Immigration clandestine : Le marché aux esclaves de Libye, une barrière efficace et légale?

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La lutte contre l’immigration clandestine est engagée sur tous les fronts, mais elle n’arrive pas à dissuader les candidats. Dans les pays au sud du Sahara, on voit des cellules constituées pour dissuader les départs. L’exemple lamentable de cette jeune Ivoirienne rapatriée avec deux enfants, sans leur père, le comble d’un échec, mais cela n’a pu dissuader d’autres jeunes filles, puisqu’on entend des cas de départs en groupes dans des quartiers, des filles de 15 à 25 qui s’activent dans les préparatifs de départ, en dépit des naufrages en Méditerranée. Le désœuvrement et le désespoir sont à tel point que rien ne peut faire changer d’avis aux candidats.

La solution n’est nulle part, les autorités italiennes et les différents chefs de tribus de Libye se sont mis à contribution pour bloquer les 5000 kilomètres de frontière du sud, comme a su le faire la Turquie avec les migrants syriens.

Les migrants rapatriés rapportent le mauvais traitement des Marocains et des Algériens, mais ils parlent des Libyens comme des mangeurs d’hommes. La peur est un début de sagesse.

Le problème est très psychologique. Les migrants font des calculs savants. Ils savent que les Marocains et les Algériens, qui parlent français, qui ont le souci de soigner leurs images au sein de l’UA, ont plus de scrupules que les Libyens, même du temps de Kadhafi. Maintenant que celui-ci n’est plus là, les choses changent.

Dans un passé récent, les migrants s’appuyaient sur la presse pour clabauder sur les violations et exactions des Marocains, Algériens et des Libyens, qui avaient baissé tant soit peu la garde. Tant que les presses des pays de départ relaient de telles informations pour faire sensation, ce n’est pas pour décourager les départs.

Actuellement, la Libye est en déliquescence. Les chefs de guerre n’ont que faire des lois internationales et respects des droits de l’homme et autres ; s’ils sont « conditionnés et motivés» comme les Turcs, la frontière sud est sécurisée. Et elle l’est plus qu’escomptée, puisqu’on a entendu les migrants rapatriés se plaindre des difficultés rencontrées en Libye et des conditions de l’esclavage des hommes dans les travaux divers. Des filles et femmes n’ont pas tout dit, puisqu’elles n’ont pas raconté comment elles étaient transformées en esclaves sexuelles.

Pourquoi l’attrait et l’envahissement du nord sont-ils si irrésistibles pour que des personnes soient prêtes à sacrifier terres, troupeaux, maisons, or et vie pour être sur la route ? N’est-ce pas ce phénomène de revanche de l’esclavage, ce crime incommensurable contre l’humanité que les ancêtres déportés ont transmis par atavisme à leurs descendants ?

Maintenant que les pratiques de l’esclavage ont ressurgi en Libye, on sera curieux de revoir les statistiques dans un trimestre. C’est sûr que la tendance sera à la baisse, aidée en cela par les fonds de réinsertion, mais la pratique est-elles légale ?