Les dessous de la débâcle du Syli en Tunisie : les notes salées de notre envoyé spécial

06 septembre 2017 16:16:37
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L’équipe nationale de Guinée était partie à Monastir pour marcher sur l’équipe libyenne et repartir sur Conakry avec 3 points. En lieu et place d’une victoire, c’est avec une affligeante défaite d’un but à zéro que le Syli national quitte le sol tunisien. Tête baissée. Contrarié, gêne et embarras dans les regards. Honte. Humiliation. À Monastir, il a manqué des vrais hommes au Syli national pour se relancer dans les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018.

Face à une équipe de la Libye décomplexée et déterminée, le Syli national a passé une sale soirée au Stade Mustapha Ben Jannet de Monastir ce lundi 4 septembre 2017. Dominateur et maître du jeu sur ses derniers matches, la Guinée a subi la loi de la modeste équipe libyenne composés par des peintres, inconnus. Pendant 90 minutes, les Chevaliers de la Méditerranée ont imposé le rythme à suivre, premiers sur tous les ballons, plus vifs et carrément victorieux sur tous les duels au milieu de terrain. Un milieu de terrain relativement stable sur les derniers matchs mais qui a passé une soirée cauchemardesque contre la Libye.

En dehors des accélérations intermittentes du Bordelais François Kamano sur les côtés de l’attaque guinéenne, le Syli national s’est montré rarement dangereux sur les phases de jeu offensives. Pris au piège par un bloc équipe très soudé avec des joueurs engagés, solidaires et déterminés à foutre la merde, le Syli national n’a pas du tout existé face aux Chevaliers de la Méditerranée.

Quand on analyse le match ligne par ligne, il n’y rien ou peu qui a fonctionné. Les lacunes défensives du Syli national sont de notoriété publique. Le chantier de construction entamé depuis quelques années n’a pas évolué d’un iota. Maillon faible de l’équipe. En dépit de son engagement patriotique, son envie de bien faire, sa motivation et sa détermination, le capitaine ou vice-capitaine, Fodé Camara a montré dans ce match qu’il n’a plus les jambes et la vitesse nécessaire au poste d’arrière central. Sur le côté droit de la défense, Alseny Bangoura continu à dépanner sans être une référence. Le Toulousain, Issiaga Sylla a apporté offensivement de façon sporadique sans être irréprochable sur ses tâches défensives.

Le milieu de terrain, on en parle. Depuis l’arrivée de Baldé Ousmane dans l’entre-jeu, le Syli national a retrouvé un certain équilibre et une certaine stabilité. Cependant, d’habitue correct avec un jeu simple mais efficace, Ousmane Baldé a fait tout le contraire de ce qu’on attendait de lui contre la Libye. Perte de balles à répétition. Battu sur les duels. Passe à l’adversaire. Jeu retardé… le joueur du FC Vereya en Bulgarie était loin, très loin de son niveau habituel. Dans ce secteur de jeu, la nouvelle recrue de Yeni Malatyaspor, Sadio Diallo était à l’image de son coéquipier. L’ancien joueur de Bastia a réussi très peu de passes et il a gagné très peu de duels. Performance pauvre et insuffisante.

Leader technique du Syli national, d’habitude un peu plus bas sur le terrain mais cette fois-ci replacé tout juste derrière l’attaquant, Naby Keita n’est pas parvenu à sortir la tête de l’eau. Muselé par le dispositif tactique mis en place par le coach libyen, le nouveau joueur de Lipervool n’a pas atteint son vrai niveau pour tirer le reste de l’équipe vers le haut.

Sur la ligne offensive, seul François Kamano s’est tiré d’affaire par moment en faisant la différence sur son défenseur. En première mi-temps, Demba Camara à la réception d’un centre du Bordelais aurait pu, même dû ouvrir le score en faveur de la Guinée. Seul sur le front de l’attaque guinéenne, Demba Camara s’est beaucoup plus illustré par ses positions de hors-jeu. Match transparent et léger de l’attaquant d’Anorthosis Famagouste, remplacé dans les dernières minutes de la rencontre par Sékou Amadou Camara.

Présent en équipe nationale depuis l’arrivée de Lappé Bangoura comme sélectionneur national, la prestation d’Alkhaly Bangoura a été assez décevante et frustrante. Incapable d’éliminer son adversaire, passes approximatives, replacement défensif difficile, le joueur de l’Étoile Sportive du Sahel est passé carrément à côte de son match, lui qui avait inscrit le but victorieux à Conakry contre la même équipe libyenne.

Un naufrage collectif qui s’est passé sous l’œil impuissant du sélectionneur national, Lappé Bangoura et sous les yeux des nouveaux responsables de la Fédération Guinéenne de Football à savoir son Président Antonio Souaré, son vice-président Amadou Diaby et le conseiller principal du Président chargé des finances et des relations publiques, Cheick Dem, tous déçus et désabusés par la contreperformance du Syli national. Cette scandaleuse défaite contre la Libye met fin aux espoirs de la Guinée de se qualifier à son tout premier mondial. Des leçons à tirer par le staff technique du Syli national, la Fédération Guinéenne de Football et le Ministère des Sports.

Tanou Diallo, envoyé spécial de Guineenews à Monastir Tunisie