Liban: Saad Hariri dans le rôle du pigeon de la détente au Moyen-Orient ?

24 novembre 2017 18:18:24
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Etrange pérégrination que celle de Saad Hariri. A Ryad, il annonce à gorge nouée sa démission de plein gré et qu’il est libre de ses mouvements. C’est-à-dire de quitter l’Arabie Saoudite dans deux jours, mais plus de 24 heures après, il était sur place. Les Français disent qu’il était libre, les Allemands disaient le contraire.

Il avait fallu des tractations en coulisses pour que Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires Etrangères vienne « l’exfiltrer » pour Beyrouth via Paris. Arrivé au Liban, au lieu de présenter sa démission au président, ce qui aurait mis la constitution libanaise en mal pour mettre très mal à l’aise le Hezbollah, qui n’a pas envie de se mettre à dos la Communauté internationale au sortir d’une longue guerre contre l’EI,  il fut accueilli favorablement de tous côtés, Saad oublie de démissionner.

Du coup, il devient l’homme le plus dorloté et le plus choyé du monde. Si le Premier ministre libanais était en porte-à-faux entre le prince héritier Mohamed Ben Salman d’Arabie et Hassan Nasrallah, le patron du Hezbollah, devenu leur chérubin, à tous deux, il pourrait servir de pont entre les deux pour conduire à un début de détente au Moyen-Orient entre l’Iran et l’Arabie Saoudite par le truchement de la France, qui s’est engagée dans une offensive diplomatique tous azimuts. On observe avec beaucoup d’attention ce qui se passe en Extrême-Orient entre la Corée du nord avec ses voisins et avec les USA.

Les choses sont si troublantes par leurs similitudes pour ne pas les voir dans les démarches de la diplomatie française, un peu cachottière, quand même, et qui a pris celle de son grand voisin allemand de court. Que ça soit au Moyen ou en Extrême-Orient, une autre guerre sera économiquement et humainement désastreuse.

Après avoir été la zizanie entre l’Arabie et l’Iran via le Hezbollah, sera-t-il vraiment le pont ?