Des jeunes (50 ?) arrêtés et incarcérés à Sinko-Beyla : Une citoyenne demande leur libération

28 mai 2017 11:11:56
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Comme on le sait, un affrontement entre fractions rivales de jeunes a eu lieu à Sinko-Beyla le 2 mai dernier au tour du contrôle des recettes du marché. Ce mouvement s’est soldé par la blessure de dizaine de personnes, des dégâts matériels et l’arrestation de plusieurs jeunes.

Face à cette situation où des jeunes de la région sont privés de leur liberté, Diabaté Ganifo, une citoyenne de la localité a adressé une lettre ouverte au préfet de Beyla Lamine Cissé en vue d’obtenir leur libération. Lisez !

Lettre ouverte à monsieur le préfet de Beyla.

Monsieur le préfet,

Je me permets en ce début de semaine de vous écrire. Avant de commencer, j’aimerais me présenter. Je suis Diabate Ganifo, étudiante en master sciences criminelles à l’université de Nice (France). Je suis de la préfecture de Beyla (Sinko ) et jai 27 ans. En mon nom et au nom de la loi, excellence monsieur le préfet, je me permets de vous notifier certaines obdjectivités concernant la dissension survenue à Sinko le 2/05/2017 entre les jeunes et la mairie de Sinko.

Monsieur le préfet, voilà bientôt deux semaines que vous avez procédé aux arrestations pour des mesures d’enquête. Plus de 50 innocents qui sont incarcérés dans la maison centrale de Beyla.

Monsieur le préfet, conformément à l’article 77 du code de procédure pénale guinéenne qui dispose (si pour les nécessités d’enquête, l’officier de police judiciaire est amené à garder à sa disposition une ou plusieurs personnes contre lesquelles existent des indices de culpabilité, il ne peut les retenir plus de quarante huit heures. Par ailleurs, monsieur le préfet, l’article 6 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales prévoit la notion du procès équitable comme un principe universel. Ainsi, monsieur, après lecture de cette lettre, je vous demande de procéder dans les heures qui suivent à la mise à la disposition de ces innocents ou leur comparution devant l’autorité compétente qui est le juge d’instruction qui est habilité d’établir ou non leur culpabilité.

Excellence monsieur le préfet de Beyla, vous êtes conscient des irrégularités de la procédure d’arrestation à laquelle vous avez procédé depuis le 2/05/2017. Après le manque de respect de la procédure monsieur le préfet, est ce qu’on peut penser à un procès équitable ? Toutefois, si vous êtes incapable de juger les innocents incarcérés dans les prisons de Beyla, je vous demande, après lecture, de les libérer dans les jours qui suivent.

Pour terminer monsieur le préfet, vous êtes un officier de police judiciaire, à moins que vous ayez une mauvaise foi sinon la garde avis conformément à l’article 77 du Code de procédure pénale ne peut dépasser 48H. Par ailleurs, elle peut être prolongée par le procureur mais dans certaines situations notamment en matière d’atteinte à la sûreté de l’État ou en matière de stupéfiant. Nonobstant cette objectivité, nous sommes à l’extinction de tous ces principes aujourd’hui et vous continuez de retenir les innocents sans jugement. Libérez les innocents monsieur le préfet.

Recevez mes salutations les plus distinguées.

Nous y reviendrons.

  • CONDẺ ABOU

    C’est une excellente initiative de la part de notre compatriote Madame Diabate Ganifo. Même s’il y a eu trouble à l’ordre public, Monsieur le Préfet en tant que premier Magistrat de Beyla, a l’obligation de faire respecter la loi dans toute sa rigueur conformément au Code de procédure pénale.

    Faute de quoi, ce serait la porte ouverte à la violation de la Loi et à toutes les dérives, que le citoyen ordinaire ne comprendrait pas du tout.

    Le danger d’une violation de la Loi dans de pareille situation, c’est qu’au niveau des citoyens, la violation va contribuer à détruire la culture républicaine et citoyenne chez les victimes de l’arbitraire et les opposer aux représentants du pouvoir central. Ce serait un échec de la gouvernance publique à Beyla, et je n’y vois aucun intérêt de l’autorité Préfectorale elle-même.

    Et puis dans tout ça, 50 personnes incarcérées ensemble à la maison centrale de Beyla, du 2 Mai 2017 à aujourd’hui, vous y voyez, une bonne décison ? Je ne vois pas du tout la pertinence d’une telle décision de Monsieur le Préfet, pour la bonne raison que tout peut y arriver.

    Après tout, ce ne sont ni des marchands de cocaine, ni des voleurs de troupeaux de bétail, ni une bande de pillards pour en arriver à ce point.

    Moralité:
    (1)Je me joins à notre jeune compatriote Madame Diabaté Ganifo, pour demander humblement à Monsieur le Préfet de Beyla, de bien vouloir libérer au plus vite ces Jeunes incarcérés. Ceci est de l’intérèt du bon fonctionnement de l’état de droit à Beyla.

    (2)Il serait souhaitable que Guineenews, veuille bien organiser une interview avec Monsieur le Préfet de Beyla, pour connaitre sa lecture de la situation lamentable que vient de rapporter son Correspondant sur place.

    (3)Monsieur le Médiateur de la République et la Société Civile, devraient à mon avis, se saisir de ce dossier, pour en savoir plus, et donner de la voix pour défendre le droit à Beyla comme partout ailleurs dans le pays, et chaque fois que les citoyens seront en conflit avec les représentants de l’Autorité centrale et de l’Etat.

    C’est un service minimum à garantir aux citoyens. Pourquoi ? Parce que tout est lié dans le fonctionnement de la gouvernance publique et dans l’environnement sécuritaire et le climat des affaires dans le pays. Le progrès du pays et sa stabilité en dépendent.