Infrastructures routières : le pont Kaka, à peine inauguré et déjà agressé !

06 novembre 2017 14:14:09
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Il n’y a aucune exagération à dire qu’en termes d’infrastructures routières, le pont  Kaka fait partie des grands ouvrages que compte notre pays.

Situé  à quelques 05 km de Coyah vers Kindia, il fait la fierté de tous et contribue grandement à l’essor économique et social du pays. Sa construction garantit un désenclavement effectif et pérenne des régions de l’intérieur, à partir de Conakry et vice-versa.

Partant, on peine à croire que des individus en arrivent à « faire du mal » à ce bijou, en portant atteinte à son «intégrité physique.»

C’est pourtant ce qui est arrivé les jours derniers quand un automobiliste, non identifié, a heurté une des glissières de sécurité disposées à la sortie de l’ouvrage dans le sens Kindia-Coyah.

S’agit-il d’un accident ? Tout porte à le croire.

 

Au point de choc, la glissière est emboutie et éraflée. Un de ses supports est légèrement enfoncé à sa base. Des traces d’huile-moteur sont également très visibles sur la chaussée, de même qu’une entaille courte et profonde sur le bitume.

 

 

A défaut d’explication plausible, l’auteur des faits n’ayant pas été trouvé, on est tenté de penser vraisemblablement à un choc ayant provoqué une fuite d’huile du carter d’un engin roulant. Ce qui entraine inévitablement l’immobilisation du véhicule. Il faut alors réparer.

Cette opération prend du temps et nécessite le recours à un garagiste qui pourrait se trouver à Kouria, quelques deux kilomètres en amont, mais plus sûrement à Coyah, si certains aspects mécaniques plus pointus interférent.

La réparation a lieu sur place ou chez le garagiste. Pour la première variante, on démonte à même le lieu de l’incident, pour la seconde on  tracte le véhicule.

Aucune de ces deux options ne se déroule sans témoin. Il y a toujours quelqu’un qui voit l’action se réaliser… Sauf pour ce cas précis. Jusque maintenant, aucune information n’est disponible pour expliquer ce qui s’est réellement passé. C’est du ni vu, ni connu. Personne n’en sait rien et donc, personne n’en parle.

Pourtant, avant la construction de ce nouveau pont, cette zone était classée lieu stratégique et gardée comme tel.

 Un poste de surveillance y est installé depuis des années, mais c’est à  quelques centaines de mètres plus haut, en direction de Kouriya qu’on trouve des hommes en uniforme à un point de contrôle routier fixe, connu de tous.

Ce pont Kaka a été inauguré en juin dernier en présence du Chef de l’Etat qui accorde un intérêt très particulier à la réalisation des grands travaux, porteurs de développement.

Ce bel ouvrage est le fruit de la coopération guinéo-japonaise. Il est long de 130 m avec un gabarit total de 11m comprenant les deux voies de 04 m chacune et deux trottoirs aux deux extrémités, large chacun de 1m50.

Les experts indiquent qu’il s’agit d’un pont à poutre en béton précontraint, d’une hauteur moyenne de 12m. Il est fait de deux culées et quatre piles décomposées en cinq travées.

Notre pays est fier de posséder de nombreux autres ouvrages de franchissement dont certains, plus remarquables que celui-ci.

Fatala, Diani, Yirikiri, Djelibakoro, Tinkisso, Balaki, Cogon, Tominé. Autant de ponts que l’on peut citer et dont la longueur, pour quelques uns, dépasse les 200m. Ce qui sous-entend un coût de construction faramineux. Des milliards de nos francs que le contribuable investit, par Etat interposé. Pour autant, ces grands ouvrages ne sont pas à l’abri des dommages. Les risques qu’ils peuvent courir sont bien réels. En premier lieu, les accidents de la circulation. Viennent ensuite les actes de vandalisme. L’on se souvient qu’à peine ouvert à la circulation, il y a quelques années, des quidams avaient entrepris de démonter les parapets du pont Fatala.  La justice avait alors sévi.

Les textes ont évolué depuis. Notre pays s’est doté d’une loi sur la protection du patrimoine routier, adoptée par l’assemblée nationale en 2016.

Gageons que les comportements s’améliorent. La responsabilité et le civisme de chacun doivent être requis pour une parfaite sauvegarde de ces importants ouvrages de franchissement que constituent tous ces ponts.

Le rôle du Département des Travaux Publics (TP) est déterminant dans cette évolution. Il ne doit pas différer sa réplique.