Constitutionnelle et sur les fables actuellement aux enchères sur un 3ème mandat en Guinée, les exemples en Afrique, font légion. Et c’est pourquoi, tous les discours en trompe-l’oeil s’écraseront lamentablement bien avant 2020.

    Il n’y aura aucun Plan B dans ce pays, et les initiateurs du Plan de crise et du chaos tracé pour le pays, autour de la modification du nombre de mandats présidentiels, se retrouveront exactement dans le même pétrin que ceux qui les ont précédé pour la modification de l’article 37 de la Constitution au Burkina Faso et dans la grande tempête du Tazartché au Niger.

    Ils sont actuellement tous en prison dans leur propre pays en train de réfléchir sur leur sorcellerie politique.

    La politique des sanctions internationales ciblées et actuellement appliquée contre la vingtaine de Membres du Gouvernement et du camp présidentiel de Mr. Joseph Kabila au Congo Kinshasa, qui d’entre nous, ne la suit pas par voie de Presse même loin du Congo ?

    Alors et dès lors, pourquoi s’inquièter devant les projets de chaos politique en Guinée actuellement vendus aux enchères dans le pays, comme si la Communauté internationale ne suit même pas ce qui se passe au pays en ce moment ?

    Octobre 2020, c’est quasiment dans 6 semestres et la suite, on verra bien, si Dieu le veut. Bonne journée chez vous, Cher Monsieur Makanéra Kaké

  • Oumar BARRY

    Je viens de lire en intégralité l’interview de Mme Daraba, et je suis désolé mais je crois que Mr Makanéra, lui fait un procès d’intention. Il n’est un secret pour personne que cette constitution est et demeure pleine de lacunes, elle a été taillée sur mesure pour que certains candidats d’alors puissent y prendre part. La limitation de l’âge pour être candidat a été purement et simplement mise à l’écart pour que le Professeur Alpha Condé puisse y prendre part. La candidature indépendante non acceptée est un point négatif de cette constitution qui pour seulement ces 2 raisons mérite un amendement . Nous sommes tous d’accord qu’il n’est pas question d’un 3e mandat pour Mr Alpha CONDE nous ne l’accepterons pas mais il faudrait revoir cette constitution ne serait-ce qu’après 2020 sinon nous sommes condamnés à rester, pour les échéances futures, à subir le diktat de ces vieux dinosaures qui n’ont aucunement l’intention de nous laisser, nous jeune génération, relever le défi du renouveau et du progrès qui s’impose à nous.
    Pour ma part donc:
    – Non à un 3e mandat
    – Non à la modification de la constitution avant 2020
    – Oui à des amendements après 2020

    Le débat est lancé!!!

  • Pigoss Camara

    C’est malheureux , la Guinée est le seul pays au monde où les leaders de l’opposition sont perpétuellement en campagne électorale, mais ne font aucune proposition concrète pour améliorer les conditions de vie de la population .
    Ce monsieur Kaké qui critique aujourd’hui le présient Alpha CONDE,a vraiment la mémoire courte, s’il est aujourd’hui en vie c’est grâce au président de la république qui a pris en charge tous ses frais d’hospitalisation jusqu’à sa guérison totale, qu’il n’oublie pas que les relations humaines sont plus importantes que des relations politiques.