Journée mondiale du tourisme : le secteur pourrait apporter gros à la Guinée si…

01 octobre 2017 12:12:45
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Instituée lors de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à Torremolinos (Espagne) en septembre 1979, la journée mondiale du tourisme est célébrée le 27 septembre de chaque année depuis 1980.

Selon l’ONU, l’objectif de cette célébration est de rendre la communauté internationale plus consciente de l’importance du tourisme et de sa valeur sociale, culturelle, politique et économique.  « Tourisme durable, outil de développement », c’est le thème retenu cette année par les Nations Unies.

En Guinée, c’est le 30 septembre, en différé donc, que cette journée a été célébrée. Et c’est le site touristique et culturel de Milly Mamoudou, situé à quelques mètres du pont Kaaka (Coyah) qui a servi de cadre à cette cérémonie.

Le ministre d’Etat chargé de l’Hôtellerie, du Tourisme et de l’Artisanat, Thierno Ousmane Diallo était accompagné de son collègue du gouvernement, Oyé Guilavogui, ministre d’Etat chargé des Transports.

D’après Oyé Guilavogui, le tourisme pourrait apporter assez d’argent à la Guinée autant que les mines : « le tourisme est un secteur porteur de croissance. C’est un secteur qui est une véritable source de recettes si on s’y met en y injectant de l’argent. Et il peut  nous rapporter plus d’argent que les mines. Il y a des pays autour de nous qui ne sont pas des pays touristiques mais qui penchent leur économie sur le tourisme parce qu’ils sont convaincus que c’est un secteur qui peut apporter beaucoup d’argent à l’Etat. Mais pourquoi nous, d’autant plus que le ministre du Tourisme est un spécialiste en la matière.»

Quant au ministre d’Etat chargé du Tourisme, de l’Hôtellerie et de l’Artisanat, El hadj Thierno Ousmane Diallo, il a fait savoir que ce secteur ne peut se développer sans le respect de l’environnement.

« Cette année, on dit tourisme durable, outil de développement. Ça veut dire que dans le tourisme, il faut tenir compte de l’environnement. Il faut qu’on arrive, nous Guinéens, à comprendre que la nature que Dieu nous a donnée, nos ancêtres nous l’a léguée et on a l’obligation de la léguer à nos futures générations en la maintenant propre. Le tourisme ne peut pas se développer sans l’environnement. Il faut que nos villes et nos campagnes soient propres, que nos forêts restent

Plus loi, il soutient que le tourisme est transversal et que chacun y gagne son petit pain : « Le tourisme c’est notre affaire à tous. Ce n’est pas qu’une affaire de gouvernement. Le tourisme est un secteur transversal. Quand le touriste vient dans un hôtel, il mange ce que les maraichers ou le paysan a cultivé. Il mange du riz, du poisson, la laitue. De l’aéroport à l’hôtel, il utilise le taxi. Donc, ça fait travailler le taximan. Ensuite, avant de repartir chez lui, chaque touriste veut acheter un cadeau pour sa famille, à ses amis. Donc, cela aussi fait travailler l’artisanat. C’est un  problème qui  doit nous intéresser tous. »

Pour rappel, les Nations Unies ont choisi la date du 27 septembre pour faire cette célébration pour deux raisons. D’abord, c’est parce qu’elle coïncide avec l’anniversaire de l’adoption des statuts de l’Organisation mondiale du Tourisme (OMT). Ensuite, c’est parce qu’elle coïncide également  avec la fin de la saison haute dans l’hémisphère nord et le début de celle-ci dans l’hémisphère sud. Cette période correspond à celle où le tourisme est présent dans l’esprit de millions de personnes du monde entier.

  • CONDÉ ABOU

    Qu’est ce qui attire les touristes dans un pays, une région ou un continent? Un grand touriste Norvégien, Sven Brun, avait répondu ainsi qu’il suit: « Je voulais voir quelque chose de différent de l’Europe, alors j’ai décidé de visiter le Kenya et la Tanzanie. J’ai ressenti quelque chose de différent, et j’aime ça. »

    Le groupe de réflexion international McKinsey Global Institute, soutient que les touristes sont attirés par les pays jouissant de bonnes infrastructures, de sûreté, de sécurité, et d’assainissement.
    Janet Kiwia, la Directrice Générale de World Jet Travel and Tours en Tanzanie ajoute que les routes en mauvais état, les aéroports mal entretenus, les pannes d’électricité et autres carences éloignent les touristes.
    La sécurité des aéronefs et de l’espace aérien africains constituent aussi des motifs de préoccupation. En Juin 2012, deux avions se sont écrasés au Nigéria et au Ghana, tuant plus de 160 personnes en l’espace de seulement deux jours.
    En 2009, la Banque mondiale a constaté que 60% des pistes en Afrique du Nord étaient en excellent état, contre seulement 17% en Afrique subsaharienne. En outre, plusieurs aéroports de l’Afrique subsaharienne sont petits et ont de plus en plus de mal à gérer l’augmentation des arrivées de voyageurs. La plupart dépendent d’une seule compagnie aérienne et certains n’ont pas de grandes compagnies qui assurent les liaisons aériennes.
    Malgré tout, les observateurs du tourisme sont optimistes pour les pays Africains qui ont la volonté politique de se battre et de faire des investissements physiques indispensables, tout en changeant très positivement le climat des affaires.
    En 2004, les concepteurs du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) ont approuvé un plan d’action visant à faire de l’Afrique la « destination du XXIe siècle. »
    Taleb Rifai, Secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), depuis 2010, a récemment déclaré : « l’Afrique a été l’une des régions où le tourisme a le plus progressé ces dix dernières années …. Si les investissements sont judicieux, les touristes viendront en plus grand nombre, les investisseurs enregistreront d’excellents rendements, des emplois seront créés et l’économie tout entière bénéficiera. »
    Le secteur emploie déjà environ 7,7 millions de personnes en Afrique. M. Rifai venait de présenter des données montrant une augmentation constante du nombre de touristes en Afrique, de 37 millions en 2003 à 58 millions en 2009.
    Les recettes touristiques constituent une source vitale pour de nombreuses économies. Environ 50% du produit intérieur brut (PIB) des Seychelles proviennent du tourisme, 30% au Cap-Vert, 25% à l’île Maurice et 16% en Gambie.
    En 2016, l’apport du tourisme au Sénégal, était supérieur à 300 milliards de Francs CFA, selon un Rapport officiel, rendu public à Dakar, soit l’equivalent de plus de 540 millions de Dollars US !
    La Banque mondiale indique que le tourisme représente 8,9% du PIB en Afrique de l’Est, 7,2% en Afrique du Nord, 5,6% en Afrique de l’Ouest et 3,9% en Afrique australe. Et seulement 1% en Afrique centrale.
    Si vous voulez des éléments de comparaison entre le secteur touristique du Sénégal et tout le secteur minier de la Guinée, allez sur la dernière Balance des paiements de la Guinée. C’est quasiment du simple au double entre les deux pays, si vous raisonnez en termes de contribution au PIB: le tourisme au Sénégal et tout le secteur minier en Guinée.
    En 2016, le secteur minier Guinéen a contribué pour 98,97% (contre 84,12% en 2015) aux revenus d’exportation de la Guinée. Selon la récente publication de la Balance des Paiements, les exportations FOB (frais de transport et de douane y compris) sont passées de 1,78 milliard $ en 2015 à 2,4 milliards $ en 2016, en grande partie grâce à une hausse des valeurs des produits miniers exportés.
    La valeur totale des exportations de bauxite (principal minerai du pays) a augmenté de 48,11% à 882,99 millions $ grâce à l’évolution du prix du minerai sur le marché Asiatique (Chine, Singapour), principale cible de la Guinée.
    Dans le même temps, l’évolution du prix de l’or ainsi que les actions du Gouvernement pour aider les sociétés artisanales à expédier leurs produits, ont fait croître la valeur des exportations du métal de 48,7% à 960,92 millions $. Les exportations de diamants ont augmenté à 22,14 millions $ (21,83%), performance principalement attribuable au démarrage des opérations de Guiter Mining.
    Parallèlement, le secteur minier est également celui qui a importé le plus en 2016. Si les importations FOB de la Guinée ont augmenté de 102,10% à 4,4 milliards $, il faut noter que la valeur des équipements importés (principalement par les compagnies minières) compte à elle seule pour 2,18 milliards $, grâce aux importations d’équipements, effectuées par la Société Minière de Boké, la Guinea Alumina Corporation, et Winning Alliance Ports, au dernier trimestre 2016.

    Si vous croyez que le tourisme a un avenir quelconque dans ce pays, il vaudrait mieux vous armez de patience et de courage, car cela n’est pas pour avant des décennies.

    L’Organissation mondiale du Tourisme estime en 2017, que 5 objectifs fonadamentaux devraient être dans les priorités des Gouvernements:

    (1) Une croissance économique inclusive et durable
    (2) Une Inclusion sociale, la creation d’emploi et la réduction de la pauvreté
    (3) Une utilisation rationnelle des ressources, la protection de l’environnement et la lutte contre les changements climatiques
    (4) Les valeurs culturelles, la diversité et le patrimoine
    (5) La compréhension mutuelle, la paix et la sécurité.

    Sommes-nous en phase avec une quelconque diversification de l’Economie Nationale pour espérer de vrais progres économiques dans ce pays ? Allez savoir.