mercredi, 18 janvier 2017, 13:59 GMT

 

‘’Le constat est sans appel, la réalité est brutale, le communautarisme identitaire et ethnique menacent gravement notre pays, sa démocratisation et sa paix sociale’’ 

 

La semaine nationale de la citoyenneté et de la paix  qui a démarré le 1er novembre dernier se poursuit sur toute l’étendue du territoire national. Ce samedi 05 octobre a été consacré à la première journée de l’immersion. Elle consiste en la descente sur le  terrain des membres  du comité d’organisation, des cadres du ministère de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté  appuyés par des jeunes  volontaires issus des organisations de la société.

 

A N’zérékoré où il supervise les activités, le directeur national des Droits de l’Homme, des libertés publiques et de la citoyenneté, N’Farama Camara, a dressé un constat amer de la citoyenneté en Guinée. 

 

« Le constat est sans appel, la réalité est brutale, le communautarisme identitaire et ethnique menace gravement notre pays, sa démocratisation et sa paix sociale », a-t-il regretté. Selon lui, l’ethnicisme politique et instrumental est devenu « notre handicap majeur et une vulnérabilité inquiétante de la paix sociale et de la stabilité crédible de nos institutions. »

 

Et d’ajouter : « L’évidence est douloureuse, mais palpable, nous avons dans notre pays, un manque criard et destructeur de citoyenneté, de culture de civisme, de culture démocratique et de facteurs démocratiques. Ce constat nous devons tous le reconnaitre en toute honnêteté, y mettre les mots et le langage qu’il faut et y faire face avec ténacité et intelligence. Car lorsque les mots ne disent pas le réel, le langage perd sa valeur, la politique son sens. »

 

Poursuivant, N’Famara Camara dira que les partis politiques construisent, entretiennent et parlent aux militants irrationnels et ethnicisés, au lieu de parler aux citoyens.

 

« Chacun d’entre nous sait que nul peuple n’émergera jamais de cet environnement de chaos identitaire et de décomposition nationale irrationnellement entretenue et nourrie par nos mots, nos gestes et nos comportements. Nous savons tous que les politiques et les partis politiques sont devenus de véritables problèmes pour notre idéal de nation, de démocratie rationnelle et fonctionnelle et de paix sociale. Ils sont devenus des cailloux dans les chaussures déjà inconfortables de la République, sans citoyen, ni nation. Ils caressent leurs militants et sympathisants dans le sens ethnique et clanique au détriment des idéaux de l’Etat, de la démocratie et de la République. Ils manipulent, incitent à la haine, à l’exclusion, à la stigmatisation et par conséquent à la violence », déplore le directeur national des Droits de l’Homme.

 

Et de conclure : « Les militants et sympathisants faussement naïfs, ils laissent les partis politiques creuser leurs tombes sans sourciller, en espérant y trouver leur bien être, au détriment de celui des autres. Hélas. Quelle illusion ! Quelle désillusion ! »

Facely Konaté

Correspondant à N'zérékoré, Guinée Forestière.

Facely Konaté