Km-36 : la gendarmerie met aux arrêts une ‘’voleuse’’ de bébé

06 septembre 2017 17:17:47
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L’escadron de la Gendarmerie mobile No 6 de Sanoyah-Km36, dans la préfecture de Coyah, a présenté lundi 5 septembre à la presse, une jeune fille pour ‘’enlèvement’’ d’un bébé de deux mois retrouvé deux mois après dans un quartier de la préfecture de Dubreka. Voici les témoignages de la mère de l’enfant qui porte son bébé sur la photo ci-dessous, du chef du secteur Mamboya ouest où l’enfant a été retrouvé et des responsables de la Gendarmerie sur les circonstances de la disparition de l’enfant et les démarches ayant abouti à l’arrestation du bourreau:

Mama Aïssata Bangoura, mère du bébé enlevé: «celle qui a enlevé mon enfant m’avait dit qu’elle s’appelait Fatim.  Nous nous sommes rencontrées pour la première fois au Km-36, elle était très sale. Elle m’a demandé de lui prêter des habits. Je l’ai fait. Je l’ai perdu de vue depuis cette date avant de nous rencontrer de nouveau en ville quand j’étais enceinte. Nous étions voisines jusqu’à l’accouchement. Et elle venait chaque fois s’amuser avec mon enfant qui s’est même habitué à elle. Depuis l’accouchement, je n’étais pas du tout bien-portante. J’étais couchée, mon ventre me faisais très mal, une fille du nom de M’Ma Camara est venue prendre mon enfant, une fille à ma copine. Quand celle qui a volé mon enfant est venue chez moi, elle est allée dire à cette fille que je lui ai autorisée d’aller chercher le bébé. Elle a pris mon enfant à 9h ce jour, je ne me souviens plus du jour, elle est partie avec l’enfant. Après son départ, comme si quelqu’un me parlait, j’ai couru pour aller chercher l’enfant. Et la petite fille qui le détenait m’a dit : celle qui vient habituellement s’amuser avec ton enfant l’a envoyé avec elle en me disant que c’est toi qui l’a autorisée de venir le chercher. Je suis sortie pour aller à  sa recherche jusqu’à Boulbinet. On parle d’elle dans les bars, il n’y a pas un seul bar en ville où je ne me suis pas rendue à sa recherche. J’ai montré la photo de mon enfant au poste de Police de Boulbinet et je suis revenue à  la maison. Nous avons cherché l’enfant partout, en vain. Au lendemain matin de la fête de Tabaski, j’ai eu des renseignements m’indiquant qu’elle est au Km-36. Je suis sortie la nuit à 23h à sa recherche. Je suis allée au «camp civil» et dès qu’elle m’a aperçue, elle a pris la fuite pour aller dans les couloirs du camp. Je suis revenue me changer à la maison pour repartir me cacher dans les parages. Elle est venue jusque sous mon nez, j’ai crié au secours. Les gens sont venus l’arrêter. J’ai dit aux gens de ne pas la lâcher et je suis allée informer ma famille. Nous sommes revenus la chercher et nous l’avons conduite jusqu’à la maison. De là, nous sommes allés informer notre frère qui est un gendarme qui l’a conduite à son tour à la Gendarmerie. Nous y avons porté plainte, nous avons été auditionnés comme elle aussi. Et elle a indiqué où se trouvait l’enfant. Nous sommes rentrés pour revenir le lendemain et l’enfant nous a été remis. L’enfant à été enlevé à deux mois, il a maintenant 4 mois ».

Ibrahima Sory Camara, Chef du secteur Mamboya ouest, adjudant de la Douane : « un jour à 17h sous la pluie, j’ai vu un citoyen du nom de Ibrahima Lincoln Camara venir m’exprimer ses inquiétudes. Il m’a dit qu’une fille est allée laisser un enfant chez lui, un garçon et depuis, il l’a perdu de vue. J’ai demandé où se trouvait l’enfant en ce moment. Il m’a répondu qu’il se trouvait chez lui à la maison. Je lui ai demandé d’envoyer l’enfant. Sur place, j’ai appelé la Gendarmerie ainsi que les autres responsables du quartier pour leur donner l’information. Le jeune est venu avec l’enfant, je l’ai envoyé au bureau du quartier, ensuite à la gendarmerie. A la gendarmerie, Lincoln à donné les explications au Commandant.  Le commandant à demandé de faire une mise à disposition au chef de secteur pour s’occuper de l’enfant en attendant la suite des enquêtes pour retrouver ses parents. Le Commandant m’a dit de garder l’enfant jusqu’au moment où les parents seront retrouvés afin de rembourser les dépenses effectuées pour éviter que l’enfant soit abandonné. Cela fait plus d’un mois. Lundi, j’étais à la Direction, on m’a appelé vers 12h pour me dire que la gendarmerie était chez moi à propos de l’enfant. Ma femme ne voulait pas laisser l’enfant avec les gendarmes, je lui ai dit de leur remettre. J’ai demandé la permission et je me suis rendu à la gendarmerie où j’ai été entendu ».

Adjudant-chef Aboubacar Sidiki Camara, Secrétaire de L’escadron mobile No 6 à  Sanoyah-Km-36 : « le 2 septembre 2017, alors que j’étais au bureau de notre unité, nous avons reçu Mama Aissata Bangoura qui nous a déposé une plainte sur la disparition de son enfant à  Boulbinet. Nous avons directement rendu compte au Commandement. Le lendemain, le Commandant, Chef d’escadron Tidiane Damaro Camara, à ordonné d’aller à Kalema à Dubreka pour récupérer l’enfant et l’amener à l’escadron.  Ce qui fut fait. Nous sommes allés là-bas et effectivement, nous avons trouvé l’enfant dans les mains d’une femme. On a pris la femme qui gardait l’enfant et l’enfant, lui-même, Mohamed Camara et nous les avons conduits devant le Commandement. D’enquête en enquête, l’enfant et tous les gens qui l’ont touché ont été conduits ici, y compris Salématou Lamah qui a enlevé l’enfant à Boulbinet. Nous avons procédé à l’audition et Salématou Lamah, reconnaît avoir enlevé l’enfant à  Boulbinet, il y a un à deux mois de cela. Quand nous sommes allés récupérer l’enfant dans les mains de Mme Aminata Kolie, elle a reconnu aussi que la fille est allée lui déposer l’enfant et quitter pour une destination inconnue avec une petite fille. La suite de la procédure se trouve à la discrétion du Commandement. Pour le reste, la Justice est là pour trancher car force reste à la loi».

Salématou Lamah, la ‘’Voleuse’’ : « un jour, j’ai rencontré cette femme ici, nous nous sommes retrouvées à  Boulbinet alors que je me rendais chez une copine. Elle m’a demandé si je l’a reconnaissait. Elle m’a rappelé qu’un jour, c’est elle qui m’avait prêté des habits pour sortir ensemble pour une soirée dansante. Je l’ai reconnue. Elle m’a donnée à un jeune avec qui je me suis séparée d’ailleurs. Tous les jours, je partais m’amuser avec son enfant. Un jour, alors qu’elle était couchée, souffrant des maux de ventre, je suis allée chez elle et je lui ai demandé où se trouvait son enfant. Elle m’a répondu qu’il était avec la fille de sa copine. Je suis allée vers cette fille et je lui ai demandé où se trouvait la maman de l’enfant, la fille m’a répondu qu’elle était couchée et qu’elle souffrait des maux de ventre. J’ai pris l’enfant, je l’ai mis au dos. J’avais 25 000 francs, je me suis embarquée. Arrivée au niveau de Donka, je me suis arrêtée et je me suis dit, si J’envois cet enfant, ils vont m’arrêter. Je me suis retournée avec l’enfant jusqu’à Kalema à  Dubreka. Arrivée, je suis allée voir une tantie à moi, une forestière qui m’a demandé de l’enfant. Je lui ai répondu qu’il s’agissait de mon enfant. Quelque temps après, Lincoln aussi m’a vu et il m’a posé la même question. J’ai répondu qu’il s’agissait de l’enfant à un de mes petits. Il m’a demandé si cela était vrai, d’aller avec lui à la maison pour demander à ce jeune. Nous avons duré à la maison. J’ai mis l’enfant au dos,  j’ai pris son téléphone et je suis allé au bar. J’ai trouvé la fille de ma tantie, je lui ai dit d’envoyer l’enfant chez elle et de dire à sa maman que je reviendrais chercher l’enfant après. Et depuis, l’enfant est resté là-bas. J’ai pris l’enfant parce que je l’aime. Un jour une copine du nom de Fatim m’a annoncé qu’une femme recherchait son enfant. Je lui ai demandé où se trouvait cette femme. Et elle m’a dit que c’était notre copine. Après, elle m’a demandé d’aller nous balader vers « le camp civil. C’est là  qu’on m’a arrêtée.»

Sur la question de savoir ce qu’elle voulait faire du bébé, Salématou Lamah répond l’avoir pris par amour pour lui et qu’elle n’avait aucune intention de le revendre. Célibataire de son état et mère d’un enfant, Salématou Lamah qui reconnaît sa forfaiture s’est mise à demander pardon à la mère de l’enfant volé.

Selon l’officier de l’Escadron mobile de la Gendarmerie de Sanoyah-Km 36, de tels cas sont souvent enregistrés au niveau de leur unité.