Le maire d’Amman reçoit Alpha Condé à l’aéroport. Est-ce un signe d’estime et de considération ?

14 novembre 2017 15:15:49
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Depuis son arrivée au pouvoir, Alpha Condé, le président de la Guinée, n’a cessé de voyager.

Pour ce dernier périple, qui l’a successivement mené à Tanger, au Maroc où il a participé à un forum dont le thème était : « De la défiance aux défis dans l’ère des grands bouleversements », –  à Paris à une réunion préparatoire des bailleurs de fonds sur la Guinée, à Bonn, à une autre réunion sur les changements climatiques, un simple ministre ou  un haut fonctionnaire de l’État pouvait faire le déplacement pour représenter la Guinée.

Pour sa dernière étape, à Amman en Jordanie, il s’agissait  d’un voyage officiel, comme l’a rapporté, l’agence de presse Petra, citée par Jordan Times, le quotidien, en langue anglaise du pays. Et lors des voyages officiels, il y a un strict protocole à respecter.

Selon ce quotidien, c’est le maire de Amman, la capitale, Yousef Al- Shawarbeh, qui aurait reçu le président de la république, à sa descente d’avion, à l’aéroport Queen Alia.

On apprend qu’un tête-à-tête est prévu au palais royal, avec le roi Abdullah et que le président guinéen, était là sur invitation de la chambre d’industrie de la Jordanie. À cette chambre, il a rencontré les opérateurs économiques, en présence du ministre de l’Industrie, Muhammad Shehadeh. Il a invité ces derniers, à venir investir et leur a dit que le marché guinéen, était ouvert aux produits du royaume.

« Le problème avec ce voyage officiel, c’est le manque de considération envers la délégation. On ne peut l’ignorer, car ça saute aux yeux. On sent que le niveau d’estime  n’est pas trop à la hauteur des rapports, ce qui affecte l’honneur fait à Guinée », nous rapporte un critique.

À quelle logique obéit ce périple ? S’agit-il vraiment d’un voyage officiel, privé ou d’un voyage mi- officiel mi- privé ?

L’agenda lui-même nous donne l’indication, même si l’Agence de presse, a donné un autre sens à la visite, le dimanche.

D’ailleurs, c’est cette même agence qui nous apprend que le président Alpha Condé, est l’invité de la chambre de commerce et de l’industrie, dans son édition, de ce lundi, 13 novembre, 2017.

Comme il y a toujours un mystère autour de ces voyages à l’étranger, peut être qu’on ne le saura jamais.

En tout cas, on ne peut faire recevoir, un dignitaire de haut rang, de surcroît, président d’un pays, président en exercice de l’Union Africaine, par un simple maire, nommé, en août dernier. Un meilleur traitement aurait pu lui être réservé.

Si le roi ne peut venir, il y a le Premier ministre, ou au moins, le ministre des Affaires étrangères, ou encore un ministre d’un autre rang.

En Guinée, on ne saurait envoyer un  maire du  Grand Conakry, ou un gouverneur de la ville, aller cueillir, un chef de l’État, un souverain, à l’aéroport Gbessia.

« Le hic, c’est que ça n’indigne, n’offusque et scandalise personne, côté guinéen. Et pourtant, des dispositions protocolaires et diplomatiques n’ont pas été respectées. Le voyage a été mal préparé, certainement côté guinéen, où un service de protocole et de voyage présidentiel, digne de ce nom, fait défaut. Il y a des choses qui ne sont pas dans l’ordre normal du protocole, qui ont été ignorées », commente un diplomate guinéen à la retraite.

Il y a des chefs d’État qui ne viennent jamais cueillir leurs hôtes dans les aéroport . Aux États -Unis, par exemple le président ne se déplace pas. Mais le protocole prévoit l’envoi de hauts cadres des affaires étrangères, pour la réception à la descente d’avion. Différents pays ont leurs habitudes protocolaires, mais il y a toujours un minimum de considération, à tenir compte.

Pour ce qui est de la Jordanie qui est un royaume, le roi est un monarque  moderne, relaxe et très décontracté. Le roi Abdullah est fréquent à l’aéroport pour accueillir et raccompagner les chefs d’État en visite officielle, d’amitié ou de travail. Il a même été vu conduire son propre bolide Mercedes, pour raccompagner Colin Powell, à l’aéroport. Selon les archives, le roi a reçu personnellement, de nombreux  dignitaires à l’aéroport, y compris africains, durant son règne.