La Guinée et la Banque Mondiale signent deux accords à hauteur de 52 millions de dollars (vidéo)

26 juillet 2017 20:20:02
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La Guinée a paraphé ce mercredi 26 juillet deux accords avec la Banque Mondiale (BM) à hauteur de 52 millions de dollars. La cérémonie de signature s’est déroulée dans les locaux du ministère de l’Economie et des Finances à Kaloum, a-t-on constaté sur place.

Dans son allocution, le Représentant pays de la Banque Mondiale en Guinée, M. Rachidi Rajdi a fait savoir que ces deux accords sont des dons qui constituent des points importants de partenariat entre son institution et la Guinée.

Du premier accord  qui concerne le secteur de l’eau, M. Rajdi a dit qu’il a été approuvé par le conseil d’administration de la BM le 27 juin dernier et qui a comme objectif d’améliorer la disponibilité de l’eau potable en Guinée ainsi que des services d’assainissement aux populations dans la zone métropolitaine de Conakry. «Ce premier accord marque le réengagement de la Banque Mondiale dans le secteur de l’eau en Guinée», a-t-il précisé.

Sur les 52 millions de dollars, M. Rajdi a rappelé que 30 millions sont destinés au projet devant augmenter la production en eau sur la surface de Conakry de près de 86 mille m3 par jour mais aussi de contribuer au renforcement des capacités et à l’opérationnalisation de la Société des Eaux de Guinée (SEG). «Au total, 7.730.000 personnes bénéficieront des résultats de ce projet», a-t-il annoncé.

Revenant sur le deuxième accord, M. Rajdi a indiqué que les 22 millions constitueront un appui au Gouvernement pour poursuivre ses efforts en vue d’améliorer la gouvernance dans le secteur de la gestion des ressources humaines, mais plus globalement la gestion des finances publiques.

Le Gouvernement, représenté par la ministre de l’Economie et des Finances, Malado Kaba, a souligné que ces deux accords marquent une étape supplémentaire importante dans les relations bilatérales entre la Guinée et la Banque Mondiale.

Selon elle, ces accords permettront à la Guinée de renforcer la gestion des finances publiques, d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques ainsi que des conditions de vie des populations.

Parlant du second accord qui concerne par ailleurs un financement additionnel de 22 millions de dollars, Malado Kaba a affirmé qu’il va permettre la consolidation des acquis de l’appui budgétaire précédent et de donner une nouvelle dimension à la tenue des statistiques nationales en Guinée.

«Les enquêtes sur les ménages et sur les entreprises privées fiabiliseront avec ce financement additionnel, des comptes nationaux qui sont des éléments de base de calcul de la performance économique de notre pays. Il y a aussi des appuis qui concernent également le ministère du Budget en ce qui concerne la transparence budgétaire ainsi que le ministère de l’Economie et de Finances et aussi le ministère de la Fonction Publique», a-t-elle expliqué.

Parlant toujours de ces accords, Malado Kaba dira qu’il s’agit de poursuivre avec diligence les efforts engagés pour conduire de bonnes politiques économiques. Pour elle, celles-ci s’ordonneront nécessairement autour d’un certain nombre d’actions: l’amélioration de la gouvernance; la transparence; la responsabilité dans la gestion des ressources publiques; mener des politiques économiques et financières avisées et des reformes structurelles qui sont efficientes.

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  • CONDÉ ABOU

    Quelle gouvernance économique pathétique pour ce pays ! La Banque Mondiale qui offre à titre de dons, 52 millions de Dollars US, quasiment 5 ans après l’éligibilité du pays au PPTE en Septembre 2012, et en dépit de tous les programmes de redressement économique et financier mis en oeuvre.

    Comment a-t-elle agi au Rwanda, au Kenya, au Sénégal, en Côte D’Ivoire, au Burkina Faso, au Ghana, et au Cap Vert ?

    Question. Comment la Guinée financera-t-elle son tout nouveau Plan National de Développement, au moment où sa gouvernance publique ne progresse pas vraiment de façon significative ?

    Notre pays a clairement de sérieux problèmes de gouvernance et d’insuffisance notoire de ses performances financières et budgétaires. Et il y a de quoi douter de sa capacité à faire du résultat dans la mise en oeuvre de son Plan actuel, surtout si l’on doit continuer de rêver au miracle dans les industries minières extractives, ce qui est tout simplement un leurre pour la Nation.

    Dans son Communiqué de Presse No 2018/004/AFR du 24 Juillet dernier, la Banque Mondiale avait fait un diagnostic clair et net sur l’Évaluation des politiques et des institutions nationales en Afrique.

    Son rapport sur l’evaluation des politiques et institutions nationales (CPIA) publié le 24 Juillet à Washington DC, constate que pour 38 des 54 pays du continent, la qualité des politiques et des institutions nationales a reculé.

    Or dans ce Rapport qui sert de base à l’allocation des prêts et dons aux pays Africains les plus pauvres, la Guinée n’est pas en bonne position dans le classement, au regard de son résultat (0,1 point de mieux en 2016 par rapport à 2015). En clair, notre gouvernance n’est pas bonne, et c’est ce qui pose problème en lisant ce papier de Guineenews.

    Depuis 1980, les notes de la CPIA déterminent l’allocation de prêts sans intérêts et de dons aux économies éligibles au soutien de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds du Groupe de la Banque mondiale pourvoyeur de financements concessionnels.

    Ces notes reposent sur 16 indicateurs de développement dans quatre domaines: la gestion économique, les politiques structurelles, les politiques d’insertion sociale et d’équité, la gestion et les institutions du secteur public.

    Les pays sont notés sur une échelle de 1 (note la plus faible) à 6 (note la plus élevée) pour chaque indicateur. La note globale étant égale à la moyenne des quatre domaines évalués.
    La note moyenne pour les 38 pays africains évalués en 2016 a légèrement baissé à 3,1.

    Le Rapport d’Evaluation intitulé CPIA (Evaluation des politiques nationales et des Institutions nationales en Afrique) est à la Gouvernance du pays ce que le Doing business est pour le climat des affaires, publié annuellement par la Société financière internationale (IFC), filiale du groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. C’est tout dire !

    Intitulée Évaluation des politiques et des institutions nationales en Afrique (CPIA), la dernière mouture du rapport décrit un état des lieux préoccupant de la gestion économique, des politiques structurelles et d’inclusion sociale ainsi que du secteur public dans certains pays du continent.

    En tête du classement également réalisé par la Société Financière Internationale (IFC), le Rwanda qui a mis en place un comité dédié aux réformes et aux politiques publiques renforçant la qualité de ses institutions se voit attribuer la note de 4 sur 6. Il est talonné par le Sénégal et le Kenya, qui récoltent chacun 3,8.

    CONCLUSION:

    Le dernier Rapport d’Evaluation de la Gouvernance de la Guinée, confirme tout ce qui avait écrit de bonne foi et à longueur du temps sur Guineenews, par rapport à la nécessité pour le Gouvernement de changer de politiques dans sa gouvernance publique.

    Que la Gouvernement mette en place aujourd’hui, une véritable Agence Nationale indépendante dédiée à la lutte contre la corruption et développe un système de renforcement du contrôle des finances publiques, c’est le pays qui gagnerait énormément de points dans le chapitre de sa gouvernance.

    Que le Gouvernement passe à l’action pour combattre la délinquance financière et administrative, et l’impunité notoire dans l’Administration publique, c’est le pays qui avancera auprès de la communauté des investisseurs internationaux. C’est ce qui ouvrirait le boulevard à l’arrivée massive des capitaux étrangers, indispensables aux investissements clés dont le pays a cruellement besoin dans tous les domaines.

    Que le Gouvernement change sa politique actuelle de décentralisation et qui plombe inutilement les budgets des Communes et des collectivités décentralisées, c’est le développement de la gouvernance locale du pays qui en profitera.

    Qu’il y ait plus de visibilité dans les résultats de la lutte contre l’insécurité galopante des personnes et des biens, et dans le renforcement des Institutions nationales y compris au niveau de la Justice, de la Médiature de la République et de la CENI, c’est la gouvernance publique et l’État de droit qui se feront plus respectables aux yeux de l’ensemble des partenaires au développement.

    Continuer à compter aveuglement sur l’aide publique au développement ou sur les dons des Institutions financières internationales, alors que les entreprises du portefeuille de l’Etat sont dans une situation de gestion des plus catastrophiques, est tout simplement de l’utopie devant les défis actuels de l’Économie réelle en Guinée.