Justice – procès des présumés meurtriers de Mohamed Koula : place aux débats de fond

01 août 2017 10:10:46
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Après le report intervenu le 17 juillet dernier, la phase de jugement a repris ce lundi dans le dossier sur l’assassinat en février 2016 du journaliste Mohamed Koula Diallo aux abords du siège de l’UFDG (siège du principal parti de l’opposition). Mais cette deuxième audience n’aura duré qu’environ deux heures, dans la restreinte salle du tribunal de première instance de Dixinn, qui n’a pas obtenu de la Cour d’appel la délocalisation souhaitée par les avocats des deux parties.

Seul un des deux accusés présents dans la salle d’audience a donc pu être entendu avant le renvoi de l’affaire à l’audience du 11 septembre — la vacance judiciaire commence ce mardi 1er août.

A la barre, Amadou Sow, un des gardes du corps de Cellou Dalein, a nié les faits. L’accusé a même déclaré qu’il n’est pas la personne recherchée dans cette affaire. Mais plutôt, le couple Diallo (Cellou Dalein et sa femme).

Dans la suite de son audition, l’accusé a rapporté les tortures dont il aurait été victime à l’enquête préliminaire. Selon lui, le colonel Tamba Gabriel Diawara, directeur des investigations judiciaires de la gendarmerie nationale, a tenté d’arracher de lui des aveux à travers ces tortures. « Tamba Gabriel m’a dit qu’on a été préparé pour attenter à la vie de Bah Oury…J’ai été torturé par lui, la seule chose qu’il ne m’a pas faite, c’est de me braquer une arme », a accusé Amadou Sow.

Ne croyant pas à ces explications de l’accusé, les avocats de la partie civile l’ont assommé avec une série de questions. Comment avez-vous appris l’assassinat du journaliste Mohamed Koula Diallo ? L’a interrogé Me Kpana Emmanuel Bamba, l’un d’eux. En réponse, Sow dira qu’il a appris l’assassinat du journaliste au lendemain du 05 février 2016 ­ — jour de l’assemblée extraordinaire qui a entrainé l’assassinat du journaliste. Cela, a-t-il indiqué, pendant que son patron Cellou Dalein communiquait au téléphone.

Amadou Sow a indiqué que lors des violences aux abords du parti, il n’a entendu aucun coup de fusil. Par contre, il a assisté à des jets de pierre. Ce jour, a-t-il raconté, Souley Tchianguel — le chargé de la communication qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt dans ce dossier — l’avait chargé de veiller à ce que personne ne filme les affrontements. Alors, il s’était détaché de la garde de Cellou Dalein pour observer les actions.

Seuls deux des trois avocats de la partie civile auront la chance de poser des questions à l’accusé. Me Amadou Oury Diallo sera interrompu par le tribunal pour permettre le retour des accusés en prison.

Liberté provisoire refusée

A cette étape de la procédure, les avocats de la défense estiment que leurs clients peuvent être en liberté provisoire sans aucun risque. Mais le juge Magadouba Sow voit les choses autrement. Il a donc rejeté cette énième demande de liberté provisoire en faveur des accusés en prison depuis février 2016.

Nonobstant ce rejet, Me Salif Béavogui, l’un des avocats de la défense, est sorti satisfait de cette audience. Il estime qu’avec ces explications du premier accusé, la vérité a commencé à être connue par tous.

Il faut signaler que le vice-président banni de l’UFDG, Bah Oury, a assisté à cette deuxième audience, la plus intéressante depuis le début du jugement. A la base des affrontements qui ont entrainé l’assassinat du journaliste — ce 05 février 2016, il n’était pas le bienvenu au siège du parti — , Bah Oury s’est constitué partie civile dans ce dossier dans lequel sont poursuivis cinq proches de Cellou Dalein dont trois seraient en fuite.