Kankan : les paysans confrontés à un grave déficit de pluies

02 août 2017 14:14:31
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Au troisième mois de la saison des pluies en Guinée, les précipitations se font rares à Kankan. Ceci est d’autant plus évident, que la dernière précipitation à Kankan du mois de juillet et août réputés être pluvieux, date du 28 juillet dernier. Ce qui suscite des inquiétudes chez les populations au premier rang des quels, les agriculteurs.

Pour expliquer ce phénomène de raréfaction des pluies, divers raisonnements y compris ceux irrationnels, sont avancés. Plusieurs interlocuteurs attachés aux valeurs traditionnelles et religieuses, pointent du doigt, la prolifération des comportements immoraux qui susciteraient la colère de Dieu.

Pour Souleymane Traoré et Moussa Diawara tous deux paysans, c’est la dépravation des mœurs notamment des jeunes, serait à l’origine de cette colère divine. «Avec tout ce que nous connaissons comme pratiques malsaines dont la prostitution, l’alcool…, Dieu s’est fâché en retenant sa pluie », a laissé entendre Souleymane Traoré.

Le Directeur régional de la météo, Amara Camara, quant à lui, confirme le phénomène avec des chiffres. Selon lui, au mois de juillet 2017, Kankan n’a connu que 15 jours de précipitation sur 31 avec 131,1 mm de pluies. Alors que pour la même période de l’année dernière, il y a eu 21 jours de pluie avec 217,3 mm.

Toutefois, selon M. Camara, en comparant le 1er semestre 2017 à celui de 2016, il y aurait plus de pluies cette année avec 489,5 mm d’eau en 36 jours contre 447,7 mm d’eau en 38 jours l’an dernier.

Sur les raisons de cette situation, le Directeur régional de la météo de Kankan, pointe du doigt les conséquences des actions anthropiques sur l’environnement. Pour lui, il s’agirait des effets de la dérèglementation climatique essentiellement dus aux dégâts causés par les Hommes sur leur environnement.

Désormais ce qui semble inquiéter les uns et les autres à Kankan, c’est la durée que pourrait prendre le phénomène. Car, selon certains spécialistes, un grand écart entre les pluies risque bien d’impacter les cultures et par conséquent, les rendements.

Amadou Timbo Barry, correspondant à Kankan