Lutte contre l’excision : ONG, projets et programmes prêchent-ils dans le désert en Guinée ?

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Malgré les multiples campagnes de sensibilisation des ONG (Organisations non-gouvernementales), des projets et programmes, des associations et points focaux des ministères de la Santé et de l’Action Sociale et de la Promotion Féminine, appuyés par les bailleurs et partenaires occidentaux intervenant dans ce secteur, les mutilations génitales féminines (MGF) continuent de se pratiquer de plus belle en république de Guinée en général et dans la capitale du Foutah Djallon en particulier. C’est le constat fait par la rédaction régionale de votre quotidien électronique, Guinéenews, à Labé.

À travers une enquête exclusive, élargie aux autorités sanitaires, aux autorités religieuses, aux sages, aux ONG, aux projets et programmes, sans oublier les bailleurs et partenaires du secteur, Guinéenews s’est rendu compte que les sensibilisations et les prêches des uns et des autres n’impactent et ne changent pas grand-chose.

«C’est vrai que parfois, à de rares occasions, des petits problèmes surgissent au cours de l’opération mais l’excision est une pratique qu’on ne peut pas abandonner. C’est un passage obligé. Personnellement, je l’ai subie. Donc, obligatoirement, mes filles vont passer par là », a laissé entendre une femme âgée d’une quarantaine d’années et qui a préféré garder l’anonymat.

L’intérêt et le crédit que les modernistes accordent au phénomène a néanmoins fini par obliger les traditionalistes-conservateurs à changer de tactique. Contrairement aux décennies précédentes, où on organisait de très grands événements pour célébrer la clôture de l’opération, de nos jours, l’excision se fait d’une manière très discrète. En plus, si, avant les mutilations génitales féminines se faisaient de façon groupée (plusieurs filles à la fois), actuellement, les parents opèrent très souvent de façon individuelle pour éviter d’attirer l’attention des autorités qui menacent de punir tout réfractaire.

Thierno Alpha Bah, notable de la préfecture de Koubia, est catégorique sur la question. « Vous savez, bannir l’excision serait un peu comme bannir la cérémonie religieuse d’un mariage en autorisant juste la cérémonie civile. Et c’est inacceptable. L’excision est une coutume traditionnelle », soutient-il.

De son côté, Madame Maladho Barry, la cinquantaine, estime que le problème est ailleurs. « Vous ne pourrez jamais évaluer jusqu’à quel niveau ça serait la honte pour une fille si ses amies se rendaient compte qu’elle n’est pas passée par cette voie. Je ne sais pas ailleurs, mais ici à Labé, nous, nous faisons tout pour que nos familles ne se retrouvent pas dans cette position », renchérit-elle.

Sous le couvert de l’anonymat, toutes les exciseuses traditionnelles rencontrée par Guinéenews évoquent un net changement dans la méthodologie. « On évite d’élargir la blessure. Désormais, c’est de façon moderne qu’on le fait. Voilà pourquoi personne ne se rend compte qu’on continue à le faire. C’est juste pour réconforter les familles qui manifestent le besoin. En quelques jours seulement vous trouverez que la plaie a cicatrisé », déclare l’une d’entre elles. Pourtant, les ONG, projets et programmes financés pour lutter contre les mutilations génitales féminines ne se comptent pas dans la région administrative de Labé. Mais force est de reconnaître que leurs messages ne tombent pas dans des oreilles attentives.

À 18 kilomètres de Labé, nous avons pris langue avec Mody Amadou Kaba, un sage de la sous-préfecture de Popodara, qui a pris part à plus d’une conférence ou formation contre l’excision. Mais qu’à cela ne tienne, il reste toujours droit dans ses bottes. « Chaque fois, on assiste à des conférences et formations sur l’abandon de l’excision. Ils viennent avec des photos et des vidéos pour nous dire qu’on doit impérativement abandonner l’excision. On les écoute avec intérêt, on comprend leur logique qui est réaliste car l’excision présente beaucoup de risques. Mais c’est un mal nécessaire car depuis l’aube des temps, nos parents sont sur cette position et nous conserverons la pratique », affirme-t-il.

1 COMMENTAIRE

  1. Que personne ne se cache pour suivre la tradition des ancêtres. Que personne ne suive la voie de ces soit-disant modernistes pour détruire nos cultures et nos traditions, que personne ne suive ses personnes vendues à détruire nos valeurs. Faites la tradition sans se préoccupé de rien. J’encourage toute la population guineenne, quiconque veut suivre la tradition de nos ancêtres concernant l’excision pourra le faire. Car tout ceux qui font ces campagnes sont des corrompus qui s’associent pour détruire les valeurs qui sont chers à nos yeux que nos ancêtres ont établi. Que personne ne suive ses soit-disant campagnes de sensibilisation. Que marigui mengue bénisse les croyants et bénisse l’Afrique.

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