Insalubrité: voir l’état de l’abattoir de Ratoma et se détourner à jamais de la viande

06 septembre 2017 14:14:37
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La capitale guinéenne Conakry manque d’un abattoir public depuis la délocalisation  de celui de Coléah. Les travailleurs ont été éparpillés entre les abattoirs privés de Matoto et de Ratoma notamment.

Le hic, c’est que l’abattoir de Ratoma, situé sur un pan de la forêt classée de Kakimbo se trouve à quelques mètres d’un dépotoir d’ordures, au vu et au su des autorités compétentes.

Tous les jours, la montagne d’immondices ne fait que grossir parce que les citoyens continuent d’y déverser des ordures sans être inquiéter. Parlant de l’abattoir, les conditions d’hygiène sont loin d’être dignes d’un abattoir d’une capitale du 21ème  siècle.

A la rentrée de l’abattoir, c’est un marché qui s’instaure. Des jeunes gens vous hèlent et vous proposent leurs bêtes.

A l’intérieur, juste à gauche en provenance de la rentrée, un nombre important de bœufs sont attachés en attendant d’être abattus ou vendus car, l’endroit sert également de point de vente de ces bêtes.

Vers la droite, des kiosques sont installés. On y vend plusieurs types d’articles. Des couteaux, des cordes, des cigarettes, du thé, du café etc. Il y a aussi des  gargotes où des femmes vendent du riz, du bouillon de viande ou de la bouillie. Sous d’autres cieux, l’accès à un abattoir est très filtré.

Au fond de la cour, se trouve la salle d’abattage, le bureau du chef de centre et un magasin pour garder les instruments des bouchers.

Des flaques d’eau sanguinolentes couvrent le sol de la salle d’abattage. Non loin de là, des gros troncs d’arbres couverts de cartons usés, servent de plateau où la viande est découpée. Cet espace insalubre, écume de grosses mouches noires. Toutes ces opérations d’abattage s’effectuent sans la présence du moindre médecin vétérinaire. En tout cas, c’est le passage que nous avons eu à faire pour les deux passages à cet endroit.

Un constat que le chef de l’abattoir, Elhadj Baïlo qui a reçu Guinéenews dans son bureau, entouré en grande partie par des grillages, ne partage guère. Selon lui, il y a au total 13 vétérinaires qui se relaient dans le dit abattoir. Six viennent de façon quotidienne durant la  semaine et l’autre équipe vient la semaine qui suit, nous a confié l’octogénaire qui travaille à cet abattoir depuis 28 ans.

A quelques mètres de son bureau, se trouve une petite  clôture faite en tôles usées. Elle sert de toilettes pour ce beau monde.

Pourtant lors de notre entretien, de façon laconique, El hadj Baïlo a affirmé qu’il ne rencontre aucune difficulté dans la gestion de l’abattoir et que toutes les conditions sont réunies pour une bonne qualité des services, y compris l’eau.

A en croire certaines indiscrétions, il y a, certes, un robinet, mais à l’image de certains quartiers, l’eau peut manquer parfois. Et si tel est le cas, c’est l’eau d’un petit ruisseau ou d’un puits non couvert qui sert à laver la viande.

Un coin pourtant fréquenté par des membres du gouvernement Youla

Par ailleurs, il nous a été confié que 8 membres du gouvernement Youla se seraient rendus pour faire égorger des bœufs à l’occasion de la fête de Tabaski, célébrée, le vendredi 1er septembre dernier.

Le manque d’hygiène requise ne se limite pas à l’abattoir. C’est une chaine qui va jusqu’à la vente en passant par le transport. La viande est drainée vers le marché pour la consommation sur des portes bagages rouillés de taxis ou parfois rangée dans les coffres.

Pour débarquer la viande de ces taxis, les porteurs de bagages pointés devant les marchés dans l’attente de la clientèle, ne trouvent d’autres moyens que leurs dos pour la transporter chez le petit détaillant ou dans les boucheries.

En attendant que les autorités ne fassent face à ce problème de santé publique, les citoyens eux, continuent de consommer cette viande qui est source de plusieurs maladies, nous dit-on.