Littérature : les Guinéens aiment-ils lire, la question divise les spécialistes du livre

17 mai 2017 15:15:02
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Depuis le 22 avril dernier, la capitale guinéenne Conakry, est au cœur des activités culturelles mondiales. Hommes littéraires et passionnés de la culture, s’étaient donné rendez-vous pour célébrer le livre et discuter de son importance dans un pays où les habitants sont taxés à tort ou raison de n’avoir pas une culture de la lecture.

Guinéenews a tendu le micro à quelques personnalités littéraires, politiques et artistiques pour mesurer l’ampleur de cette affirmation.

Pour Lamine Camara, le président de l’association des écrivains de Guinée, cette analyse n’a aucun fondement. ”Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. On peut dire qu’on ne lit pas assez parce qu’il n’y a pas eu d’enquête d’opinions sur le terrain sur toute l’étendue du territoire pour savoir quel est le pourcentage de guinéen qui lit ou qui ne lit pas. Tout ce qu’on dit pour le moment, sont des paroles qui ne se reposent sur aucun fondement. Nous ne sommes pas outillés pour une telle enquête comme dans les autres pays», s’est-il insurgé contre ce jugement quelque peu tiré par les cheveux.

Pour sa part, le président des éditeurs de Guinée, Mohamed 5 Kéita accuse plutôt le faible niveau de vie des populations qui sont condamnés à ne s’occuper de leur survie quotidienne. “Je pense qu’il y a eu une certaine évolution… Les Guinéens ne lisent pas parce qu’ils vivent ce qu’on appelle la culture du ventre mais aussi parce que les livres coûtent chers pour beaucoup ”, a-t-il précisé.

De son côté, le journaliste-écrivain et animateur de l’émission ‘’Papier-Plume-Parole’’ à la RTG, a proposé une piste de solution: “il faut que l’Etat guinéen ratifie tous les instruments juridiques internationaux qui permettent la diffusion et la circulation fluides du livre en Guinée. Tels que les conventions de Florence et les accords de Nairobi. Il faut détaxer le livre pour permettre à tous les guinéens d’accéder aux livres”.

Un point de vue soutenu par Binta Hann, une écrivaine : “ce n’est pas parce que le guinéen n’aime pas lire mais c’est parce que le guinéen n’a pas accès au livre.’’

Le PDG du groupe de médias Hadafo Lamine Guirassy dont le livre est attendu incessamment dans les rayons, a une toute autre approche de ce jugement. ‘’… Le guinéen ne lit pas mais ce n’est pas pour ne rien que Guinéenews est leader en ce qui concerne l’information guinéenne sur l’internet. Ce n’est ni la radio ni la télévision mais on part pour lire et chercher des informations sur ce site internet…”

Quant à Paul Balla Mansaré, gendarme et auteur des romans “Au cœur des préjugés” et “Les yeux pour pleurer”,  il accrédite cette affirmation. Selon lui, le guinéen ne lit et ne se donne pas le temps de lire.  Pourtant, précise-t-il, les élèves fréquentent l’école pour étudier. C’est-à-dire, apprendre à écrire, à lire, s’instruire… A l’en croire, le niveau de l’éducation baisse en Guinée parce qu’ils ne lisent pas.

Hamza Kaba, le Directeur national adjoint du livre et de la lecture publique au ministère de la Culture, des Sports, lui reste dans l’esprit de l’affirmation et il trouve que “Conakry, capitale mondiale du livre” est une occasion pour y pallier.  ”C’est malheureusement une triste réalité et c’est l’objectif majeur de “Conakry, capitale mondiale du livre”. Nous voyons que le guinéen ne lit pas et c’est pourquoi nous voulons amener les jeunes à la lecture et la lecture à la jeunesse. Nous pensons qu’il faut construire des centres de lecture et des bibliothèques de proximité pour encourager les jeunes à s’intéresser à la lecture’’, a-t-il déclaré.

Auteur de l’hymne de l’événement “Conakry, capitale mondiale du livre” l’artiste Cheick Oumar trouve déplorable l’attitude de la jeunesse qui a tourné le dos au livre. ”Le livre est tout pour moi, c’est dommage que les jeunes ne s’intéressent pas au livre. Ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas accès, c’est dû au fait qu’ils ne pensent pas que le livre soit une source de savoir et d’inspiration pour eux”, déplorera-t-il.

L’on se rappelle que lors de la cérémonie de lancement le 22 avril dernier, Sansy Kaba Diakité, le Commissaire général de “Conakry, capitale mondiale du livre”,  affirmait que la Guinée est en danger parce que “sa jeunesse ne lit pas”.

 

  • Les gens n’ont aucune mesure pour dire que les Guinéens ne lisent pas. Cela est la preuve qu’ eux mêmes n’ont pas la culture du livre, de ce qui est écrit. Car leurs props nont aucune base statique. Tous les Africains sont presque ainsi: nous sommes sont les gens de l’oralité. Il faut peut être penser à motiver les gens. C’est normal de ne pas s’adonner à quelque chose dont on ne voit pas l’intérêt. Sinon pourquoi tout le monde lit ke programme de Pmu Guinée?