Jérusalem : Capitale d’Israël, une reconnaissance qui coupe long et court

06 décembre 2017 23:23:21
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Donald Trump a signé, enfin, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, coupant ainsi court à des procrastinations et tergiversations qui n’en finissaient plus depuis plus d’un demi-siècle. Décision audacieuse ou téméraire ? On ne saurait le dire avec exactitude. Donald Trump a fait tellement de promesses de campagne qui sont restées lettres mortes qu’il lui fallait prendre le taureau par les cornes. La conjoncture lui permet, en ce moment.

En effet, le Proche-Orient n’est pas encore sorti de l’ornière. Le guerre en Syrie et en Irak n’est pas complètement terminée que voilà un autre foyer en train de s’embraser au Yémen, qui, s’il s’enflamme, risquerait d’impliquer le Liban, l’Arabie Saoudite, la Syrie et l’Iran. Dans une telle éventualité, Israëliens et les Palestiniens resteraient difficilement à l’écart de la mêlée. Et dans un tel cas encore, la division entre le Fatah et le Hamas risquerait de se taire face à l’ennemi commun : Israël.

Voilà la composition des poules, vue de loin, des chaudes empoignades sont en vue. Mais il faut envisager le tableau autrement. La reconnaissance théorique, dans un registre que Donald Trump a ostensiblement exhibé et montré au monde entier, n’est que pour la forme, si on en juge aux réactions tempérées et aux exhibitions modérées des Palestiniens et des Israéliens, hormis la réaction de la Turquie.

On ne sait pas ce que la diplomatie a joué dans le sens de l’apaisement avant, pendant et après la publication de la décision de la Maison Blanche. Si rien n’a été entrepris en coulisses, c’est que ceux qui ont des raisons de s’insurger voient en cette reconnaissance théorique une sorte de poudre aux yeux pour combler certaines promesses de campagne, et certains analystes sont d’avis aussi que la décision prise par Trump n’est pas d’exécution immédiate, peut-être même qu’elle ne sera pas appliquée sous le mandat de l’actuel président. Si tel est encore le cas, il n’est pas probable que celui qui le succèdera à la Maison Blanche l’applique, parce que Jérusalem, ne pourra jamais être un autre Berlin au troisième millénaire, les choses sont différentes à l’extrême. La vie serait deux ou trois fois intenable. On a vu la marche-arrière du pape, lors de sa visite en Birmanie.

La deuxième raison de dire que le reconnaissance ne se matérialisera pas est que, Jérusalem, capitale d’Israël signifie qu’elle sera la capitale diplomatique de l’Etat hébreux ; or, un ballet de déménagements diplomatiques sera improbable d’autant que beaucoup d’Etats du monde redouteraient de se mettre en porte-à-faux avec les pays arabes qui soutiennent la Palestine, mais aussi et surtout à cause des risques d’une telle entreprise. Déjà que beaucoup ne soutiennent pas cette reconnaissance unilatérale de Donald Trump.

Si Trump a signé la reconnaissance de Jérusalem, il n’a pas dit quand l’ambassade des USA va prendre quartier, de quel côté de Jérusalem. Mais que l’on ne s’y méprenne, par un coup de mule, Trump est capable de donner le coup d’envoi dans la fourmilière, c’est ce qui serait irrémédiable pour la sécurité dans le monde.

Comme on peut l’entrevoir en filigrane, Trump a coupé court aux tergiversations, mais l’application sera longue. Y a-t-il de quoi fouetter un chat ?