La journée panafricaine des femmes célébrée en Guinée en présence d’Alpha Condé

01 août 2017 1:01:22
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Un vibrant hommage a été rendu à feue Hadja Jeanne Martine Cissé, première présidente de l’organisation panafricaine des femmes ce lundi à Conakry. C’était à l’occasion du 55ème anniversaire de l’organisation. Cette journée de la femme à été aussi une occasion pour les Guinéennes de revendiquer plus d’autonomie et dénoncer quelques maux auxquels elles sont confrontées. Il s’agit du mariage précoce et de la mutilation génitale féminine. C’était en présence du président Alpha Condé.

Dans la salle des congrès du palais du peuple, la fête à mobilisé des femmes venues de toutes les corporations, a constaté Guinéenews©.

Le choix de la Guinée pour l’organisation de cette journée n’est pas fortuit.

« Fondée en 1962 avec la participation active de la feu Hadja Jeanne Martine Cissé qui fut la première présidente de l’organisation Panafricaine des femmes (OPF) nous avons trouvé opportun de célébré son 55ème anniversaire sur le sol Guinéen », a déclaré Mahawa Kaba représente de la présidente de l’OPF.

La Guinéenne Hadja Jeanne Martine Cissé, a joué un rôle important dans la mise en place de l’OPF. A travers cette journée, l’organisation panafricaine des femmes lui rend hommage. Hadja Tata Sadio Touré, l’une de ses filles ne cache pas son émotion. « Je suis partagée entre la joie et la tristesse parce qu’elle n’est pas là pour assister à cette journée. Je remercie les initiateurs », a-t-elle déclaré.

L’autonomisation de la femme passe forcement par son éducation c’est pourquoi Makalé Traoré de la COFIG exhorte à plus de scolarisation de la couche féminine. « Pour arriver à l’autonomisation de la femme il y a des prêts requis. Il faut que la femme soit formée qu’on ne la marie pas trop tôt par ce que la meilleurs garantie d’avenir c’est l’instruction », l’ancienne ministre de la fonction publique.

Le mariage précoce et l’excision freinent l’émancipation et l’autonomisation des femmes en Afrique, particulièrement en Guinée. Le président Alpha Condé, quand à lui, appelle à une mobilisation des femmes pour éradiquer le phénomène. « La femme africaine est confrontée à deux problèmes majeurs. Il s’agit du mariage précoce et de l’excision. Je pense que dans ces deux cas-là  Guinée a encore beaucoup de pas à franchir. Les femmes guinéennes doivent réellement se mobiliser pour combattre ces deux fléaux », souhaite le président de la république.

« C’est à cela que cette journée nous interpelle. Comment nous organiser pour faire face à ces défis. On a une loi en Guinée qui interdit l’excision, des lois qui fixent l’âge minimum du mariage. Mais, qui surveille l’application de ces lois ? Qu’est-ce que les femmes font pour que ces lois soient respectées ? Parce que les violations sont aussi en partie les femmes », lance Hadja Saran Daraba.

Certaines associations multiplient les efforts pour l’émancipation des femmes. À Dubreka par exemple, elles sont formées dans plusieurs domaines. « On a formé 10 associations de femmes à Dubréka en teinture, en saponification, en couture, en art culinaire et agro-alimentaire. Ces 150 filles aujourd’hui sont installées en associations et elles travaillent pour subvenir à leur besoin ,  confie la directrice du centre d’autonomisation des femmes de Dubreka.

L’OPF est devenue une agence de l’Union Africaine depuis janvier 2017. Les femmes espèrent que cela devienne une ouverture vers des actions concrètes pour leur émancipation.