Kankan : sidérés par les délestages récurrents, des jeunes ont battu le pavé ce lundi

11 mai 2017 19:19:37
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Un groupe de jeunes de la commune urbaine de Kankan a manifesté ce jeudi 11 mai contre les délestages de plus en plus récurrents du courant électrique. Dans la matinée, des jeunes ont, effet, bravé l’interdiction faite la veille par les autorités locales en marchant du rond-point Komarala jusqu’à la résidence du préfet.

Là, le président du Mouvement Libéré Fasso, Sékou Kaba n’a pas mâché ses mots. « Nous marchons pour réclamer la fin des délestages du courant et de l’eau à Kankan. Toutes les promesses faites sont restées vaines et sans lendemain », s’est insurgé le jeune Sékou Kaba.   

Pour lui, ni le projet d’électrification solaire dont la première pierre avait été posée par le président Alpha Condé en Octobre 2015, ni l’envoi des groupes électrogènes avec la ferme promesse de fournir le courant au moins 6 heures de temps tous les jours ; n’ont été tenus.

Répondant aux jeunes, le préfet a tout d’abord reconnu le manque d’électricité à Kankan avant de tenter de défendre le président Condé dans l’échec des différents projets d’électrification de la ville.

Parlant de la récente installation ratée de nouveaux groupes à Kankan, le préfet Aziz Diop soutient que le président Alpha Condé aurait été trompé par ceux qui ont installés ces moteurs. A en croire le préfet de Kankan, un procès pourrait être intenté contre ceux-ci.

Toutefois, M. Diop n’a pas manqué de dénoncer la manifestation des jeunes qu’il a d’ailleurs qualifiée de non-autorisée avant de menacer que dorénavant, il pourrait utiliser la force pour les en empêcher.

En retour, les jeunes ont réitéré leur engagement à poursuivre ces manifestations jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

Il faut enfin préciser que la manifestation contre les délestages de l’électricité de ce jeudi 11 mai à Kankan, est la seconde après celle du 12 mars dernier. Elle s’est déroulée sans incident et n’a pas affectée des activités économiques de la ville.

Mais ces mouvements d’humeur qui se succèdent à Kankan seraient, selon plusieurs observateurs, des signes d’un malaise social latent. D’où l’impérieuse nécessité pour les gouvernants de parer au plus pressé en trouvant des réponses idoines aux besoins d’accès aux services sociaux de base des populations, nous dit-on.

Amadou Timbo Barry, correspondant à Kankan. 

  • Lunda north

    Commenter :cela montre les promesse fallacieuses non tenue par ce vieillard satan et ses tentacules flanqué a sekhoutourea entrain de sucer le sang du peuple merde a vous,. ..

  • CONDE

    Nous sommes un pays d’une hypocrisie incroyable. Comment la Société Civile, les forces politiques de l’ensemble de la région de Kankan, n’ont même pas le courage de soutenir une mobilisation pleinement justifiée des Jeunes de Kankan, pour obliger le Gouvernement à prendre les décisions rationnelles qu’imposent le bon sens et l’intelligence économique tout court.

    Comment cette région de la Haute Guinée, pourra-t-elle espérer un décollage économique véritable lorsque la question de l’accès à l’énergie électrique n’est pas du tout réglée ? Par quelle magie cette région se développera-t-elle sans accès à l’énergie électrique bon marché ?

    Même avec une mobilisation populaire générale et avec la pression qu’il faut, en l‘espace de 6 mois, le Gouvernement Guinéen devrait pouvoir règler cette question, en négociant un contrat d’achat de l’énergie électrique auprès de la Côte D’Ivoire. Une opération comme celle négociée par le Mali en 2014, a permis le transport et la fourniture du courant à plusieurs villes du Sud du Mali à partir de la Côte D’Ivoire. Ne parlons même pas de la fourniture et de la vente du courant électrique faite par la Côte D’Ivoire au Burkina Faso, au Ghana, au Togo et au Benin, pour dire à quel point les solutions économiquement viables, existent !

    Un scénario aussi simple comme celui de la connexion sur le réseau électrique de Côte D’Ivoire même à hauteur de 150 Mégawatts, permettrait à la Haute Guinée et à la Guinée Forestière d’en finir avant Décembre 2017, et pour longtemps avec l’obscurité actuelle et booster le développement des forces productives des deux régions.

    Si la volonté politique était vraiment au rendez-vous au niveau du RPG et de son Gouvernement, la construction du barrage hydroagricole de Fomi aurait déjà résolu une bonne partie de la question énergétique des 2 régions les plus marginalisées en termes d’investissements publics.

    Dramatique et lamentable de devoir constater une injustice aussi flagrante, un manque aussi criard d’investissements publics dans le secteur de l’énergie électrique de Kankan jusqu’à N’Zérékoré.
    Farouche soutien, clair et net aux Jeunes de Kankan.