La dépigmentation : Un fléau qui fait des ravages à Guéckédou

30 novembre 2017 10:10:20
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 » Teint clair forcé ! « , semble être le nouveau slogan des femmes à Gueckedou. Voir une femme noire à la peau d’ébène dans cette ville, n’est pas facile. La quasi-totalité des femmes de cette préfecture ont changé de teint.  Jeunes filles, femmes mariées, femmes âgées, elles sont toutes dépigmentées. Leur peau a perdu sa couleur authentique. S’éclaircir la peau, est devenu une mode voire une obligation.

Pour les femmes de Guekedou, la beauté et le charme passent par-là. Pour être vue et être appréciée, il faut nécessairement avoir la peau « claire » comme on le dit. La plupart des jeunes filles pensent que pour séduire les hommes, il faut dépigmenter sa peau. Le comble, c’est l’attitude des femmes médecins, elles qui sont sensées connaître les risque de l’utilisation abusive des produit cosmétiques, sont les premières à en faire usage.

Curieux aussi à Gueckedou, c’est la présence des hommes sur la liste. Des jeunes artistes qui pensent eux aussi que pour avoir le succès, il faut forcement tatouer et « dégommer » la peau. Et cela se pratique au su et au vu des parents. Ce phénomène qui prend de l’ampleur à Guéckédou, inquiète tout le monde. Faut-il alors interdire l’importation des produits cosmétiques ?

Pire, celles qui utilisent ces produits ignorent leurs inconvénients. C’est le cas  d’Adama Sidibé et de Sia Delphine Kamano, toutes  deux élèves dans un collège de la Commune Urbaine. Elles utilisent les produits éclaircissants parce qu’elles estiment que ces produits leur aident à lutter contre les boutons sur la peau. Et pourtant de l’avis des dermatologues, ces produits qui inondent nos marchés détruisent la mélamine et exposent la peau à toute sorte d’agression sur la peau sans compter les conséquences en cas d’intervention chirurgicale.

Selon Dr Onivogui Akoï, traumatologue à l’hôpital préfectoral, cette dépigmentation est due au  manque d’informations, l’influence de la mauvaise fréquentation et les réseaux sociaux.

 » Nous rencontrons beaucoup de difficultés avec des patientes dépigmentées quand elles ont des fractures ouvertes. Il est très difficile de faire la suture. A chaque fois qu’on tente de rapprocher les verges, le fil  déchire la peau « , affirme-t-il.

Quant au docteur Balla Moussa Kéita de l’ONG International Médical Corps, il affirme ceci :  » Les personnes qui blanchissent leur peau comme une salamandre ignorent le danger qu’elles courent par rapport à ce phénomène. D’abord elles ont des difficultés de cicatrisation en cas de blessure, mais aussi la diminution du système immunitaire «  avant d’ajouter que la dépigmentation de la peau favorise le diabète, l’hypertension, le cancer…

Contrairement à ces nombreuses femmes qui pratiquent la dépigmentation, Mariam Sewa Sidibé, elle, la déteste  et dit être fière de son teint noir. Elle poursuit que tout homme qui l’aime, l’aimera avec son teint naturel. Mais elle refuse toute idée de dépigmentation de sa peau.

Vu l’ampleur de ce phénomène de mode, beaucoup s’interrogent sur l’avenir de la femme  à la peau noire.