« Les chasseurs guinéens ont attaqué le poste malien et tué quatre gendarmes » (Officiel)

02 décembre 2017 18:18:06
1

Le ministre malien de la sécurité, le général Salif Traoré, et celui de l’administration du territoire, Tieman Hubert Coulibaly, ont fait fi des déclarations diplomatiques du genre le Mali et la Guinée sont deux poumons dans un même corps pour porter des graves accusations contre la Guinée. Ils l’ont fait, non pas dans les médias locaux, mais à travers un média international, et pas n’importe lequel.

Selon nos confrères de RFI, les ministres Traoré et Coulibaly ont réagi, hier vendredi, par rapport aux affrontements meurtriers ayant fait en début de semaine au moins six morts et plusieurs blessés à Naouleni, une zone d’or située à la frontière Guinéo- malienne.

Pour le ministre malien de la Sécurité, dont les propos sont rapportés par RFI, ce sont des chasseurs guinéens qui ont fait irruption au Mali pour tuer, dans un premier temps, quatre gendarmes.

« Et donc ces cinq gendarmes ont été attaqués par des chasseurs qui sont venus d’en face, de la République de Guinée. Ils ont attaqué le poste. Aujourd’hui, le bilan est de quatre gendarmes qui ont perdu la vie, en défendant les populations de Naouleni », a indiqué le général Salif Traoré cité par RFI.

Toujours selon RFI, il y aurait eu également des victimes côté Guinéen.

Aux dernières nouvelles, le ministre malien de l’Administration territoriale, a décidé de se rendre en Haute-Guinée pour rencontrer son homologue guinéen, le général Boureima Condé.

Pour l’heure, le gouvernement guinéen na pas réagi malgré les tentatives.

  • CONDÉ ABOU

    Ecoutez Guineenews. Votre papier devrait interpeller directement le Gouvernement Guinéen, rien qu’en suivant la communication de l’Armée Malienne, celle du Gouvernement Malien, et les conclusions sur place de la BBC et de RFI.

    De mon point de vue le Gouvernement Guinéen gère très mal ce sujet, particulièrement au niveau de la communication internationale, et qui est suivie par la planète entière.
    Suivez les propos de la BBC, de RFI et ceux des sites internet Maliens pour en comprendre la lame de fond.

    (1) Sur RFI, qu’apprend-on ? La localité Malienne de Naouleni est située à la frontière avec la Guinée. C’est un site d’orpaillage qui attire du monde et où des échauffourées éclatent entre orpailleurs. Pour le Ministre Malien de la Sécurité, ce sont des chasseurs Guinéens qui sont venus en territoire Malien pour tuer, dans un premier temps, quatre Gendarmes.

    Et donc ces cinq Gendarmes ont été attaqués par des chasseurs qui sont venus d’en face, de la République de Guinée. Ils ont attaqué le poste. Aujourd’hui, le bilan est de quatre Gendarmes qui ont perdu la vie, en défendant les populations de Naouleni, a déclaré le Général Salif Traoré.

    Deux autres civils Maliens vont également trouver la mort, alors qu’un troisième est porté disparu, après l’attaque attribuée aux mêmes chasseurs Guinéens qui se sont autoproclamés surveillants du site d’orpaillage.

    C’est bien ce que l’on apprend des propos du Minsitre Malien de la Sécurité et de la protection civile, le Général Salif Traoré sur le site internet de RFI.

    (2) Suite à cette communication, et en lisant sur les sites internet Maliens, l’on voit à quel point certains vont maintenant jusqu’à incriminer l’Armée Guinéenne dans la tuerie de sang froid des Gendarmes Maliens.

    Certains internautes Maliens vont jusqu’à demander à tuer tous les responsables Guinéens et à les enterrer dans une fosse commune.

    Ce qui est très grave, c’est que beaucoup présentent les auteurs des tueries non pas comme des chasseurs, mais tout simplement comme des militaires Guinéens déguisés en chasseurs et qui seraient même aller plus loin et au delà de la frontière commune aux deux pays, en entrant dans le village Malien de Niaouleni pour dépouiller les populations civiles de leurs biens, avant de retourner en Guinée.

    (3)Qu’en dit la BBC, et par rapport aux propos du Ministre de la Sécurité Malienne ?
    Voici les propos confirmés par le correspondant local de la BBC, pourtant un citoyen Malien que personne ne pourrait taxer d’impartialité dans cette histoire malheureuse entre deux Peuples frères, et qui se joue sur un périmètre frontalier non physiquement délimité sur le terrain.

    Pourquoi non délimité ? Parce que, toutes les sources confirment qu’il s’agit d’un terrain aurifère situé entre les deux derniers villages frontaliers du Mali et de la Guinée, à savoir, Niaouleni et Faranokho.

    Sidi Doumbia, correspondant local, selon la BBC Afrique confirme ce qui suit:
    Suite à un différend au sujet de la paternité d’une zone minière, des affrontements entre Guinéens et Maliens à la frontière des deux pays, ont fait 22 victimes Lundi 27 Novembre 2017. De nombreux blessés sont à déplorer.

    Selon les autorités de la Guinée et du Mali, il est impossible dans l’immédiat d’établir le bilan définitif de ces affrontements, qui ne sont pas une première dans cette zone riche en or à cheval sur le Nord-Est de la Guinée et le Sud-Ouest du Mali.

    D’après un communiqué des Forces Armées Maliennes (FAMA), « quatre membres de la Gendarmerie Malienne, dont l’Adjoint au Commandant de compagnie de Kati » (près de Bamako) ont trouvé la mort lors d’une opération de sécurisation des populations sur le site d’exploitation minière de Niaouleni », localité Malienne à la frontière Guinéenne.

    « Ils ont été victimes de tirs de ressortissants Guinéens suite à un conflit consécutif à l’exploitation minière sur ce site entre le village malien de Niaouleni et un autre village Guinéen », selon le communiqué des FAMA publié Mercredi 29 Novembre 2017.

    Les assaillants Maliens ont descendu et brûlé le drapeau Guinéen
    Pour une source sécuritaire Guinéenne, « ce sont des orpailleurs Maliens, épaulés par des chasseurs et des Gendarmes Maliens, qui ont attaqué Lundi 27, des orpailleurs Guinéens sur une mine d’or du village de Faranokho », en Guinée.

    Plus tard dans la journée, une mobilisation et une riposte des villageois et chasseurs Guinéens ont fait en tout six morts – deux Guinéens et quatre Maliens, dont un Gendarme – et beaucoup d’autres blessés des deux côtés », a affirmé la même source.

    En fin de matinée Lundi 27 Novembre, les mêmes assaillants ont tendu une embuscade contre un détachement de la Gendarmerie Nationale Malienne dépêchée sur les lieux pour protéger la populations et apaiser la situation. Des faits confirmés par Sidi Doumbia, un journaliste local contacté par la BBC. Bilan de ces affrontements: 22 morts selon la BBC.

    CONCLUSIONS:

    Peut-on présenter la source du conflit comme s’il s’agissait d’une agression des chasseurs traditionnels Guinéens et qui seraient allés bien au delà de la frontière pour tuer de sang froid des Gendarmes Maliens qui défendaient la population Malienne ?

    Non seulement la version du Minsitre Malien de la Securité est mauvaise pour l’opinion publique au Mali et en Guinée, mais en plus, elle ne dit absolument rien du tout de la zone proprement dite du conflit qui n’est pas le village Malien de Niaouleni, mais plutôt le site aurifère situé sur la frontière non démarquée.

    Toute personne qui n’a pas l’information sur l’histoire de ce conflit récurrent a l’impression en écoutant le Général Malien Salif Traoré, que les chasseurs Guinéens se sont levés de façon soudaine pour aller tuer les Gendarmes Maliens de sang froid dans leur village !

    Pourquoi le Ministre Malien n’a jamais parlé des auteurs de la descente du drapeau Guinéen venus du Mali, ni de l’incinération du drapeau national sur le territoire Guinéen ?
    Doit-on croire que tous ces faits sont de l’affabulation ?

    La version du Ministre Malien de la Sécurité et de la Protection civile passée sur RFI le Vendredi 1er Décembre, est étonnante même complètement différente de la communication de l’Armée Malienne passée antérieurement le Mercredi 29 Novembre 2017.

    C’est tout simplement décevant et grave de la part d’un Ministre aussi haut placé du Gouvernement Malien, après avoir lu le papier de l’Armée Malienne.

    Comment peut-on gérer une crise dans une zone aurifère frontalière de cette façon alors que tous les canaux de la communication existent entre les 2 Gouvernements ?

    MORALITÉ:

    (1)Une question aux autorités Guinéennes. Pourquoi, le Gouvernement Guinéen n’a-t-il pas réagi sur les antennes de RFI et de la BBC en donnant à la communauté internationale et aux millions d’auditeurs de RFI, sa propre version des faits ? Ce manque de communication bien argumentée ne rend pas du tout service à la Guinée dans cette crise.

    (2)L’idée de continuer à surfer sur le discours panafricaniste en matière de relations plusieurs fois séculaires avec le Mali, en faisant semblant d’ignorer les dangers qui couvent presque le long de toute la frontière Guinéo-Malienne en raison du potentiel minier et aurifère insondable qui s’y trouve, me parait absurde.

    (3)Les deux Gouvernements sont en retard par rapport à la réalité économique et géographique que vivent les deux Peuples de part et d’autre de la frontière.

    Il faudrait absolument en finir avec la sous estimation des dangers potentiels liés aux conflits nés de l’exploitation aurifère. Il serait souhaitable de s’adresser à la Communauté internationale pour règler la question du tracé des frontières de façon définitive tout en procédant carrément au bornage de la totalité de la frontière Guinéo-Malienne.

    Le Burkina Faso et le Niger partagent environ un millier de kilomètres de frontière commune, dont un tiers a déjà été borné avant 2013.

    Le reste du tracé, contesté par les deux parties, a été redéfini dans un arrêt rendu le 16 avril 2013 par la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye, qui a attribué 786 km2 Nigériens au Burkina Faso, tandis que 277 km2 Burkinabè ont été rendus au Niger.
    En mai 2015, les deux pays ont entamé le bornage de leur nouvelle limite commune, longue de 630 km.

    D’après la Secrétaire Permanente de la Commission Nationale des Frontières du Burkina Faso, le Burkina Faso gagnera ainsi 14 villages, contre 4 pour le Niger à la fin du bornage. Ce bornage a été finalement bouclé en 2016.

    Au terme de l’opération, il y aura un recensement des populations des localités concernées, qui auront le droit de choisir leur nationalité, assure la Secrétaire Permanente. Elles disposeront de cinq ans pour le faire.

    Et puis c’est tout, le Niger et le Burkina Faso continuent leur bon voisinage dans la meilleure entente. La vie continue sans aucune histoire, grâce à la proactivité extraordinaire et sage des dirigeants des deux pays frères !

    Presque dans les mêmes conditions, le Nigeria et le Cameroun ont règlé la question litigieuse de la péninsule de Bakassi grâce au soutien de la communauté internationale et aux décisions rendues par la Juridiction internationale de la Haye et acceptées par les deux pays.

    Pourquoi, la Guinée doit-elle remettre à des lendemains incertains, la question de la délimitation et du bornage de ses frontières avec ses voisins du Mali, de la Côte D’Ivoire et même du Sénégal et de la Guinée Bissao ? C’est potentiellement très dangereux pour le pays et pour l’avenir de la Nation.