lundi, 20 février 2017, 16:01 GMT

«…Il faut que la prochaine manifestation soit dix fois plus grandiose que celle du 16 août 2016 et que l’opinion internationale constate que les Guinéens ne sont plus avec ce régime décadent.»

La non-application de l’accord politique du 12 octobre 2016 risque de provoquer de nouvelles manifestations dans le pays. Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), l’a annoncé samedi 7 janvier à ses militants.

 

Dans son intervention, le chef de file de l’opposition a évoqué l’aspect de la paix que justifient souvent les autorités pour refuser aux opposants de manifester à Conakry. «Qu’est-ce qu’ils veulent (les autorités, NDLR) ? Parce que c’est facile de dire qu’on veut la paix. Personne ne dira dans son discours qu’il est contre la paix. Mais c’est parce ce sont leurs actes qui montrent qu’ils sont contre la paix. Et c’est ce à quoi on est en train d’assister. Si tu ne respectes pas les accords, tu ne respectes pas la loi, tu ne respectes pas les droits humains, tu ne peux pas dire que tu veux la paix. Ils disent qu’ils parlent de paix et lorsqu’on bouge pour exercer notre droit de manifester, ils disent que nous sommes contre la paix. Mais ce n’est pas possible. Qu’est-ce qu’on fait», s’interroge le président de l’UFDG avec un air anxieux.

Pour Cellou Dalein Diallo, c’est le pouvoir qui ne veut la paix en refusant de respecter ses différents engagements : « ils se sont engagés à organiser les élections avant le 31 mars 2014. Ce n’est pas fait. Ils se sont engagés à indemniser les victimes des violences lors des manifestations. Ils n’ont rien exécuté. En 2014 on a fait un autre dialogue lors duquel on a constaté que rien n’a été fait. Ils se sont engagés à organiser les élections locales avant le 31 décembre 2014. Ils n’ont rien fait. Lors du dialogue d’août 2015, ils se sont engagés à organiser les élections avant le 30 juin 2016. Ils n’ont rien fait. Lors du dialogue d’octobre 2016, ils se sont engagés à organiser les élections en février 2017. Rien n’a été fait. Est-ce qu’ils peuvent nous dire qu’ils veulent la paix ? L’homme, indépendamment de l’aspect politique et de la violation des droits des autres,  c’est d’abord le respect de la parole donnée. Ceux qui dirigent le pays ne peuvent pas mentir effrontément et refuser de respecter leurs engagements. C’est honteux pour la République

Poursuivant son intervention, le président de l’UFDG a demandé à ses militants de se mobiliser. Il a précisé que ces manifestations seront pacifiques conformément aux dispositions légales : «Alors restez mobilisés et prêts […]. On ne fera pas de guerre. On n’exercera juste nos droits octroyés par la Constitution. Nous n’agresserons aucun usager ou riverain de la route. Nous marcherons dans la rue conformément aux lois de la République. Soyez mobilisés. Il faut la prochaine manifestation soit dix fois plus grandiose que celle du 16 août 2016 et que l’opinion internationale constate que les Guinéens ne sont plus avec ce régime décadent. »

Lors de la conférence de presse qu’ils animeront le 10 janvier, les leaders de l’opposition pourraient annoncer le calendrier des manifestations. Lire vidéo :https://www.youtube.com/watch?v=AUBEB2Qx4BM&feature=youtu.be

Alhassane Bah